Cambodge & Talent de Thalias : Sambo Nov, souriante, enthousiaste et déterminée

Derrière son sourire éclatant, l’énergique Sambo est une battante qui, à l’aube de la quarantaine, a déjà un long vécu d’expériences dans le secteur de la restauration.

Sambo Nov
Sambo Nov

La Cambodgienne préside actuellement aux destinées des deux restaurants Malis, à Phnom Penh et Siem Reap. Sambo a intégré le groupe Thalias lors de l’ouverture de Khéma la poste il y a 4 ans, un établissement dont elle prendra la direction et qui lui permettra de se familiariser un peu plus avec la gastronomie et le service à la clientèle. Avant cela, la jeune femme au sourire éclatant aura eu un parcours riche en défis, mais aussi d’expériences et de voyages.

Au Début

Née au lendemain de la chute des Khmers rouges, Sambo grandit dans une capitale dévastée qui tente de se reconstruire. Ces années-là ne seront pas faciles. Adolescente, elle partagera son temps entre l’école et le soutien qu’elle devra apporter à sa famille.

« Lorsque j’avais 12 ans, nous devions travailler jusqu’à 22 h, mon père était conducteur de camion et nous devions l’aider à préparer ses livraisons de terre et de gravas »

Toute jeune, Sambo ne rechigne pourtant pas à la tâche lorsqu’il faut aider sa mère en cuisinant des plats à emporter ou encore lorsqu’elle doit s’occuper de ses petits frères et sœurs. Pourtant, elle obtient son baccalauréat en 1998, mais, ne pouvant se permettre de payer l’université, elle effectue divers petits métiers comme vendeuse de rue : « à mon tour, je préparais des repas aux taxis au marché de PPhsar Depo. Je me levais à 5 h du matin pour acheter des fruits et légumes frais. En période de mousson, c’était vraiment difficile, car les pluies diluviennes ne nous permettaient pas de travailler convenablement.

Premiers pas dans les services

Peu de temps après cette expérience, elle décide de suivre une formation courte pour devenir guide :

“C’était très excitant, j’avais seulement 19 ans et j’étais chargé des visites aux Killings Fields. Je faisais à peu près trois tours par jour à ce moment-là”.

“Cette première expérience m’a permis de découvrir plusieurs sites emblématiques de Phnom Penh  : des barbelés du musée S21, aux fresques somptueuses du palais royal sans oublier le temple du Wat Phnom. Je travaillais également à l’extérieur de Phnom Penh, je guidais les touristes dans les villages de pêcheurs près de Tonle Bati jusqu’à l’ancienne capitale Oudong. Je devais montrer un certain professionnalisme et être capable de tenir une conversation en anglais afin de renseigner convenablement les clients”.

Killing fields, 1999
Guide touristique aux Killing fields, 1999

“Nous ne faisions pas que parler de l’histoire du Cambodge, nous échangions aussi nos points de vue”. Plus tard, elle choisit de quitter Phnom Penh pour Siem Reap où elle travaillera pour la société JHC Angkor Tour pendant six ans. Voyant les qualités et la détermination de la jeune femme, son directeur de l’époque décide de l’aider et lui propose de partir suivre une formation au Japon :

“C’était la première fois que je voyageais : c’était très excitant, Tokyo est une ville pleine de vie et toujours active. Le matin, j’étudiais le japonais et l’après-midi, je travaillais dans une agence de tourisme où je m’occupais des visas pour les Japonais qui souhaitaient se rendre au Vietnam ou au Cambodge”

En 2003, elle revient dans la cité des temples et intègre l’université Build Bright où elle validera son diplôme en 2007. Elle travaille par la suite au Borei Angkor Hôtel & Spa. Elle occupera plusieurs postes durant huit ans, d’abord en charge des ventes, puis directrice commerciale et enfin responsable d’établissement : “au début, j’étais uniquement chargée du marchais japonais, car je maîtrisais la langue. Après le départ de notre directeur commercial, j’ai eu l’opportunité de voyager en Europe et en Australie pour me familiariser davantage avec l’industrie de la restauration et de l’hôtellerie”.

Thalias Hospitality

15 ans après son déménagement à Siem Reap, la santé de son père se dégrade. Elle décide alors de revenir à Phnom Penh où elle travaille pour l’hôtel Sun & Moon Urban à Phsar Kandal : “Je suis devenue l’assistante du manager et ensuite celle du responsable d’établissement au bout de deux ans. Toutes les entreprises qui m’ont accueillie m’ont toujours énormément motivée et inspirée, Thalias en fait bien évidemment partie. J’ai intégré le groupe en 2017 et je suis très heureuse, explique la Cambodgienne, ajoutant : ‘c’est un véritable foyer d’opportunités et aussi une véritable famille’.

Ouverture de Khéma la poste
Ouverture de Khéma la poste en 2017
‘Pour moi, partager mes expériences et mes connaissances est une passion. Mes premiers clients sont les membres de mon équipe, ce sont les premières personnes qui doivent être satisfaites’

À force de persévérance, Sambo est devenue la directrice générale des deux établissements Malis, mais ce ne fut pas sans obstacle : ‘l’un de mes grands challenges fut d’améliorer mes compétences dans le domaine des ressources humaines’. Se disant très soucieuse du bien-être de ses collaborateurs, elle tient à les accompagner dans leurs aspirations, à les faire évoluer dans un cadre de travail convivial où chacun se sent en confiance et épanoui. ‘Avec la crise sanitaire, il a fallu gérer une situation compliquée tant dans la gestion de l’équipe qu’à l’extérieur avec les agriculteurs — fournisseurs du restaurant’, confie-t-elle.

avec le chef Luu Meng
Avec le chef Luu Meng

Ambitions

Ambitieuse, Sambo aimerait ouvrir un autre Malis au Cambodge avec aussi le rêve de porter le nom de l’établissement à l’internationale : ‘dès mon arrivée à Sydney, je voyais des restaurants asiatiques à chaque coin de rue, mais on ne trouvait pas de cuisine cambodgienne. Les choix en matière de cuisine asiatique se limitent aux Thaïlandais, Vietnamiens ou Chinois’.

‘Je voudrais faire découvrir la gastronomie de mon pays au-delà de nos frontières’

Concernant la retraite, c’est sans hésitations qu’elle déclare vouloir se tourner vers le bénévolat pour des associations et partager son temps entre enseignement et initiative sociale. Mais ce n’est pas pour demain, les ambitions de la jeune femme devraient encore la porter vers de longues années riches d’expérience et de challenges.

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