Le poulet skuoy du Cambodge reçoit un prix international
Le programme cambodgien de sélection du poulet indigène skuoy a reçu le prix international 2026 de l'ICRISAT pour l'amélioration de l'élevage et les technologies de production. Financé par l'Australie et piloté par un institut de recherche basé à Nairobi, il sert désormais de modèle au Laos et au Vietnam.

Un prix pour les innovations du Sud
La distinction a été remise le 12 septembre 2026, lors de la Journée des Nations unies pour la coopération Sud-Sud. Il s'agit du prix international 2026 du Centre d'excellence de l'ICRISAT pour la coopération Sud-Sud en agriculture (ISSCA), dans la catégorie amélioration de l'élevage et technologies de production. L'ICRISAT est l'Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides. Le prix récompense des innovations du Sud à fort impact, capables de passer à grande échelle.
Wondmeneh Esatu, chercheur principal sur la volaille à l'Institut international de recherche sur l'élevage (ILRI) et chef du projet, l'a reçu au nom de l'équipe et de ses partenaires.
5,5 millions de dollars australiens, quatre fermes, 190 000 poussins
Le programme s'appelle Participatory Indigenous Chicken Breed Improvement Program, ou PIC-BIP. Il a été conçu dans le cadre d'un investissement de 5,5 millions de dollars australiens du Centre australien pour la recherche agricole internationale (ACIAR). L'ILRI le pilote avec des partenaires nationaux de la recherche et des communautés d'éleveurs. Cet investissement soutient la sélection de poulets indigènes au Cambodge, au Laos et au Vietnam.
Au Cambodge, selon l'ACIAR, le programme a installé quatre fermes de sélection. Il a mobilisé plus de 500 foyers d'éleveurs et diffusé plus de 190 000 poussins skuoy améliorés. Les travaux sont menés dans la province de Takéo.
Les éleveurs fixent les critères
Le programme travaille sur le skuoy, une poule locale à double usage, élevée pour sa chair et pour ses œufs. Il combine sélection scientifique, suivi des performances et préférences des éleveurs. Ces derniers participent à la définition des caractères recherchés : couleur du plumage, de la peau et des pattes, longueur des pattes, type de crête, poids et âge à la vente, production d'œufs.
Le programme ne remplace pas le poulet local par des races commerciales conçues pour d'autres systèmes d'élevage. Il améliore la poule du pays à partir de sa propre génétique.
Le marché explique ces choix. Une étude de l'ILRI publiée en 2023 indique que les consommateurs cambodgiens sont prêts à payer davantage pour un poulet indigène que pour un poulet exotique. Elle cite la peau jaune parmi les caractères économiques qui comptent.
Le Laos et le Vietnam adaptent le modèle
L'élevage de poulets est un pilier de la sécurité alimentaire et des revenus ruraux au Cambodge, au Laos et au Vietnam. Il fournit aux ménages une nourriture abordable et un revenu régulier.
Le modèle est en cours d'adaptation au Laos et au Vietnam. Il s'appuie sur des travaux de génétique avicole menés en Afrique, transposés avec des chercheurs et des éleveurs d'Asie du Sud-Est. Chaque pays adapte la méthode à ses propres poules, à ses éleveurs et à ses marchés.
Le partenariat soutenu par l'ACIAR se poursuit jusqu'en 2029. Il doit consolider l'amélioration génétique et les capacités de recherche locales, et favoriser les échanges de connaissances entre les trois pays.
Au Cambodge, la seconde phase doit accélérer le progrès génétique du skuoy, avec l'introduction de l'insémination artificielle pour améliorer la reproduction. Elle prévoit aussi de resserrer les liens avec les marchés et d'explorer une image de marque pour les poulets indigènes, selon l'ILRI.
Lors du lancement de cette phase, le 27 octobre 2025, Tay Li, directeur du département de la production et de la santé animales de la province de Takéo, a proposé que la race améliorée soit reconnue sous le nom de « Skouy-Takéo ».
La réaction d'EuroCham
Nos amis d'EuroCham Cambodia ont recueilli le commentaire de M. Saran Song, président du comité Agribusiness d'EuroCham et PDG d'AMRU Rice (Cambodia) Co., Ltd. (traduit de l'anglais).
« La reconnaissance internationale du programme cambodgien de sélection du poulet indigène montre le potentiel d'une innovation agricole adaptée au contexte local pour avoir un effet réel sur les agriculteurs et les communautés rurales.
Le succès du programme tient à l'association de la recherche scientifique avec les connaissances et les préférences des éleveurs. La productivité progresse, et les ressources génétiques indigènes sont préservées.
Avec plus de 190 000 poussins skuoy améliorés diffusés au Cambodge, il offre des enseignements précieux pour renforcer les moyens de subsistance ruraux, la sécurité alimentaire et la compétitivité des petits exploitants.
Son extension au Laos et au Vietnam souligne aussi l'importance de la coopération régionale pour faire progresser un développement agroalimentaire durable. En partageant les connaissances, en renforçant les capacités de recherche et en adaptant des approches éprouvées aux conditions locales, les pays de l'ASEAN peuvent accélérer l'innovation agricole et bâtir des systèmes alimentaires plus résilients.
C'est un exemple encourageant de la façon dont l'investissement dans la recherche, la collaboration et des solutions centrées sur les agriculteurs peut créer une valeur durable pour l'agriculture, au Cambodge comme dans l'ensemble de la région. »
Sources : ACIAR, via The National Tribune · ILRI, lancement de la phase II · ILRI, fiche PIC-BIP · ILRI, étude sur la demande de poulet indigène · EuroCham Cambodia








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