Cambodge & Initiative : Les chauffeurs de cyclo-pousses, conteurs de la ville

Avec un film, un repas, des médicaments et 20 dollars de prime, les chauffeurs de cyclo-pousses cambodgiens ont pu, le temps d’un weekend, oublier les temps difficiles qui affectent le tourisme et leur profession.

Plusieurs centaines de chauffeurs qui ont du mal à joindre les deux bouts ont pu participer à une séance de cinéma en plein air dans Phnom Penh. Ils ont assisté à la projection du film « Fathers » du réalisateur local Huy Yaleng, qui raconte la lutte quotidienne d’un conducteur de cyclo pour subvenir aux besoins de sa famille. « J’ai eu une révélation. Je me souviens que je devais faire tout et n’importe quoi pour soutenir ma famille », a déclaré Sun Sokhorm, 67 ans, et conducteur de cyclo depuis 34 ans.

« L’histoire ressemblait à ma propre histoire, confie-t-il »

Les conducteurs de cyclo-pousse cambodgiens sont encore un choix populaire pour les visiteurs désireux de profiter des sites touristiques et de l’animation de Phnom Penh à un rythme paisible. Mais l’impact dévastateur de la pandémie sur les voyages internationaux a fait chuter le nombre de touristes de façon drastique, même s’il est admis que le royaume gère plutôt bien la crise sanitaire. Sokhorm gagne environ un tiers de ce qu’il gagnait avant la pandémie, parfois même pas plus de 3 dollars par jour.

« Il ne reste pas grand-chose, mais je peux survivre, dit-il »

Le film a été un succès auprès des chauffeurs, avec la présence d’un vétéran de 93 ans, né quelques années avant la première apparition de cyclos dans l’ancienne colonie française en 1936. Cette initiative est une idée de l’étudiant Taing Huang Hao, 20 ans, qui a rencontré Sokhorm le mois dernier et a aidé à organiser une collecte de fonds sur les médias sociaux pour les conducteurs de cyclo.

Image du film « Fathers »

Il a fait équipe avec le réalisateur Yaleng pour collecter 5 000 dollars à distribuer lors de la projection privée. « Ils peuvent se voir dans les difficultés dépeintes par le film, ils n’ont donc pas l’impression de traverser cette épreuve par eux-mêmes », confie l’étudiant. « Ce sont les conteurs de la ville », conclut-il.

Avec VOA & Reuters

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