Cambodge & Covid-19 : Le Premier ministre accepte l'utilisation du vaccin chinois Sinopharm

Dernière mise à jour : janv. 17

Le Premier ministre Hun Sen a annoncé vendredi 15 janvier 2021 que le royaume avait accepté le don d'un million de doses du vaccin chinois Sinopharm.

Le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre cambodgien Samdech Techo Hun Sen à Beijing. (Xinhua)
Le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre cambodgien Hun Sen à Beijing. (Xinhua)

« Don généreux et amical »

« Aujourd’hui, il est impératif pour moi d’informer mes compatriotes que le gouvernement de la République populaire de Chine nous fournit un million de doses de vaccin, suffisamment pour vacciner 500 000 personnes », a déclaré S.E. Hun Sen dans un discours sur les réseaux sociaux au cours duquel il a remercié le président chinois Xi Jinping pour ce « don généreux et amical ».

Le Premier ministre cambodgien a expliqué que, lors de la visite du ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi en octobre 2020, il avait été informé que les dirigeants chinois avaient été vaccinés avec le produit Sinopharm (1). « Le ministre Wang Yi m’avait confié que si j’acceptais l'option Sinopharm, notre ami chinois nous fournirait le vaccin immédiatement », a déclaré S.E. Hun Sen, ajoutant :

« Mais nous avons au préalable attendu de voir l’efficacité du vaccin et du processus de vaccination »

Le Premier ministre a reconnu qu’accepter le don de ce vaccin était en contradiction avec ce qu’il avait précédemment déclaré lorsqu’il mentionnait que le Cambodge n’accepterait ou n’achèterait que le vaccin certifié par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). S.E. Hun Sen a expliqué qu’un certain nombre de vaccins, dont le Sinopharm et le Sinovac mis au point en Chine, ont déjà été utilisés dans le monde entier, même si la pleine efficacité de ces vaccins n’est pas totalement connue.

« Si vous regardez la Chine, avec 1,4 milliard d’habitants, l’Indonésie, l’un des plus grands pays, l’Égypte, le Brésil et d’autres pays, ils n’ont pas hésité à utiliser les vaccins développés par la Chine », a-t-il déclaré. Il a ensuite félicité le président indonésien Joko Widodo, le qualifiant de « courageux d’avoir été parmi les premiers à se faire vacciner » et devant le public. Ainsi, a poursuivi le Premier ministre :

« J’estime qu’une décision doit être prise pour accepter l’offre de la Chine en réponse au besoin réel de protéger la santé publique »

« Nous ne pouvons plus attendre en raison de la nécessité de protéger la santé de nos populations et du nombre croissant d’infections », a-t-il souligné, en référence au cas de COVID-19 impliquant des travailleurs migrants cambodgiens de retour de Thaïlande qui, au 16 janvier 2021, a atteint le nombre de 66.

En outre, a expliqué le Premier ministre, la décision a été motivée par des raisons logistiques, notamment la capacité du pays à stocker le vaccin ainsi que les facilités de transport. Cependant, il a annoncé que le Cambodge restait ouvert aux propositions de dons et achats de vaccins d’autres pays.

L’arrivée et le déploiement des vaccins restent incertains

Le Cambodge est actuellement membre de la plate-forme coopérative internationale connue sous le nom de COVAX à travers laquelle le pays peut recevoir suffisamment de doses de vaccin pour inoculer 20 % de sa population et pour laquelle il est tenu de contribuer à 5 % du coût total. Le Cambodge a signé un accord pour acheter un million de doses dans le cadre de ce programme. À ce stade, seul le vaccin Pfizer a été approuvé pour une utilisation d’urgence par l’Organisation mondiale de la santé, mais techniquement, il exige toujours que le régulateur des médicaments de chaque pays émette une approbation formelle pour son utilisation. À l’heure actuelle, on ne sait pas encore quand le premier lot de dons de vaccins de la Chine arrivera au Cambodge et quand le pays dévoilera son déploiement de la vaccination, comme l’a indiqué le chef du gouvernement royal, affirmant que des discussions supplémentaires doivent être menées.

« J’appelle notre peuple à rester calme, car nous allons bientôt recevoir le vaccin, a-t-il souligné, ajoutant que celui-ci sera administré sur une base volontaire et gratuitement »

Selon le Premier ministre, les personnes qui se feront vacciner en premier seront des personnes proches du roi Norodom Sihamoni, les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, lui-même ainsi que « d’autres personnes travaillant en première ligne et à haut risque ».

En ce qui concerne la date de déploiement de la vaccination et l’état de préparation du pays à gérer le programme de vaccination de masse, le porte-parole du ministère de la Santé, Mme Or Vandine, a déclaré qu’il était trop tôt pour le dire, car on ne sait pas quand le vaccin arrivera de Chine et quand le déploiement pourra être effectué. Dans une interview début janvier 2021, Li Ailan, représentante de l’OMS au Cambodge, a noté que le pays avait commencé de manière proactive à améliorer sa préparation à la vaccination contre le COVID-19.

« L’OMS se réjouit que le Cambodge ait déjà élaboré son projet de plan national de déploiement et de vaccination, qui comprend sa politique de hiérarchisation de la distribution des vaccins », a déclaré Ailan.

« Il est également encourageant de voir d’autres préparatifs en cours au Cambodge, notamment la mobilisation rapide de fonds sous la direction du gouvernement »

Elle a reconnu que le pays est également confronté à des défis logistiques pour gérer certains vaccins, en particulier le Pfizer — nécessitant des conditions de température de stockage spécifiques — qui peuvent entraver les efforts de déploiement des vaccins. Selon Ailan, l’OMS travaille actuellement avec le Fonds des Nations Unies pour l’enfance et d’autres partenaires pour aider le Cambodge à se préparer à la vaccination contre le COVID-19. Entre-temps, a-t-elle souligné : « Il est très important pour le Cambodge de continuer à mettre en œuvre efficacement la stratégie actuelle de réponse rapide au COVID-19 et de se préparer à toute transmission communautaire à grande échelle. Cela, a-t-elle ajouté, aidera à minimiser les impacts sanitaires et socio-économiques du COVID-19 sur les Cambodgiens.

Avec Cambodianess. Version anglaise ici...

(1) : La Chine a approuvé le vaccin mis au point par BIBP de Sinopharm fin décembre, son premier vaccin COVID-19 à usage grand public. Aucune donnée d'efficacité détaillée n'a été publiée, mais le BIBP a déclaré que le vaccin était efficace à 79,34% sur la base de données intermédiaires.