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Cambodge : la croissance chute à 3 % en 2026, le FMI pointe le choc énergétique

il y a 2 heures
3 min de lecture

Le Cambodge est l'une des économies d'Asie les plus touchées par la flambée de l'énergie. Dans ses Perspectives économiques régionales d'octobre, le FMI ramène sa prévision de croissance pour 2026 à 3 %, contre 5,3 % en 2025. La région, elle, résiste.

Cambodge : la croissance chute à 3 % en 2026, le FMI pointe le choc énergétique

Le Cambodge ralentit nettement en 2026. Selon le FMI, la croissance du royaume tomberait à 3 %, après 5,3 % en 2025. C'est un point de moins que la prévision d'avril. Le rebond attendu en 2027, à 4 %, a lui aussi été rogné de 0,7 point. Le Cambodge fait partie des pays les plus exposés à la hausse du pétrole et des engrais.

Un ralentissement qui détonne dans la région

Le contraste est net. L'Asie dans son ensemble devrait croître de 4,8 % en 2026, soit 0,4 point de plus qu'en avril. L'Asean affiche 4,9 %. Le Vietnam atteint 8,4 %, la Malaisie 5,2 %, l'Indonésie 5,1 %.

Le Fonds explique cet écart par trois facteurs : le choc énergétique né du conflit au Moyen-Orient, déclenché en février, le boom de l'intelligence artificielle et la recomposition du commerce mondial. Les économies liées aux semi-conducteurs en profitent. Celles qui n'ont ni cette rente technologique ni de gros coussins financiers subissent.

Carburant, engrais, inflation

Le Cambodge entre dans cette seconde catégorie. Le FMI cite le royaume parmi les économies agricoles où la hausse de l'énergie et des engrais a renchéri les coûts de production, affaibli les rendements et pesé sur la production.

L'inflation suit. Le Cambodge figure, avec Fidji, la Mongolie, le Népal et le Sri Lanka, parmi les pays où les prix ont grimpé le plus vite. Dans bon nombre d'entre eux, l'inflation de base a aussi nettement accéléré. Les ménages modestes sont les premiers touchés, car l'énergie et l'alimentation pèsent lourd dans leur budget.

Des aides qui coûtent cher

Phnom Penh a réagi, comme ses voisins. Le royaume a réduit les taxes et droits sur les carburants. Il a aussi versé des transferts monétaires et des compléments pour le coût de la vie aux ménages.

Ces mesures amortissent le choc. Elles creusent aussi les finances publiques, surtout dans les pays à faible revenu, où la facture est plus lourde. Le FMI note que très peu de dispositifs sont limités dans le temps ou ciblés sur les plus vulnérables. Pour environ un tiers des économies émergentes, à faible revenu ou insulaires, la date de fin des mesures de prix reste ouverte.

Ce que recommande le FMI

Le message vaut pour toute la région, Cambodge compris. Les aides doivent être ciblées et temporaires, plutôt que de passer par des subventions générales aux carburants ou des plafonds de prix. Ces derniers coûtent plus cher et brouillent le signal-prix qui pousse à consommer moins. Le Fonds recommande aussi d'investir dans les registres sociaux et les systèmes de paiement, pour mieux cibler la prochaine fois.

La banque centrale doit rester vigilante. Si l'inflation s'installe, elle devra resserrer sa politique. Là où les anticipations sont moins ancrées, le risque est plus élevé.

Des risques qui restent orientés à la baisse

Les prévisions reposent sur un retour des approvisionnements pétroliers à la normale d'ici la fin de 2027. Un conflit qui s'enlise maintiendrait les prix à un niveau élevé.

D'autres menaces pèsent sur une économie très agricole. Le FMI évoque un El Niño d'ampleur exceptionnelle. La température de surface du Pacifique a atteint des records. Des pluies irrégulières perturberaient les semis et les récoltes. Elles réduiraient aussi la production hydroélectrique et relanceraient l'inflation alimentaire et énergétique.

Une correction brutale des valeurs liées à l'IA frapperait la région, très insérée dans la chaîne de production. Une remontée des taux mondiaux alourdirait la charge de la dette.

Les pistes à moyen terme

Le FMI met en avant le commerce des services, qui représente environ un quart des exportations de la région mais reste peu intégré. Selon ses calculs, lever les barrières réglementaires pourrait relever le PIB régional d'environ 1 % à long terme. Il plaide aussi pour des filets sociaux plus solides, afin que les ménages épargnent moins par précaution et consomment davantage.

Sur l'IA et l'emploi, l'impact reste pour l'instant limité dans les économies à faible revenu, selon l'étude du Fonds. Le sujet demeure sous surveillance, car il concerne les pays qui doivent créer des emplois pour de nombreux jeunes.

Source : FMI, Regional Economic Outlook: Asia and Pacific, octobre 2026.

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