Phnom Penh & Environnement : Une entreprise de recyclage traite 100 tonnes de déchets par jour

Depuis une dizaine d’années, une entreprise de recyclage cambodgienne transforme des tonnes de déchets en produits recyclables. Elle envisage d’étendre son activité à l'ensemble des provinces du pays.

Des ouvrières recyclent du plastique dans le dépôt de l'entreprise situé dans la commune de Prek Kampoes, dans le district de Dangkor, à Phnom Penh. Photographie fournie
Des ouvrières recyclent du plastique dans le dépôt de l'entreprise situé dans la commune de Prek Kampoes, dans le district de Dangkor, à Phnom Penh. Photographie fournie

Pech Sotha, directeur général de la société Lim Vanny Plastic Recycle Company — qui couvre une superficie de cinq hectares dans la commune de Prek Kampues, dans le district de Dangkor — annonce que des machines de traitement des déchets ont été installées dans les provinces de Kampong Speu, Kandal et Kampong Cham.

« Mon ambition est de m’étendre aux 24 provinces et dans tout le pays », dit-il.

L’entreprise a été créée en 2014 après qu’il eut appris les techniques de recyclage à l’étranger. Il a commencé par la fonte de l’aluminium, en utilisant généralement des canettes de bière et de vieilles casseroles de cuisine. Ce procédé lui a permis de fabriquer des charrues, ainsi que de nouvelles casseroles. Le succès du recyclage de l’aluminium l’a incité à se lancer dans la transformation de la mousse et des sacs en plastique en matières premières semi-finies.

Après seulement trois mois, il a pu vendre des produits transformés localement, et même les exporter dans les pays voisins.

Des produits propres et nouveaux

L’entrepreneur précise que la fusion de l’aluminium est effectuée dans la commune de Boeung Tompun, dans le district de Meanchey — Phnom Penh.

« En dehors des produits en canettes recyclées, nous proposons six autres articles. Nous produisons deux types différents de mousse, deux types de grands sacs — en blanc et en bleu — et deux types de sacs en plastique. Les sacs en plastique sont disponibles en noir ou en blanc », précise-t-il.

Les déchets employés sont achetés sur les marchés, dans les usines et chez les collecteurs de déchets. Les vieux sacs et la mousse sont empilés sur les sites de l’entreprise, où ils sont stockés entre une semaine et un mois afin de neutraliser l’odeur des ordures.

« Une fois qu’ils ont été exposés aux éléments — l’air frais et la pluie — l’odeur s’estompe généralement. Elle ne disparaît pas complètement, mais elle est réduite jusqu’à 60 % », ajoute-t-il.

Plus de 40 employés du site classent les sacs selon leur matériau et leur couleur.

« Nos employés trient les déchets. Pour le PE (polyéthylène) blanc, nous choisissons les sacs propres pour les transformer. Les sacs noirs sont fabriqués en mélangeant des sacs bleus, rouges, noirs et jaunes. Les ouvriers doivent cependant faire la distinction entre le plastique dur et celui qui est fragile. Des sacs de n’importe quelle couleur peuvent être utilisés pour fabriquer des sacs en plastique noirs », explique Sotha.

La mousse est transformée en granulés, qui peuvent ensuite être utilisés pour fabriquer divers produits :

« La mousse usagée que nous recyclons est transformée en granulés qui peuvent ensuite devenir des boîtes »

Les sacs de riz sont séparés avant d’être passés dans un broyeur. Les morceaux sont ensuite amenés dans un grand réservoir pour les laver.

Une affaire de famille

Lim Vanny Plastic Recycle emploie de nombreux couples et familles, et beaucoup de leurs employés ont plus de 50 ans.

« Ici, nous embauchons beaucoup de Cambodgiens qui ont plus de 50 ans. Leur rendement de travail est réduit, ils ont donc des difficultés à trouver du travail », confie Pech Sotha.

L’entreprise a reçu des lettres de recommandation pour son respect de l’environnement de la part du ministère en 2019.

Sotha demande aux citoyens de contribuer au recyclage en séparant leurs déchets. Ainsi, les éboueurs et les chiffonniers peuvent collecter plus facilement les produits qu’ils peuvent vendre à l’usine de recyclage. Son entreprise conseille au public de séparer les déchets solides et liquides afin que les chiffonniers ne déchirent pas les sacs poubelles.

« Si nos concitoyens étaient davantage sensibilisés au tri des déchets, ce serait formidable, car nous recevrons des déchets qui ont déjà été triés », indique Pech Sotha.

Selon un rapport du ministère de l’Environnement, le Cambodge produit plus de quatre millions de tonnes d’ordures par an et plus de 10 000 par jour. Rien qu’à Phnom Penh, entre 2 700 et 3 000 tonnes sont produites quotidiennement.

Soutenir la politique du gouvernement

Selon Net Pheaktra, secrétaire d’État et porte-parole du ministère, entre 60 et 65 % des déchets sont organiques et peuvent être recyclés en compost ou autres matériaux. Environ 20 % sont des plastiques recyclables, le reste étant des déchets solides.

Le gouvernement a mis en place une politique de gestion des déchets dans les zones urbaines et exige le tri. Afin de contrôler et de réduire l’utilisation des plastiques, le gouvernement a également publié un certain nombre de sous-décrets et de directives.

Le premier consiste à interdire l’importation de sacs en plastique d’une épaisseur supérieure à 0,03 mm et le deuxième à imposer des taxes supplémentaires. Le troisième prévoit de faire payer un supplément pour l’utilisation de plastiques dans les supermarchés. La quatrième consiste à encourager les investissements dans la production de biens de consommation en bioplastiques. Enfin, une campagne visant à faire évoluer les mentalités en matière d’utilisation du plastique :

« Nous demandons au public de changer d’attitude pour réduire l’utilisation du plastique. Dans la mesure du possible, il devrait utiliser des tasses, des assiettes, des cuillères et des pailles faites de matériaux qui se décomposent naturellement », déclare M. Pheaktra.

De nombreux restaurants sont passés à l’utilisation de pailles en papier, bambou, ou autres matériaux naturels. Le public est désormais plus conscient des impacts négatifs de l’utilisation du plastique et se tourne vers des paniers et des bouteilles respectueux de l’environnement :

« Plusieurs restaurants ont mis en place une politique “zéro plastique”, tout comme certaines écoles. C’est une avancée positive dans la gestion du plastique au Cambodge », affirme le secrétaire d’Etat.

Le ministère de l’Environnement a également mis en œuvre les principes des 4 R : réutilisation, réduction, recyclage et rejet.

Sotha confie que Lim Vanny Plastic Recycling reçoit des déchets de toutes les provinces du royaume : « Chaque jour, j’essaie d’encourager les entreprises de toutes les provinces à nous apporter leurs déchets. Nous collectons maintenant des déchets provenant d’aussi loin que Poipet et Preah Sihanouk ».

Pan Simala et Hong Raksmey avec notre partenaire The Phnom Penh Post

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