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Cambodge & Santé : Kantha Bopha, « passer à la vitesse supérieure et maintenir une excellent qualité de soins »

Opérationnel depuis 32 ans à Phnom Penh et 25 à Siem Reap, avec à l’origine 60 lits, Kantha Bopha en offre à présent plus de 2 000. Après déjà 30 ans d’expérience au sein de ces hôpitaux, Denis Laurent, Directeur général des hôpitaux pour enfants Kantha Bopha et représentant de la Fondation suisse Kantha Bopha, demeure un acteur clé dans le développement de ces établissements aux côtés des Cambodgiens.

Denis Laurent a dû néanmoins faire face, durant cette longue carrière professionnelle, aux doutes qui sont apparus quant au bon fonctionnement de l’hôpital après la disparition de son fondateur, le Docteur Beat Richner. Cependant, il n’a jamais failli notamment grâce à l’appui du personnel cambodgien, mais également avec un soutien en provenance de Suisse.

Kantha Bopha, l’hôpital à la recherche de l’excellence pour le Cambodge

Ouvert la semaine de 6 heures 30 à 11 heures 30 et de 14 heures à 17 heures, Kantha Bopha héberge une unique salle de consultation à Phnom Penh, avec une structure similaire présente à Siem Reap. Plus de 1 000 consultations peuvent être réalisées quotidiennement. Avec neuf salles de médecine et une autre de chirurgie, tous les enfants en consultation sont examinés par un médecin et, si l’enfant doit être hospitalisé, il est référé directement au Bureau central qui saura exactement où le placer pour l’hospitalisation en fonction de la place, de la pathologie et du premier diagnostic.

Comme le précise Denis Laurent, Directeur général de Kantha Bopha :

« Il s’agit davantage du “screening” que de véritable consultation, car avec 20 médecins, cela reste compliqué, mais cela permet de réaliser un premier diagnostic et dès que nous avons un doute, nous préférons hospitaliser. »

Des consultations facilitées depuis maintenant trois ans avec la mise en place d’un système informatisé. Grâce au développement de cartes où l’historique médical de chaque enfant y est conservé, les équipes de Kantha Bopha sont ainsi en mesure de connaître les antécédents médicaux de ce dernier que ce soit au niveau des consultations, des résultats d’examens ou des différentes hospitalisations.

Concernant l’hospitalisation, Kantha Bopha est doté de salles de scanner, deux de radiologie avec échographie et une IRM, mais également 35 salles d’hospitalisation dont six de chirurgie, une salle d’oncologie et trois salles de néonatalogie. Concernant les interventions, l’hôpital dispose de trois blocs opératoires avec cinq salles de réanimation dans les différents services (post chirurgical, prématuré, néonatalogie…).

Une hospitalisation est souvent précédée par différents prélèvements et analyses afin de savoir s’il y a lieu d’hospitaliser ou pas. Étape réalisable grâce aux différents laboratoires d'analyse de Kantha Bopha, que Denis Laurent, biologiste de formation, connaît bien.

Au sein de ces différents laboratoires, plusieurs machines sont utilisées pour détecter les problèmes rénaux, de diabète, d’anémie, d'infection, comme en période de dengue où l’hôpital devait effectuer jusqu’à 1 000 prélèvements par jour. Y sont également réalisé des bilans cancéreux et thyroïdiens mais aussi, des tests sérologiques. Une organisation qui reflète donc la volonté de répondre précisément à la demande et aux besoins de santé du Royaume avec un développement de nouveaux services mais également, l'apparition de matériel médical de précision. Kantha Bopha a acquis son premier scanner en 1996, aujourd'hui, de nouveaux modèles permettent de procéder directement aux dépistages des hémorragies intra-cérébrales ou encore de la tuberculose.

Puis, au niveau du service de radiologie - jusqu’à 150 radios par jour - et d’IRM, comme l’explique Denis Laurent : « Le scanner, le problème, c’est pour les os en raison des radiations. L’IRM permet d’observer tous les tissus mous (cerveau, encéphalite, tumeur...). C’est la meilleure méthode de détection mais ce n'est pas invasif, c’est de la résonance magnétique, il n’y a pas de radiation ».

