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Cambodge & Preah Vihear : Appel urgent à l’international et rappels au droit

Le ministère cambodgien de la Culture et des Beaux-Arts a transmis des rapports alarmants sur les destructions massives subies par le site sacré du temple de Preah Vihear, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, à l’organisation onusienne, au Comité du patrimoine mondial, aux États membres de la Commission internationale de coordination pour Preah Vihear (ICC-Preah Vihear) et à la communauté internationale.

CMAC assessors conduct a damage assessment at the mountain-top Preah Vihear Temple after recent shelling struck the historic site
CMAC assessors conduct a damage assessment at the mountain-top Preah Vihear Temple after recent shelling struck the historic site

Ces documents, rendus publics le 12 janvier, détaillent les dégâts causés par des attaques d’artillerie thaïlandaises en juillet et décembre 2025, au cœur d’une crise frontalière qui ravive un contentieux vieux de décennies.​

Un temple millénaire au cœur du conflit

Construit au XIe siècle sous les règnes des rois khmers Suryavarman Ier et II, Preah Vihear trône sur un éperon rocheux des monts Dângrêk, à 525 mètres d’altitude, dédié au dieu hindou Shiva sous ses formes Sikharesvara et Bhadresvara.

Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008 après une décision controversée de la Cour internationale de Justice (CIJ) en 1962 confirmant sa souveraineté cambodgienne, le site s’étend sur 800 mètres nord-sud, ponctué de cinq gopuras, escaliers monumentaux et galeries ornées. Malgré un historique de tensions – guerres civiles, Khmer rouge et affrontements en 2008-2011 –, les clashes de 2025 marquent une escalade sans précédent, avec des frappes aériennes et d’artillerie lourde imputées à l’armée thaïlandaise.​

Bilan accablant des attaques de juillet

Du 24 au 28 juillet 2025, dans le cadre de la crise frontalière déclenchée par des incidents près des temples disputés comme Ta Muen Thom, 142 sites au sein du complexe de Preah Vihear ont été touchés, ainsi que 42 zones environnantes incluant la pagode Keo Sikha Kiri Svara, des infrastructures publiques et les bureaux de l’Autorité nationale pour Preah Vihear (ANPV).

Les communautés voisines comptent 60 localités endommagées – maisons, écoles, pagodas –, forçant 14 832 habitants à l’exode, selon un rapport officiel de l’ANPV d’octobre 2025. Ces destructions, documentées par photos et vidéos, illustrent les premiers ravages d’une offensive qualifiée d’« unprovoked » par Phnom Penh.​

Destruction massive en décembre : un site « presque entièrement » dévasté

Les assauts du 7 au 27 décembre 2025, lors de l’opération thaïlandaise « Sattawat » impliquant drones, F-16 et artillerie, ont amplifié les dégâts de manière « exponentielle ». Tous les gopuras (I à V), les chaussées de liaison et l’escalier nord antique – restauré sur dix ans – sont gravement atteints, avec des structures architecturales perdant leur forme originelle. L’ANPV, lors d’une mission le 28 décembre, a recueilli des preuves de bombardements ciblés, interrompant brutalement les travaux de conservation internationale.​

Projets de restauration internationale anéantis

Les partenariats sino-cambodgiens sur les gopuras I, II et III exigent désormais de nouvelles études, les dommages rendant obsolètes les plans antérieurs ; le gopura V (projet cambodgo-indien) est « largement effondré », tandis que l’escalier nord (coopération cambodgo-américaine) voit ses sections originelles et restaurées pulvérisées, avec équipements détruits.

Ces attaques ont entravé les efforts nationaux et des partenaires, touchant inscriptions, bâtiments et outils techniques.​

Appel urgent à l’international et rappels au droit

Le ministère exige une protection immédiate contre de nouvelles frappes, des mesures d’urgence pour éviter l’aggravation et une restauration, invoquant la Convention de La Haye de 1954 sur la protection des biens culturels en cas de conflit armé et son Protocole II de 1999, ainsi que le droit humanitaire international.

Accompagnés de vidéos, rapports de l’ANPV et du Centre cambodgien d’action contre les mines sur les munitions non explosées, ces documents soulignent la poursuite de recherches et coordinations techniques, diplomatiques et judiciaires pour « justice, protection et restauration ». L’UNESCO avait déjà appelé en décembre 2025 à sauvegarder le site, promettant une aide technique dès que possible

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