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Cambodge : Fin des refuges pour cybercriminels, raids massifs contre les escroqueries en ligne

Dans une série d'opérations coordonnées menées les 6 et 7 avril, les autorités cambodgiennes ont démantelé au moins quatre centres d'escroqueries en ligne dans trois provinces, arrêtant des centaines d'étrangers. Cette offensive s'inscrit dans la promesse du gouvernement royal de ne laisser « aucun refuge » aux réseaux criminels transnationaux, sous la direction du Premier ministre Hun Manet.

Cambodge : fin des refuges pour cybercriminels, raids massifs contre les escroqueries en ligne

Des raids simultanés à Phnom Penh, Kep et Banteay Meanchey

Les opérations, supervisées par le Premier ministre Hun Manet, ont visé Phnom Penh, la province de Banteay Meanchey et celle de Kep. Selon un communiqué de l'Agence Kampuchéa Presse (AKP) daté du 8 avril 2026, ces actions marquent une accélération de la répression nationale contre la cyberfraude transfrontalière.

À Phnom Penh, le 6 avril, un premier raid a ciblé un complexe résidentiel dans le district de Sen Sok. Les forces de l'ordre ont interpellé 218 ressortissants étrangers. Les perquisitions ont permis de saisir plus de 170 ordinateurs, près de 400 téléphones portables, divers équipements informatiques, ainsi que des uniformes et faux documents d'identité de la police japonaise.

L'analyse préliminaire des preuves numériques révèle des escroqueries multiples : usurpation d'identité policière japonaise pour piéger des victimes nippones, arnaques romantiques et fraudes aux investissements visant le Pakistan, le Bangladesh et le Vietnam.

La même journée, un second assaut dans le même district a conduit à l'arrestation de 27 suspects dans des immeubles résidentiels. Les autorités ont confisqué des dizaines d'ordinateurs portables, plus de 200 téléphones et du matériel connexe. Les enquêtes se poursuivent sous la supervision du parquet de Phnom Penh.

Le 7 avril, à Kep, 14 étrangers ont été appréhendés dans une location soupçonnée d'abriter des activités d'escroquerie en ligne. Les suspects et les preuves ont été transférés au commissariat provincial. Enfin, dans la province de Banteay Meanchey, un casino-hôtel à Poipet a été perquisitionné, menant à la détention de 139 personnes. Les enquêteurs ont découvert des dizaines d'appareils électroniques au rez-de-chaussée, utilisés pour la cyberfraude, tandis que les étages supérieurs servaient de logements.

Cambodge : fin des refuges pour cybercriminels, raids massifs contre les escroqueries en ligne

Bilan des opérations anti-cybercrime en 2026

Ces raids portent le total des démantèlements à 398 arrestations lors de ces quatre opérations d'avril. Sur l'ensemble de 2026 (jusqu'au 8 avril), les autorités ont conduit plus de 20 raids majeurs, aboutissant à environ 5 200 interpellations de suspects étrangers, principalement chinois, vietnamiens et indiens, et la saisie de plus de 15 000 ordinateurs et 50 000 téléphones. Près de 30 extraditions ont été effectuées vers la Chine et le Japon. Ce bilan reflète une intensification de 40% par rapport à 2025, selon les chiffres officiels.

Une lutte renforcée contre un fléau régional

Ces démantèlements illustrent l'escalade des efforts cambodgiens face à une cybercriminalité qui a fait du royaume un hub pour des escroqueries internationales. Selon un rapport des Nations unies de 2023 sur la traite des personnes en Asie du Sud-Est, le Cambodge, notamment Poipet et Sihanoukville, abritait alors des « centres d'appels frauduleux » employant jusqu'à 100 000 personnes forcées, souvent étrangères, pour des arnaques générant des milliards de dollars (ONU, rapport TRIFFIN, octobre 2023). Le gouvernement de Hun Manet, au pouvoir depuis 2023, a intensifié les opérations : plus de 4 000 arrestations en 2024 et des extraditions vers la Chine et le Vietnam, comme annoncé par le ministère de l'Intérieur.

Les autorités cambodgiennes promettent des poursuites judiciaires et d'éventuelles arrestations supplémentaires. Cette fermeté répond à la pression internationale, notamment du Japon et des États-Unis, qui ont qualifié ces réseaux de « menace mondiale ».

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