top of page
Ancre 1

De la prescription au libre accès : pourquoi le Cambodge doit clarifier les règles sur les médicaments en vente libre

L'automédication, ce réflexe quotidien pour soulager un mal de tête ou une allergie, est devenue une habitude mondiale. Partout, les médicaments dits « en vente libre » (OTC pour over-the-counter) offrent une solution rapide et économique, sans passer par un médecin.

De la prescription au libre accès : pourquoi le Cambodge doit clarifier les règles sur les médicaments en vente libre

Paracétamol, ibuprofène ou antihistaminiques : ces stars des pharmacies ont toutes un jour requis une ordonnance. Aujourd'hui, un vent de changement souffle sur le Cambodge, où l'EuroCham plaide pour des règles claires afin de transférer certains médicaments sur ordonnance vers le comptoir des pharmacies.

Une tendance mondiale qui peine à s'installer au Royaume

Dans les pays développés, la réclassification de médicaments – de prescription à OTC – est courante. Elle repose sur un principe simple : si un produit est sûr, efficace et bien compris des patients, pourquoi exiger une consultation ?

Les autorités évaluent les risques, les bénéfices et l'historique d'utilisation sans supervision médicale. Résultat : plus d'accès, moins de coûts, et un allègement des systèmes de santé surchargés.

Au Cambodge, l'incertitude règne. "Il n'y a pas de procédure formalisée", pointe l'EuroCham dans son White Book 2024 (Recommandation n°42). Sans critères précis, les patients gaspillent temps et argent chez le médecin pour des maux mineurs. Pire, face à l'absence d'options OTC adaptées, certains se tournent vers des médicaments sur ordonnance obtenus illégalement. Risque accru de surdosage ou d'effets secondaires, car ces produits manquent souvent d'instructions claires, contrairement aux OTC mieux étiquetés et dosés pour l'usage personnel.

Les enjeux pour la santé publique et l'économie

Imaginez : un rhume banal qui engorge les urgences, privant les malades graves de soins essentiels. C'est la réalité cambodgienne actuelle. Élargir l'offre OTC soulagerait le système de santé, tout en favorisant l'autonomie des citoyens. Les OTC sont perçus comme plus sûrs – dosages adaptés, emballages explicites – et tout aussi efficaces pour les petits bobos.

L'EuroCham s'inspire des normes ASEAN (ACTR), un guide régional qui évalue l'impact sur la santé publique, les professionnels et les patients. Aligné sur ces standards, le Cambodge pourrait sécuriser l'accès tout en maintenant des contrôles rigoureux : évaluation « evidence-based », données impartiales du secteur pharmaceutique, et revues continues de sécurité.

Une première avancée en mars 2025

Le 12 mars 2025, le ministère de la Santé a dévoilé un projet de loi révisée sur les produits pharmaceutiques. Bonne nouvelle : il classe les médicaments en sous-catégories, dont les non-prescriptionnels et ceux délivrés par un pharmacien sans ordonnance.

Un pas vers la clarté, salué par l'industrie. Mais l'EuroCham insiste : il faut des critères précis, inspirés de l'ACTR, pour que les entreprises puissent proposer des transferts en toute sécurité.

En adoptant ces règles, le Cambodge rejoindrait la tendance mondiale, boostant l'économie (moins de consultations inutiles) et la santé publique (plus de responsabilité individuelle). Reste à veiller : seule l'automedication appropriée doit franchir le cap, sous stricte surveillance du ministère.

Le dialogue avec le gouvernement royal se poursuit. Pour les Cambodgiens, c'est une opportunité de soigner mieux, plus vite et à moindre coût.

Source : EuroCham

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
  • Télégramme
  • Youtube
  • Instagram
  • Facebook Social Icône
  • X
  • LinkedIn Social Icône
bottom of page