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Initiative & Parcours : Laura et l’énigme du bonheur au Cambodge

Artiste cameléon formée sur les scènes françaises, Laura Lacoux a tout quitté pour suivre l’amour jusqu’au Cambodge — et y faire naître une agence de spectacle aussi audacieuse que son parcours.

Il y a des destinées qui ressemblent à un spectacle sans fin — suspendues dans les airs, brillantes, un peu folles. Celle de Laura, 34 ans, ancienne intermittente du spectacle aujourd’hui installée à Phnom Penh, est de celles-là. Cracheuse de feu, danseuse orientale, jongleuse perchée sur échasses, charmeuse de serpents : la jeune femme originaire du sud de la France a fait du spectacle son langage, et du Cambodge sa nouvelle scène. Rencontre avec une femme libre, qui a choisi de vivre sa vie en grand format.

Du Var au Mékong : l’appel du large

Née à Châteauroux, élevée à Cannes puis dans le Var, Laura grandit loin des sentiers balisés. L’école l’ennuie, la médecine ne lui correspond pas. C’est la scène qui la réveille. « Je suis vraiment une grande, grande danseuse et une passionnée de danse », confie-t-elle avec simplicité.

Des années durant, elle sillonne la France et l’étranger : spectacles pyrotechniques, shows avec serpents, pole dance, échasses… jusqu’à ce soir mémorable où elle se retrouve suspendue à une grue, à plusieurs mètres de hauteur, des éventails de feu entre les mains