Photographie : Émile Gsell, l'œil du Cambodge du XIXe siècle, revient au Centre Bophana
Vingt ans après l'inauguration du centre, les clichés pris par Émile Gsell dans les années 1860 et 1870 retrouvent ses murs. L'exposition, gratuite, se tient jusqu'au 21 novembre dans le cadre de Photo Phnom Penh.

En décembre 2006, le Centre Bophana ouvrait ses portes avec une exposition des photographies d'Émile Gsell. Vingt ans plus tard, ces mêmes images reviennent au rez-de-chaussée du centre, à Phnom Penh.
L'exposition s'inscrit dans Photo Phnom Penh, le festival de photographie de la capitale. Elle marque aussi le 20e anniversaire du Centre Bophana, partenaire du festival depuis de longues années.
Les clichés datent des années 1860 et 1870. Plus de 150 ans après, ils restent une pièce essentielle du patrimoine visuel cambodgien. Le centre invite le public à regarder au-delà de l'image : comment ces photographies ont été conservées, comment on les lit aujourd'hui, et comment elles se transmettent d'une génération à l'autre.
Un pionnier de la photographie d'Angkor
Émile Gsell, né en 1838, arrive en Cochinchine comme soldat. Il s'engage dans l'armée française en 1858 et se retrouve en poste à Saïgon.
En 1866, Ernest Doudart de Lagrée le recrute comme photographe de la mission d'exploration du Mékong. L'expédition atteint Angkor le 24 juin 1866 et y reste une semaine. Gsell y réalise ses premières vues des temples. Quinze d'entre elles figurent dans l'album Cochinchine et Cambodge, offert à l'impératrice Eugénie en 1867.
Dès la fin de 1866, Gsell ouvre sans doute le premier studio professionnel de Saïgon. Il retourne à Angkor en 1873 avec la mission de Louis Delaporte. Il en tire deux albums, l'un sur les ruines d'Angkor, l'autre sur les mœurs et les types des populations annamites et cambodgiennes. Ils lui valent une médaille à l'Exposition universelle de Vienne.
Il meurt à Saïgon le 16 octobre 1879, à 41 ans. Ses tirages sont aujourd'hui conservés dans de grandes collections, dont celle du Metropolitan Museum of Art de New York, qui détient un rare exemplaire de l'album de 1867.
Un centre né pour rendre ses archives au Cambodge
Le Centre de ressources audiovisuelles Bophana a ouvert le 4 décembre 2006, à l'initiative du cinéaste Rithy Panh. Il porte le nom de Bophana, une jeune femme détenue sous les Khmers rouges, dont les lettres et l'histoire sont devenues un symbole de courage et de dignité. Sa mission : donner au public un accès libre et gratuit à des milliers de documents d'archives sur le Cambodge.
L'exposition Gsell est organisée avec Photo Phnom Penh et l'Université Côte d'Azur. Elle reçoit le soutien financier de la France, via l'Agence française de développement, de la Henry Luce Foundation, de la Rei Foundation Limited et des Amis de Bophana, par l'intermédiaire de Myriad USA.
Infos pratiques
• Dates : Jusquáu 21 novembre 2026
• Horaires : du lundi au vendredi, de 8 h à 18 h ; le samedi, de 14 h à 17 h
• Lieu : rez-de-chaussée du Centre Bophana, 64, rue 200, Phnom Penh
• Entrée : libre et gratuite








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