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Coopération militaire franco-khmère : 80 ans de partenariat au service de la paix

Les Forces armées royales khmères saluent le soutien indéfectible de Paris en matière de formation militaire, dans un contexte de montée en puissance stratégique du Cambodge sur la scène internationale.

De gauche à droite ; le général de brigade Arnaud Brunat, conseiller militaire auprès des autorités cambodgiennes et le général de corps d'armée Sem Ratana, directeur général par intérim du Centre national pour les forces de maintien de la paix, le déminage et l'élimination des engins explosifs
De gauche à droite ; le général de brigade Arnaud Brunat, conseiller militaire auprès des autorités cambodgiennes et le général de corps d'armée Sem Ratana, directeur général par intérim du Centre national pour les forces de maintien de la paix, le déminage et l'élimination des engins explosifs

Le général de corps d'armée Sem Ratana, directeur général par intérim du Centre national pour les forces de maintien de la paix, le déminage et l'élimination des engins explosifs (NPMEC), a exprimé lundi matin sa profonde gratitude envers la France pour son soutien continu à la formation des personnels des Forces armées royales khmères (FARK), tant sur le sol cambodgien qu'en territoire français. La rencontre s'est tenue à Phnom Penh en présence d'une délégation militaire française conduite par le général de brigade Arnaud Brunat, conseiller militaire auprès des autorités cambodgiennes.

Un bilan éloquent : 94 formations en dix-sept ans

De 2009 à avril 2026, la France a dispensé un total de 94 formations aux personnels militaires cambodgiens : 73 sessions organisées sur le sol khmer au bénéfice de 2 003 stagiaires, et 16 formations conduites en France auxquelles ont participé 16 militaires cambodgiens. Ces chiffres illustrent l'ampleur d'un programme qui couvre des domaines aussi variés que le déminage, la neutralisation des engins explosifs improvisés (C-IED), la formation des officiers d'état-major, les opérations GPS, les secours d'urgence, la police militaire, le transport d'explosifs, la formation linguistique en français, ainsi que les compétences techniques en munitions et la formation aux écoles de guerre.

Pour le général Sem Ratana, ces acquis revêtent une importance capitale dans la perspective des engagements cambodgiens au sein des missions de maintien de la paix de l'Organisation des Nations Unies. Il a formellement sollicité la poursuite et l'élargissement de ces programmes, soulignant leur rôle structurant pour la professionnalisation des FARK.

Le général Brunat, de son côté, s'est déclaré satisfait de la dynamique bilatérale en cours, relevant que ces initiatives de formation ont sensiblement renforcé l'expertise technique et l'aptitude opérationnelle des soldats khmers, et contribuent directement à l'efficacité du Cambodge dans le cadre onusien.

Quatre-vingts ans d'une relation forgée dans l'histoire

Cette rencontre s'inscrit dans une perspective historique de longue durée. En 2026, le partenariat militaire franco-cambodgien célèbre son 80e anniversaire, une relation nouée dès le 1er janvier 1946 dans le sillage de la Seconde Guerre mondiale. Neuf Missions françaises d'instruction militaire (MFIM) avaient alors été créées pour former les premières unités cambodgiennes, posant les fondements d'une armée nationale embryonnaire.

Après les décennies sombres du Khmer rouge et de la guerre civile, la France est réapparue en 1991 comme co-présidente des Accords de paix de Paris, participant à la réconciliation nationale. Dans le cadre de la mission APRONUC (1992–1993), Paris a déployé 15 000 des 150 000 casques bleus de l'ONU — la contribution la plus importante d'un pays européen — pour démobiliser les factions armées et superviser les élections. Depuis lors, la coopération n'a cessé de se renforcer.

Aujourd'hui, le Cambodge déploie environ 800 casques bleus annuellement en Afrique francophone — notamment en République centrafricaine et au Mali —, ainsi qu'au Liban et en Syrie, et s'est forgé une réputation d'excellence dans le domaine du déminage et de la logistique.

Vers un partenariat stratégique

La coopération militaire s'inscrit dans un projet diplomatique plus large. En octobre 2024, à l'occasion du deuxième round de consultations politiques de haut niveau tenu à Paris, les deux pays ont établi une feuille de route visant à conclure un partenariat stratégique d'ici 2026. Le général Vong Pisen, commandant en chef des FARK, a reconnu le rôle historique de la France comme l'un des fondateurs et co-présidents des Accords de paix de Paris de 1991, et remercié Paris pour son soutien fort au Cambodge en tant que pays hôte du 20e Sommet de la Francophonie en 2026.

Sur le plan de la défense, les deux pays ont exprimé leur souhait commun de renforcer leur coopération à travers davantage d'opportunités de formation, des visites réciproques, des échanges d'informations, et une collaboration commune dans la lutte contre le terrorisme et les crimes transnationaux, sans oublier les missions humanitaires et les opérations de secours en cas de catastrophe.

Un Cambodge en montée en puissance

Ce renforcement bilatéral intervient dans un contexte de modernisation accélérée des forces armées cambodgiennes. Le budget national 2026 du Cambodge dépasse pour la première fois les 10 milliards de dollars, en hausse de 7,8 % par rapport à 2025, avec une attention accrue portée au secteur de la défense. Depuis les années 1990, le Cambodge s'efforce de moderniser ses forces armées tout en maîtrisant les coûts, en investissant sélectivement dans la professionnalisation et en multipliant les partenariats de formation internationaux.

Le Cambodge adopte ainsi une stratégie de « neutralité active », cherchant à professionnaliser ses forces par le biais de standards occidentaux d'interopérabilité tout en diversifiant ses dépendances sécuritaires. La coopération avec la France, nation fondatrice de la Francophonie et partenaire historique du royaume, s'affirme comme l'un des piliers de cette stratégie.

À l'heure où Phnom Penh prépare l'accueil du Sommet de la Francophonie et consolide sa présence sur les théâtres de maintien de la paix internationaux, le partenariat franco-cambodgien dans le domaine militaire apparaît plus que jamais comme un vecteur essentiel de la crédibilité et de l'ambition diplomatique du royaume khmer.

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