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Diaspora & Australie : DJ JADE FOX, « mettre en avant mon héritage khmer »

Chers lecteurs, pour la première fois dans ma série de portraits pour Cambodge Mag, nous nous rendons en Australie, et ce pour vous faire découvrir la DJ JADE FOX.

DJ JADE FOX, photo fournie
DJ JADE FOX, photo fournie

Née à Melbourne, de père britannique et de mère khmère, JADE est devenue aujourd’hui un élément incontournable de la scène musicale australienne. DJ, performer et productrice, on la retrouve aux platines de lieux mythiques comme le REVOLVER UPSTAIRS, mais également dans la plupart des clubs un peu partout en Australie.

Tu es australienne, mais tu revendiques fièrement tes origines khmères. Comment cette culture a été présente dans ton éducation ?

J’en suis extrêmement fière. Et il est vrai que je mets toujours en avant mon héritage khmer alors que celui n’était guère présent durant mon enfance. Ma mère ne m’a pas enseigné la langue. Je l’ai apprise à l’âge adulte avec une enseignante nommée Linda. À l’école notamment, nous n’étions que trois Asiatiques.

Parle-nous un peu de ta famille et comment elle est arrivée en Australie ?

Ma mère réfugiée des Khmers rouges arriva en Australie à l’âge de 16 ans, accompagnant d’autres Cambodgiens (la majorité de sa famille ayant été malheureusement exterminée durant cette période tragique).

Avec sa maman. Photo fournie
Avec sa maman. Photo fournie

Comment positionnes-tu la communauté khmère sur ce continent ?

Elle demeure peu présente sur Melbourne, mais je me sens chanceuse en ayant pu en retrouver une en ligne. Retrouver de la sorte des personnes aux expériences et passes similaires s’avère d’ailleurs une aventure incroyable à mes yeux. Cette démarche m’a faire définitivement sentir moins seule.

Les sakyant font partie intégrante de ta personnalité. Quel a été ton premier tatouage et pourquoi ce choix ?

Ils sont extrêmement importants à mes yeux, car ils représentent notre culture, me procurent de la force et me font sentir encore plus connectée à la communauté. Je fis mon premier au Cambodge… Et je continue depuis.

DJ JADE FOX, photo fournie
DJ JADE FOX, photo fournie

Quels sont les points forts de notre culture que tu aimes partager ?

Je constate que là où je suis, peu de gens connaissent le Cambodge, ni même où cela se situe. Il me plaît de leur transmettre ce que j’en sais.

Rentres-tu souvent au pays ?

Aussi souvent que je le peux

Qu’est-ce qui te touche le plus lorsque tu vas au Srok khmer ?

La résilience et le sourire, malgré toutes les épreuves que notre peuple a traversées ; rencontrer des gens qui n’ont rien ou peu et paraissent heureux ; me rappeler chaque fois ma chance d’avoir grandi dans un environnement confortable.

Au Srok. Photo fournie
Au Srok. Photo fournie

Y a -t-il des causes au pays qui te tiennent à cœur ou des projets que tu aimerais réaliser au Cambodge ?

Oui, définitivement. Une amie basée sur Siem Reap a mis en place une ONG (REACH) destinée à l’éducation, et que je soutiens inconditionnellement.

Au sujet de ton travail : comment t’est venue ta vocation de DJ ?

Le fruit du hasard suite au Covid. La volonté de partager du fun et ma passion pour ma musique.

Aux platines. Photo fournie
Aux platines. Photo fournie

Depuis combien de temps l’exerces-tu ?

Depuis 2019

Est-ce plus difficile pour une femme d’évoluer dans ce milieu ?

Oui, car nous sommes extrêmement peu et nous sommes sévèrement jugées et devons sans cesse prouver plus. Mais je garde de très bons souvenirs de mes débuts.

Y a -t-il beaucoup d’Asiatiques et beaucoup de Cambodgiens dans l’industrie musicale australienne ?

Hélas non (que ce soit asiatique ou de couleurs en général) et j’attends avec impatience le moment où tout ceci changera. L’Australie reste un pays à dominance blanche, c’est un fait.

Lorsque tu es sur scène, mets-tu parfois en avant ton identité khmère ?

Peu pour le moment, mais j’espère pouvoir avoir l’occasion de le faire dans le futur, notamment en introduisant des sons khmers dans mes créations ou mes mix.

Quels sont tes projets professionnels ?

Je me concentre sur deux voies distinctes : Évidemment évoluer au maximum en tant que DJ et aussi me spécialiser en nutrition, un domaine qui m’a interpellée lors de ma première visite au Srok, face aux problématiques liées à tout ceci.

Enfin, des conseils à donner sur ton métier ?

Si vous aimez la musique : foncez !

Propos recueillis par Chantha R ( Françoise Framboise )

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