Le Cambodge intègre le « Board of Peace » de Trump : un pari diplomatique audacieux
- La Rédaction

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Le Cambodge a officiellement accepté l'invitation du président américain Donald Trump pour rejoindre en tant que membre fondateur le « Board of Peace », une initiative diplomatique lancée début janvier 2026.

Cette décision, annoncée le 26 janvier par le Premier ministre Hun Manet lors d'une rencontre avec l'amiral Samuel Paparo, commandant du United States Indo-Pacific Command, s'inscrit dans un contexte de tensions régionales « apaisées par Washington ».
Contexte de l'initiative américaine
Le « Board of Peace », créé le 15 janvier 2026, vise initialement à résoudre le conflit à Gaza avant de s'étendre à d'autres crises mondiales. Donald Trump, président permanent sans limite de mandat, détient un pouvoir central : approbation des résolutions, admission des membres et gestion des fonds.
Sur une soixantaine de pays invités, une vingtaine ont confirmé, dont l'Égypte, Israël, l'Indonésie et la Turquie ; la France, la Norvège et la Suède ont décliné, tandis que la Chine et la Russie n'ont pas répondu.
Les motivations cambodgiennes
Hun Manet a salué cette adhésion comme une preuve de « bonne volonté » et d'engagement pour la paix mondiale, sans coût pour un mandat fondateur de trois ans – le milliard de dollars requis concernait seulement les membres permanents.
Phnom Penh remercie ainsi Trump pour son rôle clé dans le cessez-le-feu avec la Thaïlande, signé le 26 octobre 2025 à Kuala Lumpur lors du sommet ASEAN, et pour l'escale du navire USS Cincinnati à la base navale de Ream. Cette participation coïncide avec un réchauffement des liens bilatéraux, illustré par les discussions sur la stabilité régionale et la délimitation frontalière.
Analyse des enjeux stratégiques
Les analystes y voient un « rebranding stratégique » pour atténuer les critiques occidentales sur la gouvernance intérieure cambodgienne et réduire les pressions via sanctions ou restrictions commerciales. Seng Vanly, expert en géopolitique asiatique, qualifie cela de « blanchiment diplomatique », pivotant le discours vers le rôle positif du Cambodge en stabilisation post-conflit. Sam Seun, de l'Académie royale du Cambodge, insiste sur la nécessité d'explications claires à des partenaires comme Pékin, qui a aussi contribué à apaiser les clashes frontaliers en décembre 2025.
Risques et perspectives
Ny Sokha, président de l'ONG Adhoc, note des aspects positifs pour la paix face à la crise thaïlandaise, mais alerte sur les frictions potentielles avec la Chine, alliée fidèle soutenant la politique « Une seule Chine ».
La gouvernance centralisée du Board soulève des doutes sur son équilibre institutionnel, risquant de le percevoir comme un outil « America First » contournant l'ONU. Pour le Cambodge, cette manœuvre équilibre pragmatisme économique et neutralité ASEAN, dans une Asie du Sud-Est tendue.







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