Cambodge : Élections des conseillers des Français de l'étranger, Jean Lestienne présente son programme et son engagement
- La Rédaction

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Fort de dix ans de mandat et de dix-huit ans de vie au Cambodge, Jean Lestienne, conseiller des Français de l'étranger sortant, détaille ses priorités pour les Français établis dans le pays.

« Les entrepreneurs sont des bâtisseurs d'avenir. Ils créent des emplois, transmettent des compétences, introduisent des technologies et participent activement à la prospérité de leur pays d'adoption. C'est pourquoi je souhaite les accompagner en priorité.
Tout le monde a droit à l'éducation et à la scolarité. Lorsque des familles n'ont pas les moyens d'y faire face pour des raisons financières, il est de notre devoir de les aider. Investir dans l'éducation, c'est investir dans l'avenir, la dignité et les opportunités de chaque enfant.
La culture est un sujet essentiel. Nous avons la chance d'avoir de nombreux artistes ici au Cambodge. Ils portent l'identité, l'histoire et l'âme du pays à travers leur talent et leur créativité. Soutenir la culture et les artistes, c'est préserver un patrimoine vivant tout en encourageant l'expression, l'innovation et le rayonnement du pays. Nous devons favoriser leur mise en avant en les exposant davantage.
Beaucoup de démarches administratives deviennent difficiles pour les personnes âgées, même lorsqu'elles ne sont pas malades. Le numérique peut être pratique pour certains, mais pour d'autres, il crée de l'isolement, du stress et parfois l'impression d'être abandonnés. Le numérique doit être une aide, pas une obligation exclusive. Les personnes âgées ont encore besoin d'un accueil humain, notamment par téléphone. L'assurance est primordiale : il existe des solutions, qu'elles soient locales ou via la CFE — nous pouvons vous aider à ce sujet.
Fonctionnement du Conseil consulaire
Je peux affirmer que je souhaite mettre en place un programme ambitieux, mais aucun élu ne peut agir seul. Toutes les décisions sont prises au sein de commissions qui se réunissent selon les sujets. Nous sommes généralement trois conseillers, accompagnés des membres du consulat.
Concernant les bourses scolaires, par exemple, une dizaine de personnes participent au vote. Personne ne peut donc revendiquer seul le traitement ou l'obtention d'un dossier. Si un conseiller affirme qu'une bourse ou une demande spécifique a été obtenue uniquement grâce à lui, cela serait faux. D'autant plus que les débats restent confidentiels.
Je dois d'ailleurs reconnaître que, durant mes dix années de mandat, tout s'est toujours très bien passé. Cela démontre que la démocratie fonctionne réellement, puisque lors de la dernière législature, nous avons exercé la présidence à tour de rôle.
Une autre particularité concerne les dossiers de la CFE : nous sommes trois à voter, mais quel que soit le résultat, c'est finalement l'ambassadeur qui prend la décision finale, et son avis reste déterminant, même si nous étions tous opposés à une décision — ce qui n'est jamais arrivé.
Il faut également savoir que tous les dossiers liés aux aides financières sont ensuite réexaminés à Paris. Que ce soit pour les bourses scolaires, le STAFE ou les OLES, c'est bien entendu leur décision qui prévaut.
Mon souhait est clair : je ferai tout pour défendre et faire avancer mes idées. Je souhaite notamment améliorer les relations avec le consulat et l'ambassade, et faciliter les demandes de visas ainsi que la prise de rendez-vous. Je souhaite également la mise en place d'un consul honoraire à Kampot, comme nous en avons un à Siem Reap, qui rend de nombreux services.
J'en profite d'ailleurs pour remercier encore Rika pour son engagement. Enfin, je m'appuie aussi sur nos députés, sénatrices et sénateurs pour tous les sujets devant être traités à un niveau supérieur, notamment à travers des questions écrites reprises au sein des deux chambres.

Un parcours forgé par l'engagement et l'expérience
Je m'appelle Jean Lestienne. Installé au Cambodge depuis dix-huit ans après une carrière menée en grande partie à l'exportation — en Afrique, en Amérique latine et en Europe —, j'ai eu l'opportunité de beaucoup voyager et d'être expatrié à plusieurs reprises, ce qui m'a permis d'acquérir une solide expérience de la vie à l'étranger.
Mon parcours ressemble à celui de beaucoup d'entre vous. Mes parents n'avaient pas les moyens de me payer de hautes études ; j'ai donc commencé à travailler à 16 ans et effectué une carrière de 43 ans. Certains disent que j'ai la chance de toucher une retraite… mais ce n'est pas une question de chance : c'est le fruit du travail.
Souhaitant sortir de ma condition d'ouvrier, j'ai suivi des cours du soir à Jussieu afin d'atteindre un niveau suffisant pour prétendre à un meilleur avenir. Cela m'a permis de construire une vie plus conforme à mes aspirations. Dans le même temps, je me suis engagé dans le syndicalisme, une expérience extrêmement formatrice qui m'a appris la confiance en soi, le sens du compromis, le partage des idées et l'importance de faire évoluer le dialogue social.
J'ai ensuite travaillé comme responsable export pour l'Amérique du Sud et l'Afrique. En fin de carrière, après avoir participé à la gestion d'un plan social concernant 1 500 personnes, j'ai ressenti le besoin de changer de vie, de partir, de déménager. Un ami m'a alors proposé de venir au Cambodge. J'y ai découvert une magnifique région, et j'y ai trouvé le bonheur en épousant une Cambodgienne avec qui j'ai eu un enfant.
Avec trois autres amis, j'ai investi dans un hôtel, ce qui m'a également permis d'acquérir une expérience d'investisseur pendant plusieurs années.
Mais, comme on dit, chassez le naturel, il revient au galop. Je me suis rapidement rendu compte que certains domaines — affaires sociales, assurances, scolarité — manquaient de structures ou de communication pour se développer correctement. Je me suis donc replongé dans la vie associative.
C'est M. Garenne qui m'a invité à participer à l'AEFC, puis M. Darc, devenu président, m'a confié la direction pour Siem Reap pendant dix ans. Par la suite, l'ambassade a fermé l'Institut français de Siem Reap pour des raisons financières, sans réelle considération pour la centaine d'élèves concernés. Trois personnes se sont alors mobilisées contre cette décision : M. Ferry, M. Bohême et moi-même, soutenus par de nombreux citoyens.
Nous avons finalement réussi à ouvrir une Alliance française grâce à un partenaire, « Thalias ». Huit ans plus tard, j'y suis toujours engagé en tant que secrétaire.
Nous avons également dû traverser la période du Covid. Je tiens à remercier le gouvernement cambodgien, qui a su gérer cette crise avec efficacité. Tous les étrangers ont notamment été vaccinés gratuitement, alors même que notre ambassade faisait venir des vaccins français principalement destinés au personnel et à quelques privilégiés.
Je mettrai toutefois un bémol : le consul avait confié aux associations d'utilité publique une enveloppe de 30 000 dollars afin d'aider les personnes en difficulté, aide cumulable avec celle du consulat. Au sein de notre association, nous avions choisi de rembourser le permis de travail de certains entrepreneurs qui s'engageaient à rester au Cambodge. Ces jeunes entrepreneurs créent de l'emploi, transmettent leur savoir-faire et contribuent au rayonnement de notre communauté. »







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