France & Cambodge : un forum pour tout savoir sur les investissements

Les 9 et 10 juin prochains se tiendra le premier Forum d’Affaires France-Cambodge,

qui réunira plus de 250 entreprises autour de conférences, rencontres et tables rondes. De nombreux thèmes y seront abordés, visant à répondre à toutes les questions que peuvent se poser les investisseurs. Président de la section siemréapoise de la Chambre de Commerce et d’Industrie, Pierre-André Romano, en tant que spécialiste du tourisme, a accepté d’aborder les principaux enjeux d’un secteur fortement impacté par la crise sanitaire.

Président de la section siemréapoise de la Chambre de Commerce et d’Industrie, Pierre-André Romano
Le Président de la section siemréapoise de la Chambre de Commerce et d’Industrie, Pierre-André Romano

Le Cambodge est un pays qui regorge d’opportunités d’investissements. De cela, Pierre-André Romano n’en a aucun doute, et son avis ne doit rien au hasard. Installé dans le pays en 2014 et travaillant avec le royaume depuis 1994, cela fait deux décennies que cet ancien d’Assas et de Sciences Po évolue dans le secteur du tourisme. Assistant aux profondes mutations traversées par le Cambodge, celui qui se définit comme un « optimiste par nature » juge que ce petit pays aux immenses trésors ne demande qu’à prendre son essor.

Comment le secteur du tourisme, au Cambodge en général, et à Siem Reap en particulier, a-t-il traversé la période du Covid ?

Le bilan laissé par la pandémie est sévère. La communauté française de Siem Reap, dont la plupart des activités économiques dépendaient du tourisme, a payé un lourd tribut. Les deux tiers des entrepreneurs français se sont résolus à fermer leur affaire et nombre d’entre eux sont allés à Phnom Penh, qui a été un peu moins impactée par la crise. Quand ils ne sont pas tout bonnement repartis en France.

Cela a modifié le paysage économique du pays dans de nombreux secteurs, et pas seulement celui du tourisme. Ce qui ne veut pas dire non plus que tous les business ont été sinistrés, loin de là : il y avait une place pour le tourisme local, qui a connu une progression significative.

Et beaucoup d’affaires ont été soit créées, soit reprises par des Cambodgiens, ce qui constitue la principale transformation du secteur. Le mouvement fait écho à ce qui s’est passé dans les temples d’Angkor : un nombre de visiteurs étrangers en chute libre, plus ou moins compensé par une hausse remarquable des visiteurs locaux. Il est tout aussi notable de remarquer le talent dont ont fait preuve les investisseurs cambodgiens : la plupart des projets qui ont vu le jour au cours de ces années pour le moins compliquées ont été réalisés avec un professionnalisme qui force le respect.

Selon vous, quand est-ce que le secteur du tourisme retrouvera son niveau d’avant-crise ? Cette dernière a-t-elle révélé certaines faiblesses structurelles ?

Avant 2020, le nombre annuel moyen de visiteurs atteignait les 6 millions, dont un tiers de Chinois. Les voyageurs occidentaux, tous pays confondus, ne représentaient qu’un sixième des touristes. Cette année, malgré la réouverture des frontières et la levée des restrictions sanitaires, le nombre de visiteurs ne devrait pas dépasser les 10 ou 20 % de ce chiffre, et j’estime qu’il faudra attendre 4 ou 5 ans pour revenir au niveau d’avant Covid.

Pourtant, le Cambodge est une destination merveilleuse, qui devrait être en mesure de séduire beaucoup plus de monde que cela. Malheureusement, le pays est encore trop souvent considéré comme une destination bonus, une parenthèse de quelques jours effectuée lors d’un voyage plus long en Thaïlande ou au Vietnam.

Il n’y a qu’à voir la durée moyenne des séjours pour se rendre compte de ce profond déséquilibre : 5 jours pour le Cambodge, contre 11 au Vietnam et 13 en Thaïlande…

En somme, on visite les temples d’Angkor et on repart, alors qu’il y a tellement plus à découvrir ! Néanmoins, ces dernières années marquent une inflexion dans la manière de voyager. Les dispositifs de sécurité liés aux attentats, les mesures sanitaires et la pression de plus en plus forte sur le bilan carbone forcent les gens à voyager autrement, tel qu’on pouvait le faire avant le développement du tourisme de masse. Effectuer des séjours plus longs et de meilleure qualité redevient une priorité pour de nombreux voyageurs.

Ce qui ouvre de nouvelles opportunités pour découvrir autrement le Cambodge.

Oui, tout le Cambodge, et pas uniquement les temples d’Angkor. Les professionnels du tourisme se rendent compte qu’il faut développer les destinations à travers le pays, tout en promouvant les séjours durant la « saison des pluies » qui porte d’ailleurs assez mal son nom.

Beaucoup de personnes vivant au Cambodge vous diront que c’est la plus belle des saisons, et qu’il est loin de pleuvoir toute la journée. Tout cela pour vous dire que le tourisme est encore assez mal exploité et que ce domaine est encore riche de perspectives.

Il ne faut cependant pas oublier que, dès qu’une crise éclate, qu’elle soit sanitaire, sociale ou diplomatique, c’est souvent le tourisme qui trinque en premier. C’est pour cela que le pays tente de diversifier ses activités économiques, ce qui ouvre la voie à une multitude de nouveaux investissements.

Quels seraient les principaux secteurs à investir ?

Je pense que la France possède un grand nombre de savoir-faire qui ne demandent qu’à s’épanouir ici. Dans l’agroalimentaire par exemple, ou les produits transformés. Sans compter les métiers liés à un tourisme qui ne demande qu’à se développer vers des facettes qui n’ont pas encore été pleinement explorées, comme l’écotourisme ou la découverte de l’artisanat.

L’hôtellerie-restauration est aussi un créneau porteur, à condition de proposer quelque chose d’original afin de se distinguer dans un secteur assez concurrentiel. Quoi qu’il en soit, le Cambodge demeure un pays dans lequel il est facile d’investir ou de créer une entreprise, et de nouvelles lois viennent encore simplifier les démarches.

Diversification des lieux touristiques pour faire découvrir autre chose qu’Angkor Vat, diversification des industries, essor économique, simplicité des démarches, retours sur investissements rapides… Autant de paramètres qui ouvrent de grandes opportunités. Tous ces aspects seront bien entendu développés en détail au cours du Forum d’Affaires. Une chose doit rester à l’esprit : le Cambodge est un pays qui regorge de trésors, qu’ils soient bien visibles comme les temples d’Angkor, ou cachés au fin fond des campagnes les plus reculées. Je me suis récemment amusé à recueillir toutes les impressions laissées par les voyageurs étrangers découvrant le Cambodge, depuis le diplomate chinois Tcheou Ta-kouan jusqu’aux écrivains contemporains. Tous ont décrit, avec leurs mots, la magie d’un pays qui ne laisse personne insensible. Et il n’y a aucune raison pour que cesse cet enchantement, bien au contraire : il ne fait que commencer.

 

Le Forum d’Affaires France-Cambodge est organisé par les Conseillers du Commerce extérieur de la France au Cambodge (CCEF) et la Chambre de Commerce et d’Industrie France Cambodge (CCIFC).

Les rencontres, tables rondes et conférences se dérouleront à Phnom Penh les 9 et 10 juin 2022.

Programme complet et inscriptions sur le site internet : https://sites.google.com/ccifcambodge.org/fafc/accueil

Merci pour votre envoi !

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