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Cassandre Mariotto : de la Sorbonne au Cambodge, itinéraire d’une passionnée d’Asie

Étudiante en relations internationales à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, passionnée du Japon depuis le collège et marcheuse du pèlerinage de Shikoku, Cassandre Mariotto a posé ses valises au Cambodge pour effectuer son stage de fin d’études au sein de Mintha Care, où elle a piloté les projets RSE de l’entreprise. Entre découverte du pays, confiance retrouvée et regard lucide sur les inégalités, elle revient pour Cambodge Mag sur ce chapitre cambodgien de son parcours.

Cassandre Mariotto au travail dans les bureaux de Mintha Care, à Phnom Penh
Cassandre Mariotto au travail dans les bureaux de Mintha Care, à Phnom Penh

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Cassandre, je viens de Toulouse mais j’ai déménagé à Paris il y a 6 ans pour poursuivre mes études. Je suis passionnée par le Japon depuis le collège, et je me trouve émerveillée à chaque nouvelle visite d’un pays en Asie. J’aime l’action, que ce soit par mes hobbies – plongée, arts martiaux, randonnée – ou par mon rythme de vie !

Parlez-nous de votre parcours scolaire et universitaire

J’ai étudié au lycée public Ozenne à Toulouse où j’ai commencé à apprendre le japonais. J’ai ensuite intégré une classe hypokhâgne à Henri IV à Paris, où j’ai passé deux années. La littérature et les sciences humaines me plaisaient, mais il me manquait un peu de concret, j’ai donc bifurqué vers un Magistère/Master de relations internationales à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. En 2024, dans le cadre d’un échange scolaire, j’ai eu la chance d’intégrer pour un semestre l’université de Hitotsubashi à Tokyo. J’ai ensuite opté pour une année de césure, qui m’a permis de prolonger mon séjour au Japon et de réaliser le pèlerinage de Shikoku, long de 1 200 km, entièrement à pied. En septembre 2025, j’ai enfin commencé ma dernière année de Master, et je viens de conclure mes études par la soutenance d’un mémoire portant sur les relations nippo-coréennes analysées sous le prisme de la période coloniale. Je repartirai au Japon en septembre 2026 en école de langue afin de perfectionner mon niveau, encore inadapté au monde du travail.

Parlez-nous de vos débuts professionnels

Je n’ai pas beaucoup d’expérience professionnelle. Pour l’anecdote, j’ai commencé avec les champs de maïs et les vergers de pêches et de pommes. À Paris, j’ai découvert l’agence Voyageurs du Monde, au sein de laquelle je passe mes étés depuis trois ans. Je suis également devenue professeure particulière de français et d’histoire, et j’ai parfois occupé le poste d’examinatrice pour le bac blanc de français. La seule activité que j’exerce encore aujourd’hui, et ce depuis plus d’un an, est celle d’éditrice et d’auteure pour Asialyst, un web média spécialisé sur l’Asie dont j’assure le backoffice.

Donnez-nous des détails sur votre relation avec le Cambodge

Très honnêtement, je ne savais pas grand-chose de ce pays avant d’y mettre les pieds. Je suis partie avec seulement quelques notions historiques en tête et une idée des lieux que je souhaitais visiter. C’est justement l’inconnu et l’appel de l’aventure qui m’ont poussée à déménager au Cambodge.

Comment êtes-vous arrivée à travailler pour Mintha Care ?

Mon Master impose à ses étudiants un stage de fin d’études afin de valider le diplôme final. Sans rien vous cacher, j’ai d’abord essayé de trouver une opportunité en France ou au Japon. J’ai essuyé refus sur refus et je commençais à désespérer. Une ancienne camarade de classe, alors stagiaire chez Mintha Care, m’a annoncé que cette entreprise recherchait son prochain élément. Elle me disait grand bien de son stage et du Cambodge, alors j’ai postulé. L’attrait de l’inconnu, le retour enchanté de cette camarade et les missions qu’on me promettait m’ont vraiment séduite.

Décrivez-nous vos activités professionnelles avec Mintha Care

Les missions que j’ai effectuées chez Mintha Care étaient très diverses. Tout stage commence d’abord par une formation appuyée sur les produits dermatologiques et de beauté commercialisés – Bioderma, Nuxe, Roger & Gallet et les sprays Evian – de façon à garantir une certaine expertise de la part des nouveaux arrivants. J’ai ensuite été assignée à une grande mission : assurer la continuité des projets RSE de l’entreprise. Il s’agissait de construire ou de développer des partenariats avec des ONG, de veiller à ce que les projets – notamment l’envoi d’étudiants cambodgiens en DES de dermatologie ou de dermato-cosmétologie à l’UHS, dans un CHU français, pour y effectuer un stage – se déroulent dans les meilleures conditions, ou encore d’assurer la communication LinkedIn concernant les actions RSE de Mintha Care. J’ai à ce sujet dû prendre la direction d’un documentaire, qui ne devrait pas tarder à être diffusé. Enfin, je touchais parfois au domaine de la vente.

Ce stage m’a véritablement plongée dans l’action à l’étranger et dans la négociation, ce qui, pour une étudiante en RI, est très formateur.

Cassandre Mariotto devant les locaux de Mintha Care
Cassandre Mariotto devant les locaux de Mintha Care

Détaillez l’un de vos projets

Je voudrais mentionner un projet qui a mêlé mon travail et ma découverte du Cambodge : l’écriture d’un article portant sur le rapport de la société cambodgienne aux fantômes. C’est lors d’une visite dans une ONG avec Mintha Care que l’on m’a parlé des croyances relatives aux fantômes et aux esprits, ce qui m’a beaucoup inspirée. Je trouve que cet article présente un aspect du Cambodge que l’on ignore sans doute en France.

Quelles sont vos activités en dehors du travail ?

J’apprécie les choses simples : la découverte d’un nouveau café où l’on se sent bien, la randonnée et les visites de lieux historiques, le cinéma, la lecture… Je fais aussi beaucoup de sport et je pratique les sports de combat depuis l’âge de 5 ans. Je continue d’apprendre le japonais, même si cette année, mon mémoire de fin d’études a occupé le plus clair de mon temps.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus et le moins au Cambodge ?

Le plus : la gentillesse profonde des gens, des regards curieux et bienveillants aux sourires sincères. Chose peut-être bête : j’adore le fait que tout le monde s’appelle bong – mon frère ou ma sœur – car cela donne une apparence de solidarité et de respect entre les gens et les peuples.

Le moins : je parle d’apparence de solidarité, car les milliers de mendiants dans les rues semblent montrer le contraire. Il y a bien sûr de l’extrême pauvreté en France, mais j’ai l’impression qu’elle est moins généralisée que dans la société cambodgienne. Quand je vois des personnes fouiller les poubelles que je viens de sortir, cela me donne envie de pleurer et me met en colère – contre le monde qui tolère ces inégalités, et contre moi-même, car j’y participe.

Quelle leçon tirez-vous de votre expérience ?

Au niveau professionnel, je pense avoir pris davantage confiance en moi. J’ai également découvert qu’une entreprise, donc le secteur privé, pouvait œuvrer du mieux qu’elle peut au bien commun.

De cette parenthèse cambodgienne, je ressors grandie, humble et admirative. Admirative devant un peuple qui s’est relevé de son passé traumatique, humble devant un pays qui laisse petit à petit ses merveilles se révéler.

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