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Société & Arts : Le peintre Leang Seckon s'exprime contre la guerre en Ukraine

20 œuvres du célèbre artiste cambodgien Leang Seckon ont été commandées par la prestigieuse galerie Rossi & Rossi de Hong Kong. Une exposition en avant-première à Phnom Penh permet de découvrir le monde intérieur de l’« attrapeur d’étoiles ».

Leang Seckon
Leang Seckon. Photographie fournie

Seckon est né en 1970 à Prey Veng lorsque le gouvernement américain a commencé sa campagne secrète de bombardements sur le Cambodge. Il a ensuite grandi sous le régime de terreur des Khmers rouges.

Ces années d'apprentissage en tant que garçon de ferme observant les buffles de son père en pleine nature, entouré à la fois par les bienfaits de la nature et les dangers de la guerre, se reflètent dans son approche artistique et sa quête d’harmonie.

Dans un entretien récent avec la revue en ligne Südestasien, il se souvient :

« Je n’ai pas connu l’art en grandissant, mais dès l’âge de quatre ans, j’avais un élan dans le cœur et une vision dans la tête qui me motivaient à traiter mes impressions. Cela incluait les couleurs, le soleil, la beauté de la nature. »

« Malgré les Khmers rouges, je pouvais voir le ciel et le soleil, respirer l’air. Cela a stimulé mon imagination. À cette époque, il n’y avait pas d’art, pas d’éducation et pas de créativité. J’ai déjà essayé de traiter cette expérience avec mon exposition Hell on Earth, présentée à Londres. »

Plus tard, après avoir étudié à l’Université royale des beaux-arts et être devenu l’un des talents les plus distinctifs de la scène cambodgienne, explorant la tradition visuelle khmère et affirmant sa propre réinterprétation des symboles et de l’esthétique anciens. Pourtant, il est toujours resté, et reste à ce jour, le garçon de ferme qui tente d’atteindre les étoiles avec ses mains et son esprit par une nuit claire de campagne. L’attrapeur d’étoiles.

À gauche, Leang Seckon pendant le Nouvel An khmer 1999 à Prey Veng (photo Chris Lawson) ; à droite, avec des collègues artistes et des amis en 2020.
À gauche, Leang Seckon pendant le Nouvel An khmer 1999 à Prey Veng (photo Chris Lawson) ; à droite, avec des collègues artistes et des amis en 2020.

Marina Pok (Fondation Annica ) raconte : « Il y a quelques mois, j’ai rencontré Seckon par hasard dans une ruelle près du Backyard Café, il m’a invitée dans son atelier, m’a montré ses dernières œuvres et m’a demandé de l’aider à montrer au public de Phnom Penh les pièces commandées à Hong Kong avant de les expédier là-bas. Nous avons parlé de paix et de guerre, d’harmonie, de la signification de l’art, et nous échangeons quotidiennement depuis. C’est un grand honneur de contribuer à cette exposition. »

Des bombardiers américains peints sur l’un des sarongs de sa mère. « C’est comme si j’étais protégé de la guerre, en me réfugiant sous la jupe de ma mère », confie l’artiste.
Des bombardiers américains peints sur l’un des sarongs de sa mère. « C’est comme si j’étais protégé de la guerre, en me réfugiant sous la jupe de ma mère », confie l’artiste.

Seckon a également créé une peinture protestant contre la guerre en Ukraine, qui sera vendue lors de l’événement du 31 mars, les recettes étant reversées à une organisation humanitaire ukrainienne.

Seckon a été inspiré par une femme soldat ukrainienne qui est partie à la guerre avec des graines de tournesol dans sa poche en espérant que les graines seront plantées si elle est tuée.
Seckon a été inspiré par une femme soldat ukrainienne qui est partie à la guerre avec des graines de tournesol dans sa poche en espérant que les graines seront plantées si elle est tuée.

Aujourd’hui internationalement reconnu, Seckon va exposer à Hong Kong (Galerie Rossi & Rossi) à partir du 21 mai 2022.

Un vernissage comprenant 12 de ses 20 œuvres est prévu à Phnom Penh les 1ers, 2 et 3 avril, sur invitation uniquement, à la résidence britannique à Phnom Penh. La fondation Annica tient à remercier S.E. l’ambassadrice Tina Redshaw, mécène de longue date de l’art contemporain cambodgien, pour son soutien.

L’exposition sera enrichie d’une performance en direct et d’une projection vidéo. Plus de renseignements ici...

Texte et photographie par la Fondation Annica

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