Phnom Penh & Culture : Artisans Angkor fait son entrée en art et beauté dans la capitale
- La Rédaction

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Hier soir, plus de 200 invités se sont réunis au Tribe Hotel de Phnom Penh pour l'inauguration de l'Artisans Festival, premier événement du genre organisé par la maison créative khmère dans la capitale.

Pour la première fois en plus de trois décennies d'existence, Artisans Angkor — l'organisation qui a formé plus de 5 000 jeunes Cambodgiens aux arts traditionnels et constitué une communauté de plus de 450 artisans maîtres à Siem Reap — franchissait le seuil de la capitale avec un événement à la mesure de son ambition : un festival de trois jours tissant ensemble patrimoine ancestral, création contemporaine et musique live.
Plus de deux cents invités — diplomates, acteurs du monde de la culture, entrepreneurs et passionnés d'art — ont répondu présent pour cette soirée d'ouverture qui tenait à la fois du vernissage, du lancement de collection et de la déclaration d'intention.

Une scénographie pensée comme un manifeste
Dès l'entrée dans les espaces du Tribe Hotel, la mise en scène s'imposait comme un véritable manifeste artistique. Des sculptures de grès rose reproduisant les visages sereins et les corps gracieux des divinités d'Angkor côtoyaient des créations résolument contemporaines.
Parmi les pièces les plus saisissantes, une grande tête de Bouddha noire ornée de feuilles blanches aux nervures dorées et de motifs khmers peints en néon — verts, rouges, bleus — résumait à elle seule l'essence du festival : l'héritage millénaire réinventé par des mains et des regards d'aujourd'hui.
Monumentale et hypnotique, une installation de projection numérique montrait une figure khmère céleste couverte de mosaïques psychédéliques aux couleurs explosives — oranges, violets, verts acides —, suspendant le temps entre tradition et modernité dans un vertige visuel qui n'a pas manqué d'attirer les regards et les objectifs.

Du bois, de la pierre, de la soie
Sur les présentoirs en bois clair qui structuraient l'espace, la beauté des savoir-faire khmers s'étalait avec générosité. Des sculptures en bois finement ciselées représentant des apsaras — ces danseuses célestes aux couronnes ouvragées et aux gestes précis comme des mudras — témoignaient d'une maîtrise artisanale transmise de génération en génération. Non loin, un bas-relief en grès représentant une rangée de déesses assises en prière évoquait directement les galeries d'Angkor Wat, dans un format à la fois monumental et accessible.
Les étoffes constituaient l'autre grand attrait de la soirée : soieries khmères aux motifs hol — ces ikat cambodgiens — déclinées en une palette de tons indigo, écarlate, or et prune, présentées avec la mention Best Seller en toute simplicité. Sacs en soie brodée, foulards imprimés, pièces d'argenterie repoussée : chaque table était un concentré d'élégance artisanale.

L'art contemporain au cœur du festival
Le festival ne se contente pas de célébrer le passé. Trois artistes invités en réinterprètent les codes avec une liberté revendiquée. ROTANAK, peintre et performeur, exposait notamment une série de portraits pop à l'esthétique warhol-ienne rendant hommage aux icônes de la chanson khmère des années 1960 — ces visages sérigraphiés en vert, orange et violet sur fond de pochettes de vinyles d'époque, hommage vibrant à la culture kbach dorénavant convoquée par la culture street.
Sur scène et dans les couloirs, l'atmosphère était celle d'une soirée qui se savait importante.
Les invités circulaient, comparaient, commentaient, achetaient. Des équipes en polo jaune — couleur signature d'Artisans Angkor — accueillaient, conseillaient, souriaient. À l'écran géant défilaient des images des ateliers de Siem Reap, rappelant que derrière chaque objet exposé se cache un artisan, une transmission, une histoire.

Une soirée, un tournant
Sous la direction de Kay Lot et de la directrice adjointe Kean Kim Leang, Artisans Angkor aura réussi son pari inaugural : faire de cet Artisans Festival bien plus qu'une foire commerciale. Ce premier soir, dans le hall illuminé du Tribe Hotel, c'est toute une vision du Cambodge qui se donnait à voir — fière de ses racines, décidée à dessiner son avenir.
« Timeless roots. Fearless future. » La devise de la maison n'a jamais semblé aussi juste.
L'Artisans Festival se poursuit samedi 6 et dimanche 7 juin au Tribe Hotel, Post Office Square, Phnom Penh. Entrée libre à partir de 10h.







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