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Cambodge & Opinion : Les Millennials et la Génération Z : Héritiers de la paix cambodgienne

Les Millennials et la Génération Z représentent près de 60% de la population cambodgienne, ce qui signifie que la majorité des Cambodgiens ont aujourd’hui moins de quarante ans. Cette génération n’a jamais connu la guerre de manière directe.

Pourtant, la guerre n’a jamais été absente de leur vie.

Elle s’est transmise à travers les récits de leurs parents et grands-parents — des histoires d’instabilité politique, de coups d’État et d’un pays déchiré, où des Khmers ont tué des Khmers, coûtant la vie à plus de deux millions de personnes.

Ces récits ont façonné leur manière de grandir. Beaucoup ont été élevés par des parents qui n’ont jamais eu l’occasion de faire face à leurs propres traumatismes, laissant le silence remplacer la guérison. Ce passé, souvent non exprimé, a profondément influencé la façon dont cette génération perçoit la paix — sa fragilité, sa valeur et le privilège d’avoir grandi sans conflit.

Pendant plus de quarante ans, les Millennials et la Génération Z ont cru que la paix était acquise. Elle semblait protégée par le droit international, par les Nations Unies et par la coopération régionale au sein de l’ASEAN. La paix est devenue l’atout le plus précieux du Cambodge — si familière qu’elle en devenait parfois invisible.

Puis sont venus juillet et décembre 2025.

Ces événements ont rappelé que rien n’est jamais garanti. Le Cambodge a subi une injustice silencieuse, largement ignorée par la communauté internationale, comme si sa souffrance n’était pas suffisante pour mériter l’attention du monde. Pourtant, ce choc a provoqué un réveil.

Tandis que la peur de la guerre réapparaissait dans le regard des parents et des grands-parents, quelque chose d’inattendu est né. Les Millennials et la Génération Z se sont mobilisés — à l’intérieur du pays comme au sein de la diaspora — pour soutenir les soldats et les réfugiés, lever des fonds et faire entendre leur voix.

J’ai été témoin d’une unité si forte qu’elle m’a rappelé pourquoi l’on dit souvent que le peuple khmer est résilient. Une génération qui ne connaissait le prix de la guerre qu’à travers les récits a refusé de considérer la paix comme acquise. Elle était prête à se lever pour la protéger.

Lorsque les affrontements frontaliers de juillet et décembre ont déplacé plus de 500 000 personnes dans les provinces proches de la frontière, les jeunes Cambodgiens ont agi avec les moyens dont ils disposaient. Ils ont organisé des événements culturels, cuisiné dans la rue après les heures de classe, fait du bénévolat dans les centres de collecte, préparé des colis d’aide et utilisé les réseaux sociaux, dans plusieurs langues, pour sensibiliser l’opinion.

L’une des initiatives les plus marquantes fut l’idée de promouvoir la culture khmère à l’international afin de montrer un nouveau visage du Cambodge — un visage de créativité, de solidarité et de talent. Rise for Khmer, le tout premier concert d’artistes khmers à Paris, organisé le 1er décembre 2025, a rassemblé une salle comble et permis de lever 80 000 USD au profit des réfugiés.

Ces événements ont révélé une vérité essentielle : le Cambodge ne se résume pas à Angkor Wat, à ses plages de sable ou à ses rivières paisibles. Le Cambodge possède un atout souvent sous-estimé : son peuple. Et plus particulièrement ses Millennials et sa Génération Z, qui comprennent la valeur de la paix parce qu’ils en ont hérité le coût à travers leurs parents et grands-parents.

Alors que cette génération s’apprête à façonner l’avenir du pays, ce texte lui est dédié.

L’avenir du Cambodge est entre vos mains.

Nipoan CHAVIGNY CHHENG


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