top of page
Ancre 1

EuroCham et CDC : Une alliance stratégique pour révolutionner la logistique au port de Sihanoukville

EuroCham Cambodia et le Conseil pour le Développement du Cambodge (CDC) se sont rencontrés le 16 janvier 2026 pour une réunion axée sur l’optimisation des opérations au Port Autonome de Sihanoukville (PAS).

Présidée par Son Excellence Sun Chanthol, vice-Premier ministre et premier vice-président du CDC, et menée par Tassilo Brinzer, vice-président d’EuroCham, cette rencontre anticipe une saturation imminente du seul port en eau profonde du Cambodge, avec des volumes de conteneurs flirtant les 1,5 million d’EVP en 2026
Présidée par Son Excellence Sun Chanthol, vice-Premier ministre et premier vice-président du CDC, et menée par Tassilo Brinzer, vice-président d’EuroCham, cette rencontre anticipe une saturation imminente du seul port en eau profonde du Cambodge, avec des volumes de conteneurs flirtant les 1,5 million d’EVP en 2026

Enjeux critiques du PAS dans l’économie cambodgienne

Le PAS traite près de 70% des flux conteneurisés du Royaume, une part vitale pour un pays dont les exportations ont bondi de 12% en 2025, portées par le textile, l’électronique et l’agroalimentaire. En 2025, cette dynamique s’est confirmée, malgré des goulots d’étranglement routiers récurrents en fin de semaine, qui freinent la fluidité des chaînes d’approvisionnement.

Ces performances masquent des vulnérabilités structurelles : congestion aux portes d’entrée, dépendance excessive au transport routier (85% des conteneurs) et pics de trafic liés aux rotations hebdomadaires des navires porte-conteneurs.

Dans un contexte régional dominé par les géants comme Singapour ou Shanghai, le PAS doit accélérer sa modernisation pour soutenir l’objectif cambodgien d’atteindre 20 milliards USD d’exportations d’ici 2028.

Propositions concrètes du secteur privé

Le Comité Transport & Logistique d’EuroCham, piloté par Kaushal Rohilla (DG de CMA CGM Cambodia), a livré un cahier de recommandations structuré autour de quatre piliers.

D’abord, l’intégration des plateformes numériques : harmonisation des systèmes EDI (Electronic Data Interchange) entre PAS, douanes et opérateurs privés pour réduire les temps de traitement de 48 à 12 heures. Ensuite, l’amélioration infrastructurelle : élargissement des accès routiers et intelligence artificielle pour gérer les flux aux gates, inspirée des modèles de Rotterdam.​

Troisièmement, le ferroviaire : révision des tarifs pour rendre le rail compétitif face au camionnage, avec un objectif de 20% de report modal d’ici 2028, appuyé par la ligne Phnom Penh-Sihanoukville rénovée.

Enfin, l’équilibrage des flux : incitations fiscales pour décongestionner les fins de semaine, via des rabais sur les frais de manutention en semaine.

Ces mesures s’alignent sur la stratégie nationale « Logistics Master Plan » du gouvernement, visant un indice LPI (Logistics Performance Index) de 3,0 d’ici 2030.

Perspectives d’expansion : vers un hub régional

À l’horizon 2027, le PAS lancera ses terminaux NCT2 et NCT3, financés par des prêts JICA (Agence japonaise de coopération internationale), portant la capacité à 1,45 million EVP/an.

Ces infrastructures accueilleront 93% de la flotte asiatique, avec des lignes directes vers l’Europe et les USA, réduisant la dépendance aux transbordements via Laem Chabang (Thaïlande). La Special Economic Zone (SPSEZ) adjacent, avec 112 ha et 45 usines, amplifie cet élan, générant déjà 1,2 milliard USD d’IDE en 2025.

Malgré ces avancées, le défi persiste : l’indice LPI du Cambodge stagne à 2,4/5 (Banque mondiale 2022), plombé par des douanes papier et une traçabilité perfectible. EuroCham plaide pour une digitalisation accélérée, comme le système Single Window déjà en test, et des formations via OCDI (Japan) pour les opérateurs portuaires.

Implications macroéconomiques et régionale

Cette alliance public-privé positionne le Cambodge comme pivot logistique en Asie du Sud-Est, face à une croissance du fret régional prévue à +5,7%/an jusqu’en 2030 (OMC). Pour les investisseurs européens, cela signifie des coûts logistiques rognés de 15-20%, boostant la compétitivité des exportations vers l’UE via l’accord EBA tout en atténuant les risques géopolitiques (Mer de Chine).

Tassilo Brinzer insiste : « La logistique express progresse, mais les volumes massifs exigent une refonte systémique. »​

Sun Chanthol a salué cet engagement, promettant un suivi trimestriel et l’intégration des propositions dans le Plan National de Développement 2026-2030. À l’heure où le président Trump pousse un agenda « America First » impactant les chaînes d’approvisionnement mondiales, le PAS émerge comme une alternative solide pour l’Asie-Pacifique.

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
  • Télégramme
  • Youtube
  • Instagram
  • Facebook Social Icône
  • X
  • LinkedIn Social Icône
bottom of page