Du Cambodge à l’Assemblée des Français de l’étranger : une nouvelle manière de représenter les Français en Asie-Océanie
- La Rédaction
- il y a 8 heures
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Élu en quelques semaines conseiller des Français du Cambodge puis membre de l'Assemblée des Français de l'étranger, Matthias Vazquez défend une approche fondée sur le collectif, l’échange citoyen et le terrain. Après un premier mois de mandat particulièrement dense, il revient sur la méthode qui a conduit à son élection, ses premières actions et déplacements, et sa vision de la représentation des Français établis au Cambodge et, plus largement, en Asie-Océanie.

Vous venez d'être élu à l'Assemblée des Français de l'étranger et vous rentrez d'une première série de déplacements en Asie. Quel regard portez-vous sur ces premières semaines ?
Elles ont été particulièrement intenses. Mon élection à l'Assemblée des Français de l'étranger, comme mon mandat de conseiller des Français du Cambodge, représente avant tout une marque de confiance dont je mesure pleinement la responsabilité.
J'ai eu l’honneur de conduire une liste indépendante et transpartisane à l'échelle de l'Asie-Océanie, en réunissant des élus d'horizons différents autour d'une même façon de travailler : le dialogue, le travail collectif et la complémentarité. J'ai très vite souhaité aller à la rencontre de plusieurs collègues de la région, car on ne représente bien une région aussi vaste qu'en allant à la rencontre de celles et ceux qui y vivent.
À Hong Kong, j'ai assisté au scrutin au consulat avant d'échanger avec Émilie Tran-Sautedé, élue de longue date sur place, sur les enjeux communs de notre circonscription. Puis à Pékin, avec Françoise Onillon, élue à l'AFE à mes côtés, nous avons immédiatement travaillé sur un premier dossier concret : accompagner une personne âgée souhaitant rentrer en France et trouver une solution d'hébergement adaptée. Cette situation illustre un enjeu qui prend une importance croissante : le vieillissement de notre communauté à l'étranger, d’ailleurs évoqué lors de notre premier conseil consulaire.
Ces déplacements m'ont conforté dans une conviction simple : un mandat ne se résume pas aux réunions ou aux textes. Il s'exerce d'abord au contact des personnes. Derrière chaque dossier se trouvent des parcours de vie, parfois des situations de fragilité. C'est cette dimension humaine qui donne tout son sens à mon engagement.
En quelques semaines, vous êtes devenu conseiller des Français du Cambodge puis membre de l’Assemblée des Français de l’étranger. Ce parcours particulièrement rapide vous surprend-il ?
Ce qui me marque le plus dans cette séquence, c'est la confiance qui a été accordée à notre équipe et à une démarche que nous avons construite durant plusieurs mois. Rien n’était écrit d’avance, et c’est sans doute ce qui la rend encore plus précieuse. Bien sûr, le rythme a été particulièrement rapide, mais il est aussi le résultat d'un travail de fond engagé avec le Relais des Français du Cambodge.
Dès le départ, nous avons voulu construire une démarche différente. Nous avons réuni une équipe indépendante, aux profils complémentaires, renouvelée et ancrée dans la communauté française et franco-khmère. Nous n'avons pas commencé par écrire un programme. Nous avons commencé par écouter et poser des questions. Cette consultation citoyenne a permis de faire émerger des priorités concrètes, qui sont ensuite devenues le socle de notre projet.
Je crois que cette méthode a trouvé un écho, aussi bien ici qu’à l’échelle régionale. Beaucoup de nos compatriotes aspiraient à une manière plus ouverte, plus collective et plus transparente de faire vivre la représentation des Français du Cambodge. Nous avons proposé un renouvellement des pratiques davantage qu'un simple renouvellement des personnes.
Mon parcours au sein d'institutions françaises, européennes et internationales m'a appris qu'une politique publique n'a de valeur que si elle répond à des besoins concrets. C'est cette exigence qui guide aujourd'hui mon engagement : rester fidèle à cette méthode et transformer la confiance qui nous a été accordée en résultats utiles pour nos concitoyens.
Concrètement, qu’est-ce que cette élection change pour les Français du Cambodge ?
Cette élection renforce avant tout notre capacité à défendre les préoccupations des Français du Cambodge au niveau national. Le conseil consulaire demeure l'échelon de proximité, celui où sont traitées les situations du quotidien. L'Assemblée des Français de l'étranger permet, elle, de porter ces réalités auprès du Gouvernement, du Parlement et des administrations centrales.
Concrètement, les difficultés rencontrées par nos compatriotes pourront être relayées plus directement, tout en étant mises en perspective avec celles des autres pays d'Asie-Océanie. Les premiers échanges avec mes collègues montrent d'ailleurs que nous partageons souvent les mêmes enjeux : l'accès aux services consulaires, la protection sociale, l'enseignement du français, l'accompagnement des personnes les plus fragiles ou encore le développement de nos communautés.
Cette double responsabilité est une opportunité. Elle permet non seulement de mieux défendre les préoccupations des Français du Cambodge, mais aussi de s'inspirer des solutions mises en œuvre ailleurs lorsque cela peut être utile. C'est cette circulation des expériences qui peut faire progresser nos réponses, au bénéfice de tous.

Après ce premier mois particulièrement dense, quelles seront vos priorités pour les prochains mois ?
Depuis mon élection, nous avons accompagné de nombreuses personnes et déjà résolu plusieurs dossiers, qu'il s'agisse de démarches administratives, de situations sociales ou familiales, de projets citoyens, ou encore d’échanges avec la ministre chargée des Français de l'étranger et de la tenue du premier conseil consulaire.
J'ai également souhaité aller à la rencontre des acteurs qui font vivre notre communauté : des entreprises, comme MC&Co Prévention, des institutions telles que l'Institut Pasteur, des associations engagées comme Pour un Sourire d'Enfant, mais aussi des Français installés à Siem Reap et à Battambang. Ces échanges sont essentiels pour comprendre les réalités de terrain et nourrir notre action.
Les prochains mois seront marqués par plusieurs rendez-vous importants, notamment les élections sénatoriales en septembre, la première session de l'Assemblée des Français de l'étranger en octobre et le Sommet de la Francophonie en novembre.
Au-delà de ce calendrier, ma priorité restera la même : être disponible, suivre les dossiers avec sérieux et faire en sorte que chaque Français qui nous sollicite trouve un interlocuteur et des réponses adaptées. Notre engagement était de rapprocher les citoyens de nos institutions. Mon rôle est désormais d'y faire entrer leurs réalités.