Une organisation plus efficace pour Kantha Bopha où les services se modernisent et s’étendent afin de répondre également aux situations médicales et chirurgicales les plus préoccupantes. De plus, au-delà des services, des pôles sont essentiels notamment celui de la pharmacie et de l’hygiène.

La néonatalogie, un service essentiel pour le Cambodge

La néonatalogie est un des services majeurs de Kantha Bopha au regard de l’important taux de natalité au Cambodge. À Phnom Penh, ce service dispose de trois salles avec des lits dit « normaux » mais également, des couveuses pour les enfants qui nécessitent davantage de soins.

Denis Laurent explique : « Depuis six mois, nous entretenons une meilleure coopération avec le ministère de la Santé notamment pour les problèmes de néonatalogie et de périnatalogie. Surtout qu’à Phnom Penh, nous n’avons pas de maternité, donc tous les nouveau-nés que nous soignons viennent d’ailleurs et ce laps de temps et ce manque d’informations entre la maternité d’origine et Kantha Bopha est problématique ».

Une problématique qui n’existe pas à Siem Reap grâce à la présence d'une maternité intra-muros.

Service d’oncologie, le dernier né de Kantha Bopha

Ouvert depuis septembre 2023 avec à ce jour, une quarantaine d’enfants qui ont été soignés, le service d’oncologie de Kantha Bopha travaille notamment avec deux salles de chirurgie classique, dont l’une située au dernier étage, à l’abri des autres patients pour éviter les infections et où les hospitalisations y sont plus longues avec des enfants en traitement du cancer.

« Grâce au laboratoire, nous arrivons à déterminer le bon traitement. Donc, pour des hospitalisations longues, nous pratiquons la chimiothérapie et la chirurgie. Si l’enfant a besoin de radiothérapie, nous le transférons à Calmette avec qui nous entretenons une très bonne collaboration. Un traitement du cancer au Cambodge s’élève à entre 10 000 et 30 000 dollars et à Kantha Bopha, c’est gratuit. Nous travaillons en fonction de l’enfant et de sa pathologie. Nos hôpitaux exercent sans discrimination, ni raciale, ni religieuse, ni sociale ».

Il ajoute : « Nous sommes en contact avec des professeurs de Suisse tous les jours et c’est également avec eux que nous décidons de traiter ou non et que nous déterminons les traitements à dispenser ».

Une coopération forte, les soutiens du Cambodge et de la Suisse pour Kantha Bopha

À la fois Directeur de Kantha Bopha, mais également représentant de la Fondation suisse Kantha Bopha, Denis Laurent gère un budget annuel de 42 millions de dollars auquel s’ajoutent des aides de l’État en matériel.

Il y a encore quelques années, le soutien financier se répartissait à 70 % en provenance de la Suisse et 30 % du Cambodge. À présent, cela commence à s’équilibrer, l’investissement pour cette année devrait, provisoirement, être de 55 à 60 % en provenance de Suisse et 45 à 40 % de la Fondation cambodgienne.

Un résultat qui démontre une volonté du Cambodge de s’investir davantage dans le secteur de la santé du Royaume. Et, du côté de la Suisse, il existe toujours une très grande mobilisation en faveur de Kantha Bopha, car l’héritage du Docteur Richner reste fortement présent.

Kantha Bopha, sentinelle médicale, entre partage de connaissances et nouvelles spécialisations

En tant qu’hôpital pour les enfants, Kantha Bopha accueille en moyenne 80 % des cas graves du Cambodge, il est donc important pour eux de partager leurs données et leurs statistiques.

« Nous essayons d’avoir davantage d’échanges avec le ministère de la Santé afin d’être une “petite sentinelle”. D’autant plus que la situation à Phnom Penh n’est pas la même qu’à Siem Reap, donc le fait d’avoir deux centres bien distincts, mais avec la même configuration permet d’en apprendre beaucoup », affirme Denis Laurent.

En effet, Kantha Bopha aspire également à la volonté à mettre en avant les savoirs des professionnels cambodgiens. Avec au total 2 683 salariés (100 % Cambodgiens) entre Phnom Penh et Siem Reap (environ 1 280 à Phnom Penh et environ 1 400 à Siem Reap), Kantha Bopha dispense également des formations.

Les seniors présents sont de réels mentors pour les nouveaux internes cambodgiens durant six mois à un an. Grâce à ces équipes cambodgiennes formées et expérimentées, Kantha Bopha a les moyens d’embaucher de nouveaux jeunes médecins qui ont le temps de se former et d’appréhender leur début de carrière professionnelle. Une transmission qui se fait également en interne entre les deux sites, à Phnom Penh et Siem Reap, où l’équipe médicale de chirurgie cardiaque de la capitale a été complètement formée par celle de Siem Reap.

À présent, des médecins d’autres hôpitaux cambodgiens viennent également à Kantha Bopha en formation de spécialisation et aussi, des professionnels de France ou de Suisse pour des missions techniques à raison d’une vingtaine par an d’une durée de deux semaines dans différentes spécialités (chirurgie cardiaque, neurochirurgie, oncologie…) afin de former et travailler avec les équipes cambodgiennes sur place.

Les perspectives d’évolution, la volonté de répondre aux besoins du Royaume

La vision de développement de Denis Laurent serait tout d’abord de consolider tout ce qui a été fait au sein des hôpitaux. D’autant plus, qu’une annexe de l’hôpital à Siem Reap a été ouverte avec 120 lits supplémentaires il y a trois mois de cela.

Ses axes d’évolution et de réflexion de travail se basent notamment sur les besoins du pays. « À l’avenir, il faudra spécialiser d’autres services pour effectuer davantage d’interventions “compliquées”, moins invasives. Certains veulent notamment nous aider dans le but de développer l’imagerie afin de procéder à des interventions sans obligatoirement ouvrir comme la neuroscopie (neuro-imagerie) ou encore la laparoscopie », confie Denis Laurent.

Concernant l’hôpital de Siem Reap : « Nous avons une grande maternité et nous aimerions développer des diagnostics prénatals de façon à proposer des alternatives aux parents et d’être dans la capacité de les informer d’un éventuel souci chez leur enfant et surtout, avoir la possibilité de réagir et procéder à des interventions juste après la naissance », ajoute-t-il.

Des perspectives d’évolution qui se résument donc par un profond souci d’augmenter la qualité des services et de développer de nouveaux projets. Des projets qui eux aussi ont commencé à voir le jour comme la pédopsychiatrie, en date d’à peine un an, qui est un besoin nécessaire chez les enfants qui sont en convalescence ou qui sortent d’une lourde opération. Mais également, les interventions post accouchement où des opérations cardiaques ou intestinales ont été réalisées une heure après l’accouchement suite à la détection d’une anomalie à l’échographie. Un travail en amont qui permet donc aux professionnels de Kantha Bopha de décider de l’intervention et de préparer le bloc opératoire.

Un avenir qui se dessine donc autour d’une vision pragmatique en prenant conscience de toutes les conditions et des possibilités. En effet, Denis Laurent déclare :

« Nous avons ouvert le pavillon d’oncologie avec six mois de retard, car il y avait une épidémie de dengue. Nous avions jusqu’à 18 000 enfants hospitalisés seulement pour cela. À la vue de la situation, il n’était pas possible d’ouvrir un autre service d’une autre spécialité, car nous avions cette priorité. »

Et concernant ce service en particulier, un projet d’une salle d’oncologie devrait voir le jour entre septembre et octobre 2024 à Siem Reap, à l’image de celle en activité à Phnom Penh. Cette volonté consiste à offrir les mêmes services de qualité aux enfants de la capitale et ceux de Siem Reap.

« Les réanimations de haute technologie dans un hôpital tirent tous les services vers le haut au regard de processus plus techniques, de davantage de contrôle et d’un niveau de stérilité supérieur. Maintenant c’est à nous, avec notre présence à Phnom Penh et à Siem Reap, de passer à la vitesse supérieure. »

Aujourd’hui, en 2024, Kantha Bopha entretient les mêmes valeurs prônées par son fondateur et aspire à s’adapter encore mieux aux besoins de santé des enfants du Royaume.

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