Cambodge : Reprise encourageante des croisières touristiques sur le Mékong

CroisiEurope, l’un des plus grands opérateurs de croisières fluviales au monde, a repris ses activités sur le Mékong, et accueille à nouveau les touristes locaux et étrangers pour leur faire découvrir la vie sur le fleuve entre le Cambodge et le Vietnam.

Un navire de CroisiEurope navigue sur le Mékong après une pause de deux ans. Photo fournie
Un navire de CroisiEurope navigue sur le Mékong après une pause de deux ans. Photo fournie

Phan Sopen, un représentant de CroisiEurope, se réjouit que la compagnie ait repris ses croisières sur le Mékong au début du mois de juillet, avec deux navires initialement désignés pour cet itinéraire. Il précise que les deux bateaux sont arrivés à Phnom Penh dans la nuit du 23 juillet et dans la matinée du 24, l’un allant de Hô Chi Minh-Ville au Vietnam à Siem Reap, et l’autre effectuant le chemin inverse. L’accostage à Phnom Penh a permis à près de 90 touristes étrangers — pour la plupart originaires d’Australie et de Nouvelle-Zélande — de visiter les principales attractions de Phnom Penh.

Naidah Yazdani, directeur de CroisiEurope pour l’Asie, explique que le Cambodge est le premier pays à autoriser les touristes entièrement vaccinés à entrer sur son territoire sans subir de tests, ce qui constitue un atout considérable pour le secteur du tourisme. Son entreprise s’est engagée à promouvoir les trésors culturels et naturels du Cambodge et à faire savoir au monde que le Royaume est ouvert aux affaires :

« CroisiEurope est partenaire de nombreux pays, dont les États-Unis, le Royaume-Uni et la France. Nous faisons constamment la promotion de destinations attrayantes, comme notre route du Mékong, qui présente un grand potentiel. Nous ferons de notre mieux pour attirer davantage de visiteurs au Cambodge », dit-il.

Selon M. Yazdani, l’entreprise a connu de grandes difficultés au cours des deux dernières années, avec l’effondrement de la quasi-totalité du tourisme international. Ce n’est que grâce au soutien financier de la société mère en France qu’ils ont pu maintenir leurs navires et conserver une partie du personnel.

Il ajoute qu’au cours de la première année de la pandémie, la compagnie a essayé de garder le plus grand nombre possible de ses employés. Au bout d’un an, elle n’a eu d’autre choix que de laisser partir certains d’entre eux, car elle n’avait aucun moyen de savoir combien de temps la crise allait durer. Sur une note un peu plus positive, le licenciement a permis aux employés de chercher un autre emploi ou de rendre visite à leur famille, ce qui est plutôt difficile lorsqu’on travaille sur un bateau de croisière.

Il rappelle également qu’au plus fort de l’épidémie, plusieurs bateaux ont été bloqués dans les océans et les fleuves du monde.

Un navire de CroisiEurope navigue sur le Mékong après une pause de deux ans. Photo fournie
Un navire de CroisiEurope navigue sur le Mékong. Photo fournie

Quatre des navires de croisière de CroisiEurope ont été bloqués au Vietnam. Malgré l’intervention de l’ambassade de France, ils n’ont pas pu débarquer leurs passagers. Heureusement, lorsque la compagnie a contacté le gouvernement cambodgien, elle a reçu une réponse rapide et les navires de croisière ont été autorisés à retourner dans le Royaume afin que les touristes puissent prendre l’avion pour rentrer dans leur pays.

Coup de pouce cambodgien

Le récent geste du même gouvernement, qui a prolongé de trois mois la période d’exonération fiscale pour le secteur du tourisme, est un autre coup de pouce indispensable à l’industrie, qui aurait besoin de beaucoup de temps pour retrouver son niveau d’avant la pandémie, dit-il, ajoutant :

« Ils font tout ce qu’ils peuvent pour faciliter le retour à une activité touristique complète dès que possible »

Le 15 juillet, le gouvernement cambodgien a publié un communiqué détaillant les mesures de secours supplémentaires destinées à atténuer l’impact de la pandémie et à soutenir la reprise du secteur du tourisme. Trois mesures principales ont été annoncées dont l’exonération de toutes les taxes, sauf la TVA, pour tous les hôtels, pensions et agences de voyage enregistrés auprès du Département général des impôts et qui exercent des activités commerciales à Phnom Penh, Siem Reap ou Sihanoukville pour trois mois supplémentaires, de juillet à septembre. Ces entreprises restent toutefois tenues de remplir des déclarations fiscales et d’utiliser un système électronique de gestion de la TVA pendant cette période.

Deuxièmement, toutes les dettes envers le gouvernement à la fin de 2019 resteront gelées. Les entreprises touristiques bénéficieront d’une exemption de pénalité. Enfin, les entreprises touristiques ont été encouragées à organiser des formations professionnelles pour leurs employés et peuvent demander un soutien financier au Fonds de développement des compétences du gouvernement à cette fin.

Touristes heureux

Noriye Oto, une touriste de Californie, a débarqué à Phnom Penh d’un des navires de croisière de CroisiEurope. Pour elle, la croisière sur le Mékong est sûre et cela permet de découvrir beaucoup de beaux sites naturels. Il est également très intéressant de voir la vie de ceux qui travaillent et vivent le long du fleuve.

Elle précise que la croisière sur un bateau est très relaxante et constitue un excellent moyen d’admirer des paysages différents tout en voyageant :

« Je pense que davantage de touristes devraient visiter le Cambodge. S’ils veulent se détendre, observer les pêcheurs le long de la rivière et s’informer sur le développement de Phnom Penh, la croisière est le moyen idéal. Bien sûr, l’un des points forts est la possibilité de visiter le majestueux Angkor Wat, l’une des merveilles du monde ».

Elle encourage tous les touristes à visiter le Cambodge le long du Mékong et du Tonlé Sap, car le peuple cambodgien est très amical et hospitalier, la nourriture est excellente et le gouvernement a bel et bien déroulé le tapis rouge aux touristes.

Paysage du Mékong. Photographie fournie
Paysage du Mékong. Photographie fournie

Steven Baron, un touriste de Melbourne, dit avoir été fasciné par les paysages le long du Mékong, du Vietnam au Cambodge :

« Je pense que le Vietnam et le Cambodge sont de belles destinations à visiter pour les touristes internationaux. Ils ont tous deux des cultures fascinantes, une nourriture incroyable, et les gens sont très amicaux ».

Potentiel

Le porte-parole du ministère du Tourisme, Top Sopheak, estime que le Mékong a le potentiel pour devenir une attraction majeure pour les visiteurs du Royaume, en particulier depuis que le ministère a mis fin aux exigences compliquées qui étaient en place pendant le pic de la pandémie.

M. Sopheak rappelle que de nombreux services touristiques le long du Mékong ont été suspendus pendant un certain temps en raison du manque de touristes, mais qu’ils reprennent progressivement leurs activités.

Au cours des six premiers mois de 2022, plus de 500 000 touristes internationaux ont visité le Cambodge, soit une augmentation de plus de 300 % par rapport à la même période en 2021. En 2022, il estime que le Cambodge recevra entre 800 000 et un million de touristes internationaux, même si une certaine incertitude demeure.

Redressement

Bien que le Cambodge ait rouvert ses portes en novembre dernier, le tourisme international dans le monde reste largement inactif. Toutefois, selon M. Sopheak, le tourisme intérieur est largement revenu à la normale, avec entre 250 000 et 300 000 visiteurs par weekend :

« Le redressement de l’industrie du tourisme sera progressif. Si le secteur ne subit pas d’autres chocs à l’échelle mondiale, nous pourrions retrouver les niveaux de 2019 d’ici 2025. Bien sûr, cela peut être 2027, car personne ne peut prédire les développements internationaux en période d’incertitude. »

Découverte

Van Kunthul, un guide touristique local, confie que bien que la croisière prenne plusieurs jours pour serpenter d’une section du Mékong à l’autre, les passagers ne s’ennuient pas.

La compagnie organise différents programmes pour les touristes dans chacun de ses ports d’escale. À Phnom Penh, par exemple, les visiteurs peuvent se rendre dans des zones culturelles et historiques. En outre, ils visitent différents villages le long du fleuve, apprenant des choses différentes dans chacun d’eux.

« En parcourant le fleuve de cette manière, ils découvrent la réalité de la vie du peuple cambodgien qui vit de manière naturelle, en pêchant et en cultivant le long du Mékong. », dit-il, notant aussi que :

« La plupart des passagers du bateau de croisière venaient de pays tels que les États-Unis, la France, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande, alors qu’il y avait très peu de croisiéristes asiatiques ».

Orm Bunthoeurn avec notre partenaire The Phnom Penh Post

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