Christophe Astolfi à Kep West : un grand nom du jazz manouche rencontre Enrique De Feo
Le guitariste Christophe Astolfi, figure respectée du jazz manouche en Europe, est à Kep. Samedi 31 octobre, il partage la scène de The Wave avec le chanteur et guitariste argentin Enrique De Feo, dans le cadre du programme artistique Art for Kep – Music City.

Le nom de Christophe Astolfi circule peu sur les affiches au Cambodge. En Europe, c'est autre chose. Depuis plus de vingt-cinq ans, ce guitariste joue avec ceux qui comptent dans le jazz manouche. Sa venue à Kep n'a rien d'anodin.
Du pays de Longwy à la tradition de Django
De nationalité italienne, Christophe Astolfi a grandi à Hussigny-Godbrange, près de Longwy, en Lorraine. Un pays de mines, marqué par l'immigration italienne des années 1960.
Il prend la guitare à 12 ans. À 17 ans, il quitte l'école. Le père de son meilleur ami, accordéoniste de métier, forme les deux garçons à l'accompagnement : paso doble, cha-cha, rumba, valse. Il joue ensuite dans des orchestres d'accordéon, puis dans des groupes de rock et de jazz. Des guitaristes gitans et italiens de la région, Tchavolo et Dorado Schmitt en tête, lui font découvrir la musique de Django Reinhardt. Il ne la quittera plus.
Bruxelles, Paris et les grands noms du jazz manouche
En 1998, il s'installe à Bruxelles. Il y reste une dizaine d'années et devient l'un des représentants de la tradition Reinhardt en Belgique. Il y joue avec Philip Catherine, Toots Thielemans, Koen De Cauter ou Tcha Limberger.
À partir de 2008, c'est Paris. Il y croise David Reinhardt, Samy Daussat, Rodolphe Raffalli et Hugo Lippi. En 2010, le cinéaste Tony Gatlif l'embarque dans son projet Djangodrom, aux côtés de Biréli Lagrène, Didier Lockwood et Stochelo Rosenberg. En 2015 et 2016, il enregistre deux disques avec les frères Boulou et Elios Ferré, dont La Bande des Trois. Il en est le troisième guitariste.
Un spécialiste de la valse manouche
Son album Christophe Astolfi et son trio jouent… des valses, enregistré en 2013, est devenu une référence pour les guitaristes manouches. En 2016, il signe chez Coup de Pouce le troisième volume de la collection Astuces de la guitare manouche, consacré aux valses : huit classiques du genre, du Bal de la Marine à la Flambée montalbanaise. L'ouvrage est présenté comme la première méthode dédiée à la valse manouche.
En 2018, il retrouve des compositions inédites de Pierre « Baro » Ferré, le père de Boulou et Elios. Il les enregistre avec son quartet, orgue Hammond compris, sur l'album Plays the Music of Pierre Baro Ferré.
Sur scène, c'est d'abord un rythmicien solide, de ceux qui tiennent un groupe. Il prend le solo quand il le faut. Il donne aussi des concerts et des masterclasses en France, en Europe et aux États-Unis.
À écouter : Indifférence, la valse de Tony Murena, jouée par Christophe Astolfi et son quartet, avec Florent Gac à l'orgue Hammond, Samuel Hubert à la contrebasse et Stéphane Chandelier à la batterie (YouTube).
La rencontre avec Enrique De Feo
À Kep, il retrouve Enrique De Feo, chanteur et guitariste argentin. Un troubadour des Amériques, qui porte avec lui les chansons et le folklore d'Amérique latine.
Jazz manouche d'un côté, folklore sud-américain de l'autre. Les deux répertoires ont au moins un point commun : la valse, qu'on joue aussi bien dans les bals de Lorraine qu'à Buenos Aires ou à Lima.
La soirée est organisée dans le cadre du programme artistique Art for Kep – Music City.
Infos pratiques
Quand : samedi 31 octobre 2026, à partir de 18 h
Où : The Wave, Kep West, Kep
Réservation : kepwest.app









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