Phnom Penh / New York – La publication des dossiers Epstein élargit la piste documentaire dans les affaires d’antiquités cambodgiennes
- La Rédaction

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Les documents publiés par le Département de la Justice des États-Unis dans le cadre de la loi sur la transparence des dossiers Epstein révèlent un inventaire d’œuvres d’art khmères lié au financier Leon Black. Ces millions de pages de registres ne prouvent pas à elles seules que les pièces ont été pillées ou exportées illégalement.

Détails de l’inventaire
Un tableur d’avril 2014 intitulé « Leon Black / Narrows South East Asian Art Inventory » recense 12 bronzes et pierres attribués à la civilisation khmère, incluant des représentations de Vishnu, Shiva et Maitreya. Les coûts d’acquisition s’élèvent à des millions de dollars, avec un bronze de Shiva à 7 millions et une valeur totale proche de 28 millions.
Ces éléments figurent dans un ensemble plus large lié à Jeffrey Epstein, qui conseillait Black sur des questions patrimoniales et fiscales entre 2012 et 2017.
Leon Black, dont la collection d’art moderne et contemporain vaut probablement plusieurs milliards, possède un petit nombre d’œuvres cambodgiennes acquises via des canaux réputés, selon son porte-parole. Il a coopéré à une enquête du Département de la Justice, sans indication d’examen actif actuel ni de statut des pièces.
Contexte des rapatriements khmers
Les autorités cambodgiennes et américaines traquent ces antiquités depuis plus d’une décennie. En 2012, une statue en grès du Xe siècle mise en vente par Sotheby’s a été restituée après identification de ses pieds au temple de Koh Ker.
Douglas Latchford, marchand britannique, a été inculpé en 2019 pour trafic ; mort en 2020, son réseau a conduit à la restitution de 30 objets en 2022 et de 16 sculptures du Metropolitan Museum en 2023. Ces affaires reposent souvent sur des déclarations d’importation frauduleuses via saisie civile.
Implications pour le Cambodge
Pour Phnom Penh, ces inventaires offrent des identifiants précieux (titres, dimensions, dates, intermédiaires) pour croiser avec sites temples et réseaux de marchands. Ils ne constituent pas une preuve d’origine illicite, mais renforcent la traçabilité.
Le Cambodge considère les œuvres khmères à l’étranger comme suspectes sans provenance légale démontrée. Cette divulgation pourrait mener à des enquêtes, négociations ou inaction, selon les preuves accumulées.
Sources :
Bloomberg Businessweek (13 février 2026) : « Epstein Files Show Billionaire Leon Black Owned Controversial Cambodian Art ».
ARTnews (30 janvier 2026) : « Leon Black's Extensive Art Collection Seemingly Revealed in Jeffrey Epstein Files ».
Epstein Files Transparency Act (Département de la Justice des États-Unis).
Rapports DOJ sur rapatriements khmers (2012-2023).







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