Christine Gauthier — N°2 de la liste Français au Cambodge – Plus forts ensemble : Trente ans au Cambodge, et toujours autant d'élan
- La Rédaction

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Arrivée en 1996 dans un pays en pleine reconstruction, Christine Gauthier n'est jamais repartie. Entrepreneuse, directrice artistique, militante associative : cette Franco-Québécoise au parcours singulier incarne une certaine idée de l'engagement — discret, constant, ancré dans le quotidien des gens.

Rencontre avec une femme pour qui l'entraide n'est pas un slogan, mais une façon d'être.
Pouvez-vous vous présenter ?
Je m'appelle Christine Gauthier. Je suis née au Québec et j'ai grandi à Paris, où j'ai suivi des études de publicité et d'arts appliqués. J'ai travaillé dans des agences de publicité pendant dix ans. C'est durant cette période que j'ai fondé ma famille et donné naissance à trois garçons franco-cambodgiens.
En 1996, j'ai suivi mon conjoint qui souhaitait rentrer dans son pays d'origine. Pour moi, c'était le début d'une grande aventure. En posant le pied sur le tarmac, je ne le savais pas encore, mais cette terre allait devenir la mienne. Le Cambodge des années 90 n'était pas celui d'aujourd'hui : le contexte politique et économique était bien différent.
De cette époque, je garde des expériences marquantes, des souvenirs précieux, quelques échecs, des senteurs uniques et la découverte d'une nature vierge et luxuriante. J'y ai aussi découvert une grande résilience. Très vite, j'ai ressenti le besoin d'aider ma belle-famille ainsi que mes amis cambodgiens, français et internationaux, car cette démarche est essentielle à mon équilibre personnel. Auprès d'eux, je retrouve l'environnement chaleureux dans lequel j'ai grandi, comme une zone de confort au sein d'un cadre de vie assez mouvementé.
Sur le plan professionnel, j'ai d'abord travaillé pour l'Institut de Technologie du Cambodge (ITC). Ensuite, l'envie d'entreprendre s'est fait ressentir pour mettre en avant ma passion créative. J'ai ainsi ouvert la boutique Waterlily en 2002, située rue 240 à Phnom Penh, et je l'ai dirigée jusqu'en 2019. Cet espace fonctionnait comme un laboratoire créatif et abritait des ateliers de formation destinés aux femmes en difficulté. Bien que je comprenne la langue locale, je ne peux pas dire que je suis parfaitement bilingue. Le système D et l'utilisation de pictogrammes m'ont beaucoup aidée à communiquer avec ces femmes, et nos journées de travail se sont toujours déroulées dans la joie.

Puis, les exigences imprévues d'une propriétaire m'ont obligée à fermer la boutique. Il a fallu se réinventer, se réadapter et rebondir. Une évidence s'est alors imposée à moi : l'idée d'un retour en France n'était pas envisageable. Le Cambodge m'avait définitivement adoptée.
En 2019, j'ai commencé à travailler en tant que directrice artistique dans une société khmère, au sein d'une jeune équipe 100 % cambodgienne. Grâce à cette expérience, j'ai découvert une nouvelle facette de la communauté cambodgienne, différente de celle que je connaissais à travers ma belle-famille. C'est un apprentissage culturel quotidien fait de partages, d'échanges, d'entraide et de soutien.
Chaque jour m'apporte quelque chose de nouveau et j'adore cela. Mon chemin vers le bilinguisme continue de progresser. J'affiche désormais trente ans de vie au Cambodge, mais mon parcours est loin d'être terminé.
Sur le plan associatif, j'ai intégré le conseil d'administration de la Cambodian Women Entrepreneurs Association (CWEA), où j'ai effectué deux mandats entre 2014 et 2019, en tant que membre ordinaire puis cheffe de comité. Cette expérience nous permettait de partager nos parcours, de valoriser nos savoir-faire et de nous battre auprès du gouvernement pour faire entendre notre voix sur les problèmes liés à la gestion d'entreprise. C'est là que j'ai compris que l'entraide se conjugue toujours au pluriel. Plus récemment, en 2026, j'ai rejoint le conseil d'administration de l'association d'utilité publique Français du Monde – ADFE Cambodge, en tant que trésorière.
Quel est le sens de votre candidature sur la liste Français au Cambodge – Plus forts ensemble ?
L'entraide est pour moi une seconde nature. Mon aventure associative s'est naturellement prolongée avec cette liste lorsque Florian Bohême m'a proposé de faire partie de son équipe en 2020.
J'ai rarement vu une personne déployer une telle énergie pour entreprendre, alerter, donner, informer et mettre en place des projets et des actions concrètes afin d'aider nos compatriotes, toutes catégories confondues. J'ai accepté sa proposition avec beaucoup d'enthousiasme. J'ai trouvé ma place au sein de ce collectif et aux côtés de mes colistiers, grâce à la relation de proximité que nous entretenons bénévolement avec la communauté.

Qu'est-ce qui vous a poussée à vous présenter à cette élection ? Quel a été le déclencheur ?
Je me présente pour ce deuxième mandat avec le collectif afin de poursuivre la synergie que l'équipe a su offrir, et va continuer d'offrir, à la communauté française. Nous portons des valeurs qui ont un sens profond pour moi : l'éthique, la transparence et l'entraide.
Pour terminer, j'ai un message simple : mobilisons-nous !
Oui, nous le savons, le vote par Internet a été compliqué cette année. C'est pourquoi il est essentiel de ne pas en rester là. Pensez à faire votre procuration si vous ne pouvez pas vous déplacer, ou venez directement voter à l'urne ce dimanche 31 mai, entre 8h00 et 18h00, à l'Ambassade de France à Phnom Penh. Votre vote influence directement votre quotidien ici.
À très bientôt !







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