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Culture & Arts : Dina Chhan expose le village khmer au Rosewood Phnom Penh

Du 29 août au 30 septembre, la galerie du Rosewood Phnom Penh présente « Roots of the Village », une exposition de peintures et de céramiques de Dina Chhan consacrée à la vie rurale cambodgienne.

Oiseau aquatique glissant sur des eaux bleues tourbillonnantes, huile sur toile de Dina Chhan
Oiseau aquatique glissant sur des eaux bleues tourbillonnantes, huile sur toile de Dina Chhan

Le titre dit tout, ou presque. « Roots of the Village », les racines du village. Dina Chhan a réuni pour l'occasion des huiles et des acryliques, ainsi qu'une série de céramiques montées sur des morceaux de bois de manguier récupérés localement. On y croise des marchés, des bateaux de pêche sur le Tonlé Sap, des paysans dans les rizières, des buffles, des poissons, des oiseaux. Rien de spectaculaire dans les sujets, et c'est bien le propos : montrer ce qui fait tenir le pays depuis toujours, loin des tours de la capitale, alors même que l'exposition se tient dans l'une d'elles.

Vingt ans de pratique

Dina Chhan n'est pas une inconnue à Phnom Penh. Née dans la capitale en 1984, elle a grandi en partie dans un camp de réfugiés du côté de Poipet, avant de revenir en ville et de se former, notamment à l'International School of Phnom Penh, où elle a ensuite enseigné le dessin aux enfants. Elle a aussi donné des cours dans plusieurs orphelinats.

Son travail a d'abord tourné autour de la faune et de la flore, oiseaux et poissons en tête, avec des couleurs très franches. Elle a été la seule artiste cambodgienne à participer à un programme des Nations unies sur les mines antipersonnel, qui l'a emmenée dans les provinces les plus touchées du nord-ouest. En 2015, elle a reçu le CLMTV Contemporary Art Award à l'université Mahasarakham, en Thaïlande, et l'année suivante Cambodian Living Arts l'a retenue dans son programme de Fellows. Elle a exposé depuis en Australie, en Colombie, en France, aux États-Unis, en Chine, à Singapour, en Thaïlande et au Vietnam. En 2021, le Sofitel Phnom Penh Phokeethra avait accueilli « Fly No Fear », une série sur les habitats naturels menacés. Elle a ouvert sa propre galerie en 2022.

Peindre à l'envers

Ceux qui ont vu Dina Chhan travailler savent qu'elle ne peint pas comme tout le monde. Elle retourne régulièrement sa toile, la fait pivoter, refuse les lignes droites. Elle explique qu'elle ne veut pas savoir à quoi ressemblera le tableau avant qu'il soit fini. Ce qui compte pour elle, c'est le sens : un tableau avec une idée forte derrière tiendra debout même si la technique n'est pas parfaite.

Elle a longtemps entendu autour d'elle qu'il n'y avait pas d'avenir dans l'art, pas de marché, pas d'argent. Elle a fait d'autres métiers pendant des années et dessinait le soir, sur sa véranda. Beaucoup de ses toiles représentent des femmes cambodgiennes, la tête un peu baissée, sans larmes ni pathos. Ce regard baissé est devenu une de ses marques de fabrique.

Visage de femme de profil émergeant d'une matière bleue et texturée, œuvre de Dina Chhan
Visage de femme de profil émergeant d'une matière bleue et texturée, œuvre de Dina Chhan

Et après

L'exposition ouvre une saison chargée pour la galerie du Rosewood, qui semble vouloir donner de la place aux artistes cambodgiens. Chim Sothy prendra le relais en octobre et novembre avec « Heritage ». De décembre à février, « Trilogy » réunira Din, Ponleu et Linda Schroeter, sous le commissariat de Tribe Art Gallery. Nadal et Eric Raisin suivront au printemps 2027, puis Li Ming Hang avec « Khmer Everyday Life » à partir de juin.

Pratique

« Roots of the Village », Dina Chhan

Jusqu'au 30 septembre 2026

Art Gallery, Rosewood Phnom Penh, Vattanac Capital Tower, 66 boulevard Monivong

Tél. : +855 23 936 888

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