Cambodge & Retraite : Douceur de vivre à Battambang pour moins de 600 $ par mois

Un exemple des endroits où il fait bon vivre au Cambodge : Battambang, la ville au charme encore un peu français, la ville où le temps semble s’écouler si lentement et si paisiblement…reportage de Steve King.

Je pense que ce sont le rythme de vie et l’atmosphère de ville de province qui m’ont le plus charmé à Battambang. La deuxième ville du Cambodge, en termes d’habitants (environ 250 000), est située au nord-ouest du pays, c’est un endroit social et accueillant, encore loin de l’agitation touristique de certains quartiers de Phnom Penh, de Siem Reap ou de Sihanoukville.

Lenteur et tranquillité du temps cambodgien

À Battambang, personne ne semble pressé ; se promener, prendre un verre, ou rencontrer du monde semblent être des passe-temps populaires… quand je suis en ville, les gens, les expatriés, me parlent librement, du dernier restaurant qu’ils ont aimé, de la dernière galerie d’art qui vient d’ouvrir, de la classe de yoga.

« À Battambang, le temps passe moins vite, il y a une vraie brise de nostalgie, un parfum colonial, une douceur de vivre presque indochinoise… un autre monde, bien loin de l’effervescence de Phnom Penh qui se développe à une vitesse vertigineuse »

J’étais venu visiter une première fois Battambang en 2006. Il y a eu quelques changements, de nouveaux commerces ont ouvert, quelques vieux bâtiments français ont été restaurés, d’autres ont disparu, mais, en dehors des routes, il y a peu d’infrastructures nouvelles. Quelques rues du centre sont encore poussiéreuses et je retrouve les mêmes marchands ambulants ou leurs enfants. À proximité de la ville, les ruines de deux temples anciens attendent toujours une restauration improbable, ou peu urgente, à l’image de la lenteur et de la tranquillité du temps cambodgien qui s’expriment si bien dans cette ville de Battambang.

Douceur de vivre à Battambang

Petit air de France

Vous pouvez vous promener d’un bout du centre-ville à l’autre en trente minutes environ, longer les allées pavées bordant les rives de la rivière Sangker, qui traverse le milieu de la ville. Les parcs le long des berges de la rivière sont bien entretenus et sont un endroit de rencontre et de loisirs pour les citadins, ils viennent y jouer avec leurs enfants sur les terrains de jeux, rencontrer leurs amis, profiter des bancs ombragés, ou faire tout simplement un peu d’exercice. De chaque côté, des wats bouddhistes (temples) proposent un refuge tranquille pour l’inspiration, le repos et la réflexion.

Plusieurs énormes demeures néoclassiques avec des entrées imposantes, ornées de colonnes spectaculaires, et de balcons extravagants, sont dispersés autour de la ville, vestiges de l’époque où le Cambodge était un protectorat français. La plupart des bâtiments dans le centre-ville sont âgés d’au moins cent ans. Au rez-de-chaussée de ses bâtisses du souvenir, on y trouve des commerces, des restaurants, des cafés. La ville abrite aussi une université des arts, qui a attiré des artistes venus de tout le pays. Battambang connaît donc certain un renouveau culturel, avec plusieurs galeries proposant le travail des meilleures artistes du royaume.

Expérience de Britannique

Kate Shuttleworth, une Britannique, a vécu sept ans à Battambang. Elle déclare qu’il a été très facile de rencontrer des gens : 

« Il y a des clubs de livres, des soirées cinéma, des trivia quiz, des barbecues, des classes de yoga ouvertes à tous, il est très facile de socialiser ici… »

Battambang est également une ville couche-tôt, il y a peu d’établissements dans la ville qui reste ouverts après 21 heures. Cela convient parfaitement à certains expatriés tel Pat, originaire du Kansas et voyageur de longue date qui a décidé de prendre sa retraite à Battambang il y a quatre ans : » … je ne veux pas de la vie nocturne et des soirées bruyantes, et cela me convient donc tout-à-fait… », déclare-t-il.

Les nombreux temples anciens situés dans la campagne sont assez semblables aux fameux temples de Siem Reap, mais ils reçoivent très peu de visiteurs. Explorer les ruines sans se heurter à des foules de touristes est une véritable aventure et une expérience unique. Wat Ek Phnom, situé à seulement treize kilomètres de Battambang, est le temple en ruines le plus visité dans la région. Cependant, en semaine, vous aurez probablement le temple pour vous tout seul.

Wat Ek Phnom

Restauration

Deux des plus beaux restaurants de la ville, Au Cabaret Vert et le Bambu Hôtel Restaurant, proposent une cuisine cambodgienne et européenne raffinée. Un repas pour deux à chaque restaurant, avec un apéritif et des boissons, ne coûtera pas plus de trente-huit dollars US. La plupart des autres restaurants de la ville sont beaucoup moins chers, et le dîner pour deux, y compris les boissons, coûtera vingt dollars ou moins. Bien sûr, si vous vous restaurez là où les locaux mangent, vous pouvez trouver de la nourriture bon marché et saine pour à peine un dollar ou deux. La bière dans un restaurant coûte environ cinquante cents. Si l’envie de faire un petit voyage dans le temps vous prend, il existe aussi La Villa, endroit à l’architecture coloniale (1930) merveilleuse qui propose une cuisine mixte à des prix très abordables.

Douceur de vivre à Battambang

Coût de la vie

À l’image du Cambodge dans son ensemble, le coût de la vie à Battambang est assez faible. La location d’une maison est particulièrement bon marché. Louer une maison de style moderne vous coûtera de 200 à 400dollars US par mois. Un deux-pièces ou un petit appartement meublé, avec une piscine commune, et la plupart des charges incluses, vous coûteront moins de 285 dollars par mois. Les expatriés avec qui j’ai discuté indiquent tous que leur plus grosse dépense de logement est l’électricité. La plupart d’entre eux déclarent dépenser au moins quatre-vingts dollars par mois.

Quiétude à Battambang

Pat vit confortablement sur son petit revenu de la sécurité sociale et enseigne l’anglais quelques heures chaque semaine : « mes factures mensuelles s’élèvent de 255 à 310 dollars US, en y incluant le loyer, l’eau, l’électricité et Internet. Je fais mes courses au marché et je cuisine à la maison. Sortir déjeuner de temps en temps est ma plus grosse dépense, mais cela me coûte aux alentours de cinq dollars ou un peu plus. Je marche beaucoup, je n’utilise pas de tuktuk ou de motodop. Mon budget moyen mensuel est inférieur à 510 dollars ».

Connectivité

Battambang n’est pas une ville très étendue et il n’est pas vraiment nécessaire de posséder une moto et, en cas de besoin, une course en motodop ou tuktuk dans la ville dépasse rarement un dollar. L’aéroport commercial le plus proche se trouve à Siem Reap, à environ trois heures de distance. Il existe des lignes régulières de bus, vans ou taxis qui desservent Phnom Penh ou Bangkok depuis Battambang. Beaucoup d’expatriés se sont installés ici après avoir vécu d’abord dans une autre ville asiatique. Le passage à une communauté relativement petite nécessite des ajustements, et acquérir de l’expérience dans une zone plus peuplée peut rendre l’adaptation plus facile, ou plus difficile… Et, Battambang est une ville avec un taux de criminalité très faible, autre argument pour privilégier cette destination pour ceux qui aiment le calme et la douceur de vivre.

Douceur de vivre à Battambang

Philippe le bienheureux

En réaction à notre précédent article sur l'attrait du royaume comme destination pour la retraite, Philippe Bruchl a commenté : « Je vis très bien depuis 18 mois à Battambang. Mon budget se situe entre le tiers et le quart de ma petite retraite ! Je ne me prive de rien, même pas du superflu ! Et croyez-moi j’ai toujours été un » claqueur » de tunes ! J’ai mon scooter 125, en location à l’année et mon logis en hôtel tout confort !!! Même une kitchenette et terrasse de 1000 mètres carrés pour 80 euros mensuels ! Et restaurant tous les jours (1 à 4 euros/repas) + 3 à 4 pleins d’essence par semaine (52 centimes le litre) pour mon scooter ! Plus de 30 000 km dans le district de Battambang cette dernière année !!! Je ne suis pas un aventurier ni un hippie, j’ai 70 ans !!! Oui, je ne vis pas à l’occidentale, je mange Khmer, vis comme j’ai envie et je fuis les occidentaux.... à quelques exceptions près ! (3 ou 4) Traverser la moitié du monde pour vivre comme à Mulhouse ou Grenoble (villes non exhaustives) me fait hurler de rire ! Mais bien sûr je respecte les choix de chacun.... Bienvenue à ceux qui oseront, laissez vos soucis et préjugés d’où vous venez !!! »

2 commentaires
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