Cambodge & Environnement : Deux sites sélectionnés pour le patrimoine naturel mondial de l'UNESCO

Le ministère de l'Environnement s'apprête à proposer l'inscription de deux zones de conservation du royaume sur la liste du patrimoine naturel mondial de l'UNESCO.

Tbeng Meanchey de Tbeng Meanchey
Tbeng Meanchey de Tbeng Meanchey. Photo Yousos Apdoulrashim

Selon le secrétaire d’État et porte-parole du ministère, Neth Pheaktra, il s’agit du parc de Phnom Tbeng, dans la province de Preah Vihear, et de la zone de conservation des dauphins du Mékong Anlong Kampi, qui s’étend sur les provinces de Kratie et de Stung Treng.

Neth Pheaktra a révélé ces projets lors du lancement de la campagne « zéro collet » dans la province de Kratie le 18 juin. Il a fait remarquer que le Cambodge n’avait pas encore de zone de patrimoine naturel mondial de l’UNESCO, malgré un certain nombre de temples anciens classés au patrimoine culturel mondial.

Ces deux sites font partie des cinq zones de conservation inspectées par le ministère en vue d’une éventuelle inscription, les trois autres étant le rocher de Phnom Nam Lear dans la province du Moldolkiri, le sanctuaire de faune de Prek Prasab dans la province de Kratie et le parc national des Cardamomes.

« Le parc du patrimoine naturel de Phnom Tbeng et le sanctuaire de Prek Kampi abritent une faune abondante, notamment le dauphin de l’Irrawaddy, le poisson-chat géant du Mékong, le barbeau à lèvres épaisses, la raie géante d’eau douce, le cerf et le banteng, qui présentent un intérêt mondial », a déclaré M. Pheaktra.

L’inscription des zones naturelles du Cambodge sur la liste du patrimoine naturel mondial apporterait une série d’avantages, notamment l’apport de visiteurs étrangers, a-t-il ajouté.

« La région du Mékong, qui s’étend sur les provinces de Kratie et de Stung Treng, est une zone importante dont la valeur repose sur diverses ressources telles que les dauphins de l’Irrawaddy, les poissons, les espèces aquatiques géantes, les oiseaux sauvages, les cerfs, et les bantengs. Mais, la zone abrite également des forêts inondées, des îles submergées et un canyon de 60 mètres de profondeur, ainsi que des oiseaux menacés tels que la sterne de rivière, l’ibis géant, l’ibis à épaulettes blanches, les vautours et le grand marabout », explique M. Pheaktra.

Des dauphins de l'Irrawaddy s'ébattent dans la province de Kratie. Photo WWF-CAMBODIA
Des dauphins de l'Irrawaddy s'ébattent dans la province de Kratie. Photo WWF-CAMBODIA

Il existe aussi quelque 800 espèces de poissons en danger, comme le barbeau géant, le barbeau à lèvres épaisses (Probarbus Labeamotor), le Mekongina erythrospila, la raie pastenague géante d'eau douce, le poisson-chat géant du Mékong (Pangasianodongigas), ainsi que la tortue molle géante d'Asie (Pelochelys cantorii).

« Ce sont les points clés que nous soulignons quant à l'incroyable valeur de ces zones, qui, selon nous, devraient être inscrites sur la liste du patrimoine naturel mondial de l'UNESCO », précise M. Pheaktra.

Ce dernier appelle la population, en particulier les pêcheurs, à ne pas utiliser de matériel et de filets non autorisés dans les zones protégées afin de contribuer à la préservation des dauphins de l'Irrawaddy le long du Mékong, dont 89 individus sont actuellement recensés dans la zone d'Anlong Prek Kampi.

Phnom Tbeng

Le parc du patrimoine naturel de Phnom Tbeng a été créé par le sous-décret n°189 du 13 septembre 2016, avec une superficie totale de plus de 25 000 hectares couvrant les districts de Tbeng Meanchey, Sangkum Thmyi, Kulen et Rovieng de la province de Preah Vihear.

La zone abrite de nombreux mammifères menacés, notamment des gibbons, ours, cerfs, chiens sauvages, léopards, loris lents du Bengale, chauves-souris grises, et plusieurs autres espèces sauvages.

Cette région offre des vues imprenables sur la forêt, ainsi que de nombreuses zones d'une beauté exceptionnelle, comme les chutes d'eau de Tang You, Chak Angre, Anlong Svay et Peng Preah Reouy.

Kin Narong, propriétaire d'un restaurant au sanctuaire des dauphins de Prek Kampi depuis 2008, confie qu'un grand nombre de touristes venaient profiter des magnifiques zones naturelles et effectuer des excursions en bateau pour voir les dauphins, jusqu'à 200 par jour, avant la pandémie. Toutefois, si la crise sanitaire a considérablement réduit le nombre de touristes dans la région, les chiffres reviennent progressivement, avec environ 10 à 20 personnes par jour.

Voun Dara avec notre partenaire The Phnom Penh Post


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