Beauté khmère : les secrets de grand-mère qui traversent le temps
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Avant les crèmes importées et les rayons de cosmétiques bondés de Phnom Penh, il y avait le jardin, le marché et la cuisine. Curcuma, citronnelle, tamarin, feuilles de combava, kaffir lime : les Cambodgiennes puisent depuis des générations dans un garde-manger de plantes locales pour préserver leur peau du climat tropical. Tour d'horizon de quelques recettes de beauté khmères, simples, naturelles, et toujours d'actualité.

Le curcuma, star incontestée
Impossible de parler de beauté khmère sans évoquer le curcuma. Mélangé à du yaourt nature, il forme un masque apaisant : l'acide lactique du yaourt calme les inflammations tandis que la curcumine éclaircit les taches pigmentaires. Une variante plus riche associe curcuma, miel et huile de coco en une pâte exfoliante : appliquée en mouvements circulaires puis laissée poser une dizaine de minutes, elle élimine en douceur les cellules mortes et redonne de l'éclat au teint. Un conseil de prudence toutefois : le curcuma tache temporairement les peaux claires d'un halo jaune, mieux vaut donc tester le mélange au creux du poignet avant de l'appliquer sur le visage, surtout avant une sortie.
La citronnelle, fraîcheur et pureté
Omniprésente dans les jardins comme dans les cuisines cambodgiennes, la citronnelle n'est pas qu'un aromate : ses propriétés antibactériennes en font un allié de choix pour les peaux à tendance grasse ou acnéique. Infusée dans l'eau chaude puis filtrée, elle donne une lotion nettoyante à appliquer matin et soir au coton. Combinée à du miel et à de la poudre d'avoine, elle se transforme en masque régulateur qui aide à limiter l'excès de sébum sans agresser la peau.
Le combava, pour resserrer les pores
Les feuilles de combava (kaffir lime), utilisées quotidiennement dans la cuisine khmère pour leur parfum, connaissent une seconde vie sur la coiffeuse. Bouillies puis réduites, elles livrent un concentré aux vertus antibactériennes qu'on dilue ensuite avec du vinaigre de cidre ou de l'hamamélis pour obtenir une lotion tonique. Appliquée au coton sur peau nette, elle aide à resserrer les pores et à calmer les rougeurs, particulièrement sur les peaux sujettes aux imperfections.
Le tamarin, l'exfoliant discret
Moins connu que le curcuma mais tout aussi apprécié, le tamarin doit ses vertus à l'acide tartrique qu'il contient, un alpha-hydroxy-acide naturel qui dissout en douceur les cellules mortes. Sa pulpe, mélangée à du sucre roux ou à du sel fin et à un peu d'huile de coco, compose un gommage efficace pour retrouver une peau plus lisse et un teint plus uniforme. Attention cependant à ne pas en abuser : une à deux applications par semaine suffisent, et il vaut mieux l'éviter après une épilation ou sur une peau irritée. Comme pour tout exfoliant à base d'acides de fruits, une protection solaire est recommandée dans les heures qui suivent.
Eau de riz et argile, les indispensables du week-end
L'eau de riz, obtenue après le rinçage du riz cru, reste un tonique incontournable dans toute la région : riche en vitamines et minéraux, elle resserre les pores et adoucit le grain de peau. Le week-end, certaines routines cambodgiennes vont plus loin avec un masque à l'argile enrichi de plantes locales, destiné à purifier la peau en profondeur après une semaine passée sous la chaleur et la poussière de la capitale.
Une beauté qui ne s'achète pas
Ce qui frappe dans ces rituels transmis de mère en fille, c'est leur économie de moyens : pas besoin de flacon importé ni de routine en dix étapes, seulement quelques ingrédients du marché et un peu de patience. Une philosophie qui, à l'heure où le "clean beauty" fait fureur en Occident, n'a en réalité jamais quitté les cuisines cambodgiennes.



