Voile – Discovery Center, Kep West : Kep prend de la hauteur, rencontre avec deux pionniers
- La Rédaction

- il y a 2 heures
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À Kep, deux passionnés posent les jalons d’une communauté de kitesurf autour du Sailing – Discovery Center de Kep West. Frédéric Seynaeve et Gérard Vann nous racontent leur aventure.

Il y a quelque chose dans l’air à Kep. Littéralement. Depuis quelques mois, des cerfs-volants colorés s’élèvent au-dessus de la mer ouverte, portés par un vent d’été que les initiés connaissent depuis longtemps mais que le grand public commence à peine à découvrir. Derrière ces ailes, deux hommes : Frédéric Seynaeve, un Belge qui a fait de Kep sa résidence définitive, et Gérard Vann, un Suisse-Cambodgien revenu aux sources il y a cinq ans. Ensemble, ils écrivent un nouveau chapitre de l’histoire nautique de cette discrète ville balnéaire.
Fred, 60 ans, une planche sous les pieds depuis toujours

Frédéric Seynaeve n’est pas un inconnu au Cambodge. Il y pose le pied pour la première fois en 1996, dans le cadre d’une mission belge, et c’est le coup de foudre immédiat. Il revient en 2009 avec son ex-épouse Lisa et leur fils, atterrit à Kep — et quelque chose se produit. Difficile à définir, impossible à ignorer. En 2013, lui et Lisa ouvrent Lily Cream, une glacerie dont les produits sont servis au Sailing – Discovery Center depuis le premier jour.
Une fidélité qui en dit long sur les liens tissés avec cet endroit.
Pendant des années, Fred fait des allers-retours entre la France et le Cambodge. L’année dernière, il franchit le cap : vend tout — y compris une maison autonome construite de ses propres mains — et s’installe définitivement à Kep. Sans hésitation, sans regard en arrière. « Kep, ça c’est certain », dit-il, avec un calme désarmant.
Le kitesurf fait partie de sa vie depuis longtemps. C’est son cousin qui lui glisse un premier kite entre les mains, il y a une vingtaine d’années. Déjà passionné de planche à voile, il est immédiatement séduit. Mais la vie s’en mêle. Le temps manque. C’est finalement à Kampot qu’il perfectionne vraiment sa technique, avant de trouver dans les eaux de Kep son terrain de jeu de prédilection.
Son parcours vers ce sport n’est pas sans aspérités. Il y a sept ans, Frédéric subit un accident grave — 26 fractures. Les médecins ne le voient pas reprendre le sport de sitôt. Un an plus tard, il est sur une planche. « C’était un sacré défi », reconnaît-il, et on le croit sans peine. Aujourd’hui, à 60 ans, il parle du kitesurf comme d’une école de vie. « On apprend beaucoup sur soi. Repousser les limites, oser sauter, tenter de nouvelles figures… » Il y a dans sa voix quelque chose qui ressemble fort à de la gratitude.
Gérard, né ici, revenu par choix

Gérard Vann est une figure singulière. Né au Cambodge, de nationalité suisse, il est rentré il y a cinq ans avec une solide expérience en gestion de projets et une passion ancienne pour les sports de glisse. « J’aime tout ce qui touche à l’eau », dit-il simplement — et le Pounamu qu’il porte autour du cou, un pendentif maori en jade offert par un être cher, semble confirmer une affinité profonde avec les éléments. Planche à voile autrefois, kitesurf et wingsurf aujourd’hui. L’eau reste son territoire naturel.
Ce qui réunit Gérard, Fred et leurs amis autour du Sailing – Discovery Center, c’est plus qu’une passion commune. C’est une certaine vision du Cambodge comme maison choisie, et une envie sincère de transmettre. Le groupe forme un microcosme francophone inattendu — un Belge, un Suisse-Cambodgien, un Italien — tous reliés par la langue française et l’amour du large. « On adore le Cambodge, on adore la gentillesse des gens. C’est ça, avant tout, qui nous a attirés », résume Gérard.
Un spot encore vierge, des kilomètres de terrain de jeu
Ce qui frappe en les écoutant, c’est l’enthousiasme tranquille de ceux qui ont mis la main sur quelque chose de rare. « On découvre une zone encore complètement vierge », confie Gérard. Il a fallu du temps — et de la patience — pour identifier les bons spots, des endroits où le vent tient vraiment. Résultat : près d’une mangrove, un plan d’eau qui s’étire sur des kilomètres, avec des zones plates et peu profondes idéales pour les débutants, et quelques secteurs plus agités pour ceux qui cherchent les vagues. Un terrain qui cumule, en somme, ce qu’on ne trouve généralement pas au même endroit.
L’atout majeur de Kep reste son vent d’été : stable, régulier, fiable. Une ressource naturelle que les deux instructeurs certifiés IKO comptent bien valoriser. Gérard est catégorique sur la question de la sécurité : « C’est un des rares sports où je recommande vraiment de prendre des cours avant de se lancer. » Les lignes de 22 mètres qui transmettent la puissance du kite ne pardonnent pas les erreurs de débutant. L’autodidaxie n’est tout simplement pas une option raisonnable ici.
Une structure qui prend forme, une communauté qui grandit

Fred prépare sa certification IKO cette année. Gérard est déjà certifié. À eux deux, ils constituent le noyau d’une petite école qui se structure progressivement au sein du Sailing – Discovery Center de Kep West. Mais l’ambition dépasse le cadre scolaire. « Pour moi, c’est plus d’augmenter une communauté de kitesurfeurs que de faire vraiment une école », nuance Gérard. L’idée, c’est un écosystème : des cours pour les débutants, une progression vers le niveau 3 — seuil d’autonomie à partir duquel on peut louer le matériel et partir seul sur l’eau — et une dynamique collective qui grandit à son rythme.
Un premier Cambodgien a déjà été certifié, il y a six mois. D’autres jeunes locaux suivent actuellement des formations. Pour rendre le sport accessible malgré son coût — un équipement neuf tourne autour de 2 000 dollars — Fred et Gérard importent du matériel de seconde main depuis l’Europe. « On leur offre le matériel », dit Gérard en parlant des certifiés locaux, avec un naturel qui dit tout sur l’esprit du projet.
Du côté du wingfoil, une petite communauté venue de Phnom Penh commence déjà à faire le déplacement jusqu’à Kep le week-end. Le kitesurf, plus technique et plus exigeant, prendra sans doute un peu plus de temps pour s’imposer — mais les fondations sont bien en place.
« Venez à Kep West pour prendre des cours », lance Gérard. « On a une petite structure qui se met en place. Et en plus, c’est un endroit magnifique. » Franchement, il est difficile de ne pas avoir envie d’en avoir le cœur net.

Sailing – Discovery Center, Kep West, Kep, Cambodge
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LOCATION
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CONTACT
Gérard : +855 (0) 96 295 33 26
Roberto : +855 (0) 78 333 685
Kep West : dcm@kepwest.com — www.kepwest.com
Facebook : @kepwest — Instagram : @kep.west







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