« Une nouvelle page » : l'ambassadeur Olivier Richard et l'avenir franco-cambodgien pour son premier 14 juillet à Phnom Penh
- La Rédaction
- il y a 12 heures
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Pour sa première réception du 14 juillet au Cambodge, l'ambassadeur de France Olivier Richard a choisi de regarder loin devant. Devant un parterre de ministres, de diplomates et de représentants de la communauté française, il a dressé, lundi soir, le tableau d'une année 2026 pas comme les autres, celle où « nous avons là l'occasion d'écrire une nouvelle page» dans l'histoire des relations entre Paris et Phnom Penh.

Une salle comble pour une soirée particulière
La réception rassemblait, sous un même toit, des membres de la famille royale, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, plusieurs autres ministres et secrétaires d'État, des membres du Parlement, des dirigeants d'institutions publiques, l'ensemble du corps diplomatique en poste à Phnom Penh, ainsi que les conseillers des Français et des étrangers et de nombreux membres de la communauté française. Un parterre à la mesure de l'année qui s'annonce, entre Sommet de la Francophonie et visite d'État.
Olivier Richard a ouvert son propos en rappelant qu'il s'agissait de son tout premier 14 juillet célébré au Cambodge, avant de saluer l'ensemble des équipes mobilisées, côté français comme côté cambodgien, pour préparer une année qu'il a décrite comme exigeante autant qu'enthousiasmante.
Une année charnière pour la Francophonie
Devant des membres de la famille royale, les ministres et secrétaires d'État, les membres du corps diplomatique et les représentants des Français du Cambodge réunis pour la fête nationale, l'ambassadeur a d'abord situé l'événement dans son contexte : le Cambodge accueillera cette année le 20e Sommet de la Francophonie, une première pour l'Asie depuis 29 ans. « Il est donc plus que temps [...] que le sommet de la francophonie revienne en Asie », a-t-il lancé, saluant « la très accueillante Phnom Penh », désignée pour recevoir l'événement à partir du 15 novembre 2026.
Une échéance qu'il a présentée comme un cadeau réciproque : celui de faire découvrir « les beautés du Cambodge à la moitié de la planète », au moment même où le pays s'apprête à accueillir un autre rendez-vous d'ampleur, la visite du président de la République française, soixante ans après celle du général de Gaulle et trente-trois ans après celle de François Mitterrand — une visite qu'il a qualifiée de « non seulement loin d'être une chose anonyme, mais aussi une opportunité ».
Une relation bilatérale à redessiner
Pour l'ambassadeur, cette visite présidentielle offre « l'opportunité de redessiner les contours et de redéfinir les perspectives » de la relation entre les deux pays. Il a rappelé le chemin parcouru par le Cambodge depuis les accords de Paris, avant d'évoquer la volonté commune, portée par le président Emmanuel Macron et le Premier ministre cambodgien, de faire de cette visite « le marqueur de cette évolution, le moment qui rassemble les dynamiques existantes et qui en crée de nouvelles ».
Cette ambition, a-t-il précisé, se décline dans de nombreux secteurs déjà mobilisés des deux côtés : langue française, enseignement, recherche, investissement, aide au développement, échanges commerciaux, défense, patrimoine et formes contemporaines d'expression artistique.
L'ambassadeur a insisté sur le fait que ces chantiers étaient déjà représentés, ce soir-là, par les acteurs eux-mêmes : « Tous ces secteurs sont représentés aujourd'hui du côté cambodgien comme du côté français », a-t-il observé, y voyant le signe d'un partenariat qui ne se limite pas aux discours officiels mais s'incarne dans des équipes déjà à l'œuvre sur le terrain.
Un hommage à la communauté française du Cambodge
Olivier Richard a tenu à remercier les Français du Cambodge et les Français cambodgiens, qu'il a décrits comme « un pont entre nos deux pays ». « Merci pour ce que vous faites et pour ce que vous ferez encore », a-t-il ajouté, avant d'adresser ses remerciements au vice-Premier ministre et aux responsables cambodgiens, institutionnels comme privés, pour l'accueil réservé aux représentants français — enseignants, chercheurs, entreprises, militaires, archéologues et artistes.
« Le lointain Cambodge et la lointaine France sont en fait beaucoup plus proches que ce que la géographie pourrait laisser croire », a-t-il résumé, filant la métaphore d'un « vieux couple » entre les deux nations, traversé par les vicissitudes de l'histoire mais jamais séparé.
Un contexte régional marqué par les tensions
L'ambassadeur n'a pas éludé les difficultés du moment. Il a évoqué la situation à la frontière du Cambodge, ainsi que la lutte contre des organisations criminelles jugées potentiellement déstabilisantes pour la région. Une manière de rappeler que la relation franco-cambodgienne se construit aussi dans un contexte international incertain, la France traversant elle-même, selon ses mots, ses propres difficultés.
Pour Olivier Richard, ce climat ne fragilise pas le lien entre les deux pays mais doit au contraire le renforcer. Il a appelé à ce que les échéances à venir soient l'occasion de reconduire la relation bilatérale pour trente années supplémentaires.
Rendez-vous fixé au 7 novembre
L'ambassadeur a donné un cap précis à cette ambition en invitant l'assistance à se projeter vers le 7 novembre prochain, date à laquelle une visite de haut niveau côté français doit permettre, selon ses mots, de « signer à nouveau pour 30 ans et plus » l'engagement entre les deux pays. Une manière de transformer les grands rendez-vous de l'année — Sommet de la Francophonie et visite présidentielle — en un jalon concret et daté pour l'avenir de la relation bilatérale.
Vœux de clôture
Avant de conclure, Olivier Richard a tenu à adresser ses encouragements à l'équipe de France, puis a formulé ses vœux de santé et de longévité à l'attention de la famille royale cambodgienne. Il a achevé son allocution par un triple toast à la santé du Cambodge, de la France et de l'amitié qui unit les deux pays, sous les applaudissements de l'assistance réunie à l'ambassade de France à Phnom Penh.



