top of page
Ancre 1

Cinéma : Nop Daren, le cascadeur cambodgien qui bouscule Hollywood

D'un camp de réfugiés à la frontière thaïlandaise aux plateaux de John Wick et des Expendables, l'histoire de Nop Daren ressemble à un scénario qu'il aurait pu cascader lui-même. Ce Français d'origine cambodgienne, formé dans l'ombre des plus grands studios, porte aujourd'hui les couleurs du Cambodge jusque dans les productions les plus spectaculaires du cinéma d'action mondial.

Nop Daren
Nop Daren

Né à Paris de parents réfugiés cambodgiens, Nop Daren grandit loin du pays de ses origines, mais avec le poids d'une histoire familiale marquée par la tragédie khmère rouge. Dès l'âge de huit ans, il s'initie aux arts martiaux, une discipline qui deviendra bien plus qu'une passion : un métier, puis une vocation.

Pendant près de dix ans, il se forge une expérience solide dans les spectacles de cascades, avant de franchir un cap décisif en intégrant l'équipe de Brad Allan, cascadeur australien et proche collaborateur historique de Jackie Chan. Cette rencontre change la trajectoire de sa carrière : Allan, qu'il considère aujourd'hui encore comme une figure fraternelle, lui ouvre les portes du cinéma international.

Son premier coup d'éclat personnel arrive dès 2014 avec Shadow of 13, un court-métrage d'action qu'il coécrit et interprète, remarqué en Asie comme aux États-Unis. Ce projet marque le point de départ d'une ascension qui le mènera, quelques années plus tard, sur certains des tournages les plus attendus de Hollywood.

À partir de 2017, Nop Daren enchaîne les productions en tant que cascadeur et chorégraphe de combats. Sa performance la plus remarquée reste sans doute celle de la série Moon Knight, où il double l'acteur Oscar Isaac dans les scènes d'affrontement du personnage. Ce travail lui vaut une nomination aux Emmy Awards 2022 dans la catégorie de la meilleure performance de cascade — une reconnaissance rare pour un artiste d'origine cambodgienne.

Sa carrière se poursuit avec des rôles marquants dans John Wick : Chapitre 4, puis dans Expend4bles, où il incarne à l'écran le redoutable bras droit de l'antagoniste, aux côtés de Sylvester Stallone, Jason Statham ou encore Tony Jaa. Il y chorégraphie lui-même certaines de ses scènes de combat, en veillant à s'éloigner des styles trop classiques du Muay Thai pour y insuffler sa propre patte. On le retrouve également au générique de Fast X et de la série Star Wars: Acolyte, confirmant sa place parmi les chorégraphes et cascadeurs les plus sollicités du moment.

Mais au-delà des plateaux hollywoodiens, c'est bien vers le Cambodge que Nop Daren tourne aujourd'hui son regard. Fidèle aux traditions et aux codes de respect hérités de ses parents, il exprime régulièrement le souhait de contribuer à l'essor du cinéma cambodgien, avec l'ambition assumée de devenir le premier acteur d'action franco-cambodgien reconnu à l'international.

« J'aimerais créer quelque chose de grand au Cambodge, avec un style nouveau, une vision fraîche, débarrassée des clichés », confiait-il récemment à la presse locale.

Une promesse qui, si elle se concrétise, pourrait bien faire de lui bien plus qu'un simple cascadeur de l'ombre — un véritable ambassadeur du septième art cambodgien sur la scène internationale.

Que fait-il aujourd'hui ?

Loin de ralentir après Expend4bles, Nop Daren a enchaîné les tournages. En 2025, on le retrouve comme coordinateur de combats sur A Working Man, le film d'action porté par Jason Statham — une nouvelle collaboration avec l'univers Statham, après John Wick : Chapitre 4. Plusieurs bases de données professionnelles du secteur lui attribuent également un rôle de coordinateur adjoint des combats sur Avengers: Doomsday, le prochain volet très attendu de l'univers cinématographique Marvel, confirmation que son travail continue d'irriguer les plus grosses productions hollywoodiennes.

En parallèle des plateaux, Daren reste fidèle à la mémoire de Brad Allan, disparu en 2021. Avec les autres membres de l'équipe qu'il avait fondée, il s'attache à faire perdurer sa méthode et son exigence, en formant la génération suivante de cascadeurs et en partageant, notamment sur les réseaux sociaux, les coulisses d'un métier resté longtemps dans l'ombre. Une discipline martiale quotidienne — coups de pied, acrobaties, entretien physique constant — continue de rythmer sa vie, qu'il soit ou non en tournage.

Reste le projet qui lui tient le plus à cœur : ramener une partie de cette expérience acquise à Hollywood jusqu'au Cambodge. Rien n'est encore officiellement annoncé, mais Daren continue d'évoquer publiquement son souhait de participer, à sa manière, à un renouveau du cinéma d'action cambodgien — une ambition que Cambodge Mag suivra avec attention dans les mois à venir.

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
  • Télégramme
  • Youtube
  • Instagram
  • Facebook Social Icône
  • X
  • LinkedIn Social Icône
bottom of page