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Cambodge & Solidarité : 57 000 kilomètres pour des enfants, le retour triomphal de Tiv Dararith

Il y a deux ans, il quittait Siem Reap à vélo avec une promesse. Lundi 22 juin, il est rentré.

Le soleil n'était pas encore couché sur Phnom Penh quand Tiv Dararith a posé le pied sur le tarmac de l'aéroport international Techo. Deux ans. Quarante pays. Près de 57 000 kilomètres avalés sur deux roues à travers l'Asie, l'Europe et l'Afrique australe.

Le retour triomphal de Tiv Dararith
Le retour triomphal de Tiv Dararith

L'aventurier cambodgien de 38 ans a tenu sa parole — celle qu'il avait faite, le 6 juin 2024, depuis le parvis de l'Angkor Hospital for Children à Siem Reap, devant les caméras, les soignants et les malades.

« Quand j'ai démarré ce voyage, j'ai promis à tout le monde que, quoi qu'il m'arrive, j'irais jusqu'au bout. » Ce soir-là, face aux journalistes qui se pressaient autour de lui, Dararith avait la voix à peine éraillée par l'émotion. Pas la fatigue — ou du moins, pas seulement.

Une odyssée planétaire

En 2023, il avait déjà levé 56 000 dollars pour l'Angkor Hospital for Children en parcourant 10 000 kilomètres à travers six pays d'Asie du Sud-Est en trois mois. Mais cette fois, l'ambition était d'une autre nature. Son projet : relier Siem Reap à Paris à travers 25 pays, traversant le Laos, la Thaïlande, le Bangladesh, l'Inde, le Pakistan et la Turquie avant d'atteindre l'Europe. L'itinéraire s'est ensuite considérablement étendu.

Depuis l'Europe, il a décidé de rallonger sa route jusqu'en Afrique du Sud — un continent supplémentaire, des milliers de kilomètres de plus — convaincu que pousser ses limites était la meilleure manière de mériter la confiance de ses donateurs. En Namibie, il a été invité à prendre la parole devant des représentants du ministère du Tourisme et des organisations travaillant avec des enfants. Le Cambodge, raconté depuis le désert africain.

La route n'a pas épargné l'homme. Des accidents, des maladies, des nuits à la frontière du possible. « Je suis déjà en train de regretter la route ouverte », a-t-il confié à son arrivée, avec ce sourire légèrement hagard des grands voyageurs qui ne savent plus très bien où finit l'aventure et où commence la vie ordinaire.

220 000 dollars, et il en faut 30 000 de plus

L'objectif de la campagne était clair dès le départ : lever 250 000 dollars de dons pour les hôpitaux pédiatriques cambodgiens, notamment Kantha Bopha et l'Angkor Hospital for Children. À ce jour, la collecte a généré près de 220 000 dollars. Il manque encore 30 000 dollars.

« Nous n'avons plus que 30 000 dollars à trouver, et je crois que nous pouvons y arriver », a-t-il déclaré, appelant le public à franchir avec lui cette dernière ligne droite. Car l'aventure, justement, n'est pas tout à fait terminée.

Un dernier coup de pédale

Dararith prévoit de relier Phnom Penh à Siem Reap à vélo sur trois jours — une ultime étape symbolique pour boucler la campagne de financement. Des événements caritatifs sont également prévus dans les deux hôpitaux partenaires.

Et après ? Un documentaire, intitulé Two Years on a Bike, est en cours de production. Le film devrait être présenté au Festival du film cambodgien en mars 2027. Un livre-témoignage du même nom est également annoncé.

Dararith a répété, inlassablement, que son vrai moteur n'était ni la performance ni la gloire. « Je n'ai jamais cherché à battre un record. Mon objectif, c'était les enfants cambodgiens. » Il y a dans cette phrase quelque chose de désarmant — et de tout à fait crédible, venant d'un homme qui a traversé quarante pays sans autre caméra que la sienne et sans autre équipe que lui-même.

Pour soutenir la campagne : angkorhospital.org

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