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Société : Les Cambodgiennes des minorités ont besoin d'aide

Les jeunes filles autochtones et les groupes qui travaillent à promouvoir l’amélioration de la situation de ces femmes constatent qu’elles souffrent d’un manque d’accès aux services publics en raison des mentalités et du manque d’information.

Des autochtones apportent leurs légumes pour les vendre sur un marché local de la ville de Banlung, dans la province de Ratanakkiri. Photo PP Post
Des autochtones apportent leurs légumes pour les vendre sur un marché local de la ville de Banlung, dans la province de Ratanakkiri. Photo PP Post

Lek Kary, issue de la minorité Prov de la province du Ratanakiri, affirme que dans sa communauté, il existe un réel manque de communication et de soutien de la part des autorités. Elle déclare que, vivant loin des services publics, souvent dans des zones reculées, il n’est pas facile d’accéder aux services publics et aussi de changer l’état d’esprit de la communauté :

« Il est difficile et parfois effrayant de communiquer lorsqu’on exprime des opinions ou de nouvelles idées à la communauté et aux autorités locales. »

« Nous manquons de soutien pour nos propres décisions. Je pense que c’est peut-être parce que les médias de ma communauté sont limités, car ils ne sont pas réellement ouverts aux informations. En raison de la méconnaissance des ressources destinées aux femmes et aux filles, celles-ci ne sont pas au courant du soutien auquel elles pourraient avoir droit », ajoute-t-elle.

Selon Kry Suy Heang, directrice exécutive de l’ONG Women for Peace, une étude récente révèle que près de 60 % des filles issues de minorités ethniques n’ont aucun contact avec d’autres communautés parce qu’elles vivent dans des zones reculées. En outre, elles ne s’aventurent pas hors de leur communauté par crainte de subir des discriminations.

« Avec tous ces problèmes, il est difficile pour elles d’obtenir des informations. Si elles ne sont pas au courant des programmes d’aide ou si elles en ont une connaissance incomplète, elles n’ont pas le courage de prendre leurs propres décisions », dit-elle.

Elle précise que de nombreuses jeunes femmes ont perdu la possibilité et le droit de participer au travail communautaire et social. Avec la perte de ces opportunités, beaucoup d’entre elles ont peur d’exprimer leurs points de vue aux autorités du village ou de la commune.

Ces difficultés sont récurrentes tout autour des jeunes autochtones. En raison de facteurs sociaux, individuels et systémiques, elles n’ont pas accès à l’information et à l’aide à la décision.

« Une solution doit nécessairement être multisectorielle, ce qui signifie qu’elle requiert la participation de toutes les parties. La première chose dont il faut s’occuper, ce sont les femmes minoritaires elles-mêmes. Elles devraient avoir le pouvoir de s’exprimer sans crainte et d’exiger ce qui est leur droit. Avec leurs parents et les autres parties prenantes, y compris la communauté et les autorités du village et de la commune, il faut instaurer un état d’esprit positif à l’égard du genre », affirme-t-elle.

Elle ajoute que les médias ont aussi une influence importante. Les journalistes doivent partager les informations qui sont utiles aux communautés autochtones.

Sar Sineth, directrice générale adjointe du département général du développement social du ministère des Affaires féminines, indique que le ministère coopère avec le département provincial des affaires féminines pour améliorer l’efficacité des prestataires de services. Un groupe spécialisé du ministère a élaboré un plan d’action pour répondre aux besoins des groupes vulnérables, les peuples autochtones étant considérés comme un groupe prioritaire par le ministère.

« C’est pourquoi, dans chaque politique, chaque plan, nous avons inclus les minorités en tant que groupe vulnérable, ce qui implique de prendre en compte l’inclusion du genre. C’est l’une des clés de notre objectif, à savoir que personne ne doit être laissé pour compte », dit-elle.

Elle rappelle que son ministère a partagé ces programmes dans la province du Ratanakiri, ainsi que des informations sur l’impact du mariage et de la grossesse à un jeune âge. Elle reconnait toutefois que les jeunes femmes autochtones n’ont souvent pas accès aux informations concernant les services publics.

« C’est pourquoi le ministère et le département des affaires féminines ont fait des efforts pour distribuer des brochures relatives à divers abus », précise-t-elle.

En avril, l’organisation Women for Peace a publié une étude intitulée « The Voice of Indigenous Girls » (La voix des filles autochtones), qui recense les difficultés rencontrées par plus de 343 jeunes filles, notamment les autochtones du Vietnam, les musulmans Chams et les Khmers Kroms. Elle conclut qu’elles sont confrontées à des mentalités sociales oppressives, à la discrimination, à un manque de services publics au niveau local et à l’insécurité du logement.

Chea Sokny avec notre partenaire The Phnom Penh Post

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