Santé & Institut Pasteur : Améliorer la lutte contre la tuberculose au Cambodge

L'Institut Pasteur du Cambodge et le Programme national cambodgien de lutte contre la tuberculose, ainsi que le consortium TB-Speed ont organisé un symposium national de restitution des résultats du projet TB-Speed à Phnom Penh les 5 et 6 juillet 2022, en présence de Son Excellence le Professeur MAM Bunheng, ministre de la Santé.

Projet de recherche TB-Speed Symposium national pour la restitution des résultats  Phnom Penh, Cambodge
L'équipe du Projet de recherche TB-Speed Symposium national pour la restitution des résultats Phnom Penh, Cambodge

Projet en bref

Ce projet de recherche, qui vise à réduire la mortalité due à la tuberculose chez les enfants en améliorant le diagnostic, a été déployé entre 2017 et 2022 dans sept pays à ressources limitées et à forte incidence de tuberculose : Cambodge, Cameroun, Côte d'Ivoire, Mozambique, Sierra Leone, Ouganda et Zambie. Le projet TB-Speed Research est financé par Unitaid, Initiative-Expertise France et ANRS.

ANRS|Maladies infectieuses émergentes.

Diagnostic difficile

Au Cambodge, le symposium national de restitution des résultats du projet a réuni les partenaires du projet, les membres du comité scientifique de TB-Speed, les représentants de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les acteurs clés de la lutte contre la tuberculose ainsi que l'équipe du Programme national de lutte contre la tuberculose du Cambodge.

La tuberculose touche environ 10 millions de personnes par an dans le monde, dont un million d'enfants.

Moins de la moitié des cas de tuberculose chez l'enfant sont signalés à l'OMS, car le diagnostic de la tuberculose chez l'enfant est difficile. Chaque année, environ 250 000 enfants dans le monde meurent de la tuberculose et, dans la majorité des cas, ces décès surviennent chez des enfants qui n'ont pas été mis sous traitement

parce qu'ils n'ont pas été diagnostiqués.

Cambodge

Bien que le Cambodge ait fait des progrès remarquables dans la lutte contre la tuberculose, réduisant de plus de 25 % l'incidence de la tuberculose entre 2015 et 2020, on recense encore plus de 45 000 cas de tuberculose par an, dont 22 % ont moins de 14 ans.

L'amélioration du diagnostic de la tuberculose chez l'enfant est donc un enjeu de recherche prioritaire.

Le diagnostic de la tuberculose chez l'enfant se heurte à plusieurs obstacles : les outils diagnostiques disponibles tels que les tests moléculaires (Xpert® MTB/RIF Ultra, Cepheid, USA) sont moins performants chez l'enfant que chez l'adulte car les enfants présentent souvent des formes de tuberculose peu bactériennes ; le diagnostic de la tuberculose repose sur l'examen de l'expectoration, très difficile à collecter chez l'enfant, et les méthodes alternatives telles que l'aspiration gastrique sont difficiles à mettre en œuvre dans des contextes à ressources limitées.

Ceci explique pourquoi la majorité des enfants traités pour la tuberculose sont traités sur la base d'un diagnostic présomptif sans confirmation microbiologique. Or, les signes cliniques de la tuberculose ne sont pas très spécifiques, surtout chez les enfants immunodéprimés, comme les enfants vivant avec le VIH ou les enfants souffrant de malnutrition.

Par ailleurs, ces enfants sont particulièrement vulnérables à la maladie et présentent un risque accru de mortalité.

Enfin, en raison de ces difficultés diagnostiques, la prise en charge de la tuberculose chez l'enfant reste centralisée dans les hôpitaux de référence, alors que la majorité de malades se rendent d'abord dans les centres de santé primaire.

Dans ce contexte, le projet TB-Speed avait pour objectif de contribuer à la réduction de la mortalité infantile en augmentant le nombre d'enfants diagnostiqués et traités pour la tuberculose, en travaillant sur deux axes de recherche principaux : la décentralisation d'une approche diagnostique innovante de la tuberculose au niveau des hôpitaux de district et des centres de santé primaire, et l'amélioration de la prise en charge des enfants malades.

Le projet a mené cinq études de recherche parmi les enfants suspectés de tuberculose. Il a permis de renforcer la capacité de diagnostic de la tuberculose infantile dans 16 hôpitaux de référence, 12 hôpitaux de district et 48 centres de santé primaire par la formation du personnel, l'installation de machines GeneXpert pour le diagnostic moléculaire de la tuberculose, le déploiement d'équipements et de matériels pour la collecte d'échantillons alternatifs aux expectorations, tels que les aspirats nasopharyngés et les échantillons de selles, la numérisation de l'imagerie radiologique au niveau des hôpitaux et la mise en œuvre de systèmes de contrôle de la qualité.

Grâce à sa composante de développement technique, le projet a amélioré les méthodes de collecte et de traitement des échantillons nasopharyngés et des selles afin de faciliter leur utilisation au niveau des centres de santé primaire pour le diagnostic moléculaire de la tuberculose.

Les résultats de l'étude de décentralisation TB-Speed au Cambodge, au Cameroun, en Côte d'Ivoire, au Mozambique, en Sierra Leone et en Ouganda seront essentiels pour évaluer l'impact de la décentralisation et du renforcement des capacités de diagnostic de la tuberculose sur le nombre d'enfants traités, ainsi que l'acceptabilité de ces interventions par les agents de santé et les familles des enfants. Ils seront discutés avec les représentants des programmes nationaux afin de proposer les meilleures recommandations pour la mise en œuvre de programmes de décentralisation à grande échelle dans ces pays.

Certains résultats préliminaires du projet ont déjà été partagés avec la communauté scientifique et ont contribué à des révisions du guide technique et du manuel opérationnel de l'OMS pour la tuberculose publiés en mars 2022.

Au total, 7358 enfants ont été inclus dans toutes les études TB-Speed. Le projet a également évalué le coût et l'impact coût-efficacité des différentes interventions évaluées en fonction des systèmes de soins de santé et de l'épidémiologie des pays.

Les résultats finaux du projet ont été présentés lors de la restitution internationale à Maputo, Mozambique, les 9 et 10 juin. Ce fut l'occasion de discuter, avec les partenaires internationaux et les acteurs clés de la lutte contre la tuberculose, de l'utilisation des résultats du projet en termes de changements de politique de santé pour le diagnostic de la tuberculose chez l'enfant et de la mise à l'échelle du projet. Les propositions de

propositions issues de ces discussions internationales seront un préalable indispensable à un travail similaire lors de la restitution nationale, en présence des principaux partenaires et acteurs nationaux de la lutte contre la tuberculose.

La valorisation scientifique des résultats du projet est en bonne voie, impliquant des chercheurs jeunes et seniors des sept pays impliqués dans le projet pour renforcer les capacités scientifiques.

Institut Pasteur

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