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CIFF 360 & Kep : Vinay Bharadwaj : Le cinéma au service de l’art et de l’océan

Avec Beneath the Sea, présenté à Kep dans le cadre du CIIF 360 et d’Art for Kep, le réalisateur Vinay Bharadwaj signe un film à la fois esthétique et engagé, pensé pour célébrer la beauté du littoral tout en alertant sur la fragilité du monde marin.

Vinay Bharadwaj
Vinay Bharadwaj

Présenté au CIIF 360 à Kep, Beneath the Sea a immédiatement donné le ton : celui d’un film sensible, ancré dans la beauté du littoral cambodgien et porté par une vraie réflexion sur la mer, la culture et la préservation. Réalisé spécialement pour Art for Kep, le projet de Vinay Bharadwaj a suscité de bonnes réactions et s’est imposé comme une œuvre à la fois artistique et engagée. « C’était créé pour Art for Kep », explique le cinéaste, en résumant l’esprit du film.

Un parcours hors norme

Vinay Bharadwaj est un créateur au parcours singulier. Né en Inde et installé à Singapour pour ses études supérieures, il a d’abord construit une carrière dans la banque et l’investissement avant de bifurquer vers les médias, puis vers le cinéma. « Je n’ai jamais pensé que j’allais devenir filmmaker », confie-t-il, comme pour rappeler que son chemin vers la réalisation s’est fait par étapes, presque par accident. Mais derrière cette trajectoire inattendue, il y a une constante : le désir de raconter, de transmettre et de donner du sens.

Une vie transformée par l’épreuve

Son engagement s’est renforcé après une épreuve personnelle majeure. La maladie puis la disparition de sa mère l’ont profondément marqué. « Cela a complètement changé ma vie », dit-il. De cette blessure est née une volonté d’agir, notamment à travers la sensibilisation au cancer. Il lance alors une émission en ligne, Let’s Talk with Vinay, avant d’être repéré à Dubaï pour animer un programme télévisé consacré à l’Asie du Sud. « J’ai quitté ma carrière de banquier », raconte-t-il, soulignant le tournant décisif d’une vie désormais tournée vers la création.

Le cinéma comme révélation

Le cinéma, au départ, ne devait pas être sa vocation. « Les films sont devenus un accident », explique-t-il avec simplicité. Pourtant, cette découverte de la réalisation a ouvert un champ immense. Un jour, une marque hospitalière lui demande de réaliser un court métrage.

Au lieu de déléguer l’écriture, il décide de prendre lui-même la plume. « Pourquoi ne pas écrire ? », se dit-il. Ce geste change tout. Depuis, il enchaîne courts métrages, documentaires, films musicaux et projets de fiction.

Une reconnaissance internationale

Avec sa première fiction indienne, Vinay Bharadwaj franchit une étape importante. Le film connaît une belle exploitation en salle, puis touche un public international lorsqu’il est diffusé sur Netflix avec des sous-titres en plusieurs langues. « Quand j’ai vu l’amour qu’il y avait à travers le monde, j’ai compris que j’avais un réalisateur en moi », affirme-t-il. Cette réception conforte son instinct de conteur et confirme son envie d’explorer des récits capables de voyager au-delà des frontières.

Beneath the Sea

La naissance de Beneath the Sea

C’est dans cet esprit qu’est né Beneath the Sea. Le film a été conçu pour Kep, plus précisément pour Art for Kep et pour la vision portée autour de l’Ocean Gallery. Bharadwaj y voit bien plus qu’un simple décor : il perçoit un lieu où l’art peut dialoguer avec la protection de l’environnement. « J’ai packé mes sacs et je suis allé à Kep », dit-il. Sur place, il filme pendant une semaine les paysages, la communauté de pêcheurs et l’atmosphère particulière du littoral.

« Kep est magnifique. La nature est magnifique. L’océan est différent », confie-t-il.

Un message écologique fort

Le film porte un message clair : la préservation de la mer est indissociable de l’avenir des communautés locales. « Il s’agissait de savoir comment sauver la vie maritime de l’océan », explique le réalisateur. À travers son regard, la pêche illégale, la disparition progressive des ressources et la fragilisation des côtes ne sont pas des sujets abstraits, mais des réalités humaines et écologiques urgentes. « Si il n’y a pas de communauté de pêcheurs, les côtes vont mourir », alerte-t-il. Le film devient alors un appel à la responsabilité collective.

L’art comme outil d’impact

Ce qui séduit chez Vinay Bharadwaj, c’est aussi sa manière de penser l’art comme un levier d’impact. Pour lui, créer des œuvres n’a de sens que si elles peuvent toucher, éveiller et relier.

« Vous apportez de l’art à Kep. Vous conservez la vie maritime », résume-t-il.

L’idée d’Art for Kep l’enthousiasme justement parce qu’elle associe la création artistique, la valorisation du territoire et la protection d’un écosystème fragile. « Les artistes du monde entier créent de belles sculptures », dit-il, en imaginant un espace où l’art devient aussi un geste de conservation.

Beneath the Sea

Un tournage intense

Le tournage de Beneath the Sea a été intense, mais mené avec énergie. Le film dure une trentaine de minutes, tournées en dix jours, après environ un mois de préparation et près d’un mois et demi de postproduction. « J’ai été pressé de le terminer », reconnaît-il, afin que l’œuvre soit prête pour le festival. Cette rapidité n’a pas nui à l’émotion du résultat, au contraire : elle donne au film une forme de spontanéité, de sincérité, presque de respiration immédiate.

Des projets à venir

Au-delà de Kep, Vinay Bharadwaj regarde déjà vers la suite. Il évoque des projets entre Singapour, la France et le Cambodge, ainsi qu’une fiction en développement. « France, Cambodge, un film français, anglais, c’est quelque chose sur les cartes », dit-il, laissant entrevoir une nouvelle étape dans son parcours international. Son intérêt pour les collaborations transfrontalières traduit une vision ouverte du cinéma, où les identités se croisent et les récits circulent.

Une œuvre, un lieu, une rencontre

À Kep, Beneath the Sea n’a pas seulement été projeté : il a rencontré un lieu, une communauté et une cause. Et c’est peut-être là que réside la force du travail de Vinay Bharadwaj. « J’espère vraiment que je reviendrai pour filmer quelque chose d’autre », conclut-il. Une phrase simple, mais qui dit beaucoup : l’envie de continuer à regarder le monde, à le raconter, et à le protéger.

Avec Beneath the Sea, présenté à Kep dans le cadre du CIIF 360 et d’Art for Kep, le réalisateur Vinay Bharadwaj signe un film à la fois esthétique et engagé, pensé pour célébrer la beauté du littoral tout en alertant sur la fragilité du monde marin.

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