Francophonie : le Cambodge veut se montrer « loin des caricatures »
À quelques jours du XXe Sommet de la Francophonie, Raoul M. Jennar, conseiller du gouvernement royal, décrit l'événement comme une vitrine stratégique. Le royaume compte y défendre son bilan économique et son image de pays attaché à la paix.

Phnom Penh accueille du 14 au 16 novembre le XXe Sommet de la Francophonie. Des représentants de haut niveau de 90 pays sont attendus, selon l'agence officielle AKP. Le thème retenu : « Réinvestir dans la paix pour une prospérité partagée et une stabilité durable ».
Pour le gouvernement, l'enjeu dépasse le protocole. Raoul M. Jennar, conseiller du gouvernement royal, l'a dit lundi aux médias d'État. Le sommet est selon lui « une opportunité stratégique majeure » pour mettre en avant les résultats économiques du pays, son engagement pour la paix et son image moderne.
« Le Sommet offre l'occasion de présenter le Cambodge moderne, loin des caricatures », résume-t-il.
Le conseiller attend aussi des retombées concrètes. Pendant quelques jours, le royaume sera au centre de l'espace francophone. Il y gagnera en visibilité internationale. Les rencontres entre acteurs économiques et institutionnels doivent permettre de nouer des contacts. Le programme met en avant la coopération Nord-Sud et Sud-Sud, les initiatives économiques de la communauté francophone et le potentiel d'investissement du Cambodge.
Un bilan mis en avant, une conjoncture plus difficile
Raoul Jennar déroule le récit officiel. Le pays a retrouvé la paix fin 1998, grâce à la politique dite « gagnant-gagnant » de Samdech Techo Hun Sen. Il a ensuite connu une croissance moyenne de 7 % pendant deux décennies. Il a été entièrement reconstruit et a traversé la pandémie de Covid-19.
Prochaine étape : la sortie de la catégorie des pays les moins avancés (PMA). L'Assemblée générale des Nations unies l'a fixée à décembre 2029. Le conseiller parle de « réformes audacieuses » pour y parvenir, malgré un contexte international difficile.
Le sommet tombe pourtant dans une année plus tendue. Fin septembre, le FMI a ramené sa prévision de croissance cambodgienne à 3 % pour 2026, avec une inflation attendue à 5,6 %. La Banque asiatique de développement table sur 3,9 %, en citant le ralentissement du tourisme.
Angkor, les Khmers rouges et le reste
Le conseiller part d'un constat. À l'étranger, l'image du Cambodge reste dominée par deux références : la grandeur des temples d'Angkor et l'héritage douloureux du régime génocidaire des Khmers rouges. La désinformation, ajoute-t-il, déforme parfois encore cette image.
Le sommet doit permettre de bousculer ces stéréotypes et de montrer l'ampleur des transformations. D'autres indicateurs pèsent aussi sur cette image. En octobre, le classement du World Justice Project plaçait le Cambodge au 140e rang sur 143 pour l'État de droit, selon Cambodia Investment Review.
Raoul Jennar insiste surtout sur le message diplomatique. « Nos visiteurs découvriront un pays qui, malgré les guerres que d'autres lui ont infligées, hier comme aujourd'hui, veut être l'ami de tous et l'ennemi de personne, et entend être un défenseur inébranlable de la paix, du dialogue et du droit international », déclare-t-il.
Le « aujourd'hui » renvoie au conflit frontalier avec la Thaïlande, marqué par des affrontements armés en 2025. C'est dans ce contexte que Phnom Penh accueille un sommet consacré à la paix.
« C'est l'image que nous voulons laisser aux participants du sommet quand ils quitteront le Cambodge », conclut le conseiller.








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