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Cambodge : Le Figaro Magazine consacre un grand reportage à la guerre « oubliée » avec la Thaïlande

Dans son édition du 28 août 2026, Le Figaro Magazine publie une longue enquête de terrain sur le conflit frontalier entre la Thaïlande et le Cambodge, signée par le journaliste et photographe Jean-Luc Moreau Deleris. Un format rare pour un grand titre grand public, qui remet sous les projecteurs une crise trop souvent restée dans l'ombre de l'actualité occidentale.

Soldats cambodgiens devant un bâtiment endommagé par les bombardements. © Jean-Luc Moreau Deleris
Soldats cambodgiens devant un bâtiment endommagé par les bombardements. © Jean-Luc Moreau Deleris

Un long format rare dans la presse grand public

C'est peu dire que ce reportage détonne dans le paysage médiatique français. Pour une fois, un grand magazine s'empare avec profondeur d'un conflit international largement éclipsé par les crises occidentales : celui qui oppose, depuis juillet 2025, la Thaïlande et le Cambodge le long de leur frontière commune. Sous le titre « La frontière de la haine », Le Figaro Magazine y consacre plusieurs pages à une guerre qui a fait des centaines de morts, jeté des dizaines de milliers de civils sur les routes et endommagé des vestiges angkoriens classés au patrimoine mondial de l'Unesco, dont le célèbre temple de Preah Vihear.

Sur le terrain avec Jean-Luc Moreau Deleris

Porté par les textes et les photographies de Jean-Luc Moreau Deleris, ce travail journalistique documente aussi bien l'affrontement militaire — très déséquilibré entre une armée thaïlandaise largement supérieure en nombre et en équipement, et des forces cambodgiennes vieillissantes — que ses conséquences humaines : camps de réfugiés dans la province de Banteay Meanchey, familles déplacées, pagodes détruites, blessés graves parmi les civils comme les combattants.

Le reportage revient également sur les origines du différend, remontant au tracé frontalier établi par les accords franco-siamois de 1904 et 1907, sur les arrêts successifs de la Cour internationale de justice reconnaissant la souveraineté cambodgienne sur Preah Vihear, ainsi que sur les recompositions politiques internes en Thaïlande qui ont accompagné l'escalade militaire. Il s'attarde enfin sur les réseaux d'intérêts économiques et les oligarchies qui, des deux côtés de la frontière, se mêlent à ce conflit territorial.

Interrogée sur la destruction des temples, la ministre cambodgienne de la Culture, Sackona Phoeurng, y confie que chaque pierre tombée est, selon ses mots, un morceau de l'âme khmère arrachée.

Un lien personnel avec Pierre-Yves Clais

Ce reportage a une résonance particulière pour Pierre-Yves Clais. Celui qui a œuvré en coulisses pour qu'il voie le jour confie avoir milité activement pour que Le Figaro Magazine s'empare du sujet. Jean-Luc Moreau Deleris, l'auteur du reportage, est un ami de longue date : les deux hommes se sont connus lorsqu'il était officier au sein de l'Apronuc, la mission des Nations unies au Cambodge du début des années 1990.

Pierre-Yves Clais raconte que le photojournaliste a passé six mois chez lui pour mener à bien ce reportage, un séjour qui s'est achevé de façon mouvementée : un grave accident de moto, dont Jean-Luc Moreau Deleris s'est heureusement remis.

À voir au festival Visa pour l'image

Le travail photographique de Jean-Luc Moreau Deleris est actuellement exposé au couvent des Minimes, à Perpignan, dans le cadre du festival Visa pour l'image, jusqu'au 13 septembre 2026. Placé sous la direction de Jean-François Leroy et Delphine Lelu, ce festival de photojournalisme, entièrement gratuit, propose chaque année une vingtaine d'expositions et six soirées de projection pour donner à voir le meilleur du reportage photo international.

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