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Cambodge & Artisanat : Quand les Cham font revivre l'art du tissage de la soie

Les Chams du Cambodge se sont lancés dans une entreprise remarquable pour faire revivre sa tradition culturelle de tissage de la soie, qui était menacée de disparaître.

Le peuple Cham fait revivre les techniques de tissage des anciennes générations. Photo DC-CAM
Le peuple Cham fait revivre les techniques de tissage des anciennes générations. Photo DC-CAM

Avec le soutien de la TIKA (Agence turque de coopération et de coordination) et du Centre de documentation du Cambodge (DC-Cam), des efforts sont déployés pour préserver les motifs complexes de la soie en utilisant les souvenirs transmis par les membres âgés de la communauté. L’objectif est de documenter et de reproduire des motifs quasiment oubliés pendant le régime de Pol Pot.

« La couleur de la mémoire représente les souvenirs délavés mêlés à la réalité et à la fiction. Elle symbolise la collaboration innovante entre le Centre de documentation du Cambodge et l’ambassade de Turquie dans la recherche et la reproduction de la soie », explique Youk Chhang, directeur du DC-Cam.

L’initiative, qui a fait l’objet d’une recherche et d’une préparation approfondies, vise à identifier des motifs communs avec l’aide de tisseurs de soie expérimentés.

Le ministère de la Culture et du Tourisme de la République de Turquie a annoncé qu’un motif de soie authentique et d’inspiration locale représentant le groupe ethnique Cham serait bientôt conçu et proposé en fabrication. Cette initiative se déroule à Kampong Cham, où un atelier de traitement de la soie a été créé. Il servira de plaque tournante pour la préservation de l’héritage du tissage de la soie Cham.

Le peuple Cham fait revivre les techniques de tissage des anciennes générations. Photo DC-CAM

Dans un village rustique, Math Ry, une tisseuse de 63 ans originaire du village de Koh Sotin, dans la province de Kampong Cham, tisse habilement les fils de la tradition, préservant ainsi le riche héritage culturel du peuple Cham. Ry a acquis ses compétences en matière de tissage auprès de sa mère, qui était elle-même dépositaire du savoir cham en matière de tissage.

« Après la chute de Pol Pot et mon passage comme ouvrière, je me suis aventurée dans le tissage, un métier qui se perpétue depuis des générations dans ma famille. Ma mère, qui se souvient parfaitement des tisserands chams, m’a transmis cette tradition », explique Ry.

Cependant, le déclin de l’industrie du tissage de la soie et le décès de la mère de Ry l’ont amenée à abandonner temporairement sa carrière de tisserande.

Au cours des six dernières années, l’industrie du tissage de la soie de Cham a montré des signes de reprise, grâce à une demande accrue de produits en soie de la part des consommateurs. Malgré les difficultés financières, les tisserands persévèrent. Une Cham, chargée d’élever ses quatre petites-filles, tisse des jupes complexes qu’il lui faut sept à dix jours pour terminer. Elle vend chaque jupe plus de 100 dollars pour subvenir aux besoins essentiels de sa famille.

Le peuple Cham fait revivre les techniques de tissage des anciennes générations. Photo DC-CAM

Une autre tisseuse, Osman Noteni, une jeune fille de 14 ans a dû abandonner l’école en raison de contraintes financières. Elle aide sa grand-mère à tisser et aspire à devenir médecin, déterminée à retourner à l’école dès que l’occasion se présentera.

La passion du tissage est partagée au sein de la communauté Cham, et de nombreuses tisserandes comme Smas Srey-Yah, 54 ans, craignent que l’artisanat ne se perde au fur et à mesure que les jeunes générations s’orientent vers d’autres activités.

Le peuple Cham fait revivre les techniques de tissage des anciennes générations. Photo DC-CAM

Pour surmonter ces difficultés, le DC-Cam prévoit de mener des entretiens et d’introduire des techniques de tissage innovantes afin d’établir une marque distincte pour la communauté musulmane Cham sur le marché mondial.

Le centre vise à impliquer les jeunes musulmans dans l’organisation d’un marché pour les tisserands âgés et à s’assurer que les méthodes de production restent fidèles à leur tradition.

« Nous considérons la soie comme un moyen de jeter un pont entre le passé et le présent, compte tenu du nombre plus élevé d’enfants chams que de personnes âgées », explique M. Youk.

Cependant, les conditions économiques et les faibles revenus entravent la renaissance de la tradition de la soie. DC-Cam a documenté avec diligence les souvenirs des tisserands chams et capturé des modèles en voie de disparition par le biais d’entretiens et de recherches.

Le peuple Cham fait revivre les techniques de tissage des anciennes générations. Photo DC-CAM

Malgré les défis, il y a de l'espoir pour la revitalisation du tissage de la soie Cham. Les souvenirs et les expériences de la communauté Cham se transforment en motifs de soie uniques. DC-Cam, avec le soutien de Turkiye, travaille à la préservation de l'héritage culturel et à la création de nouvelles opportunités pour cette communauté.

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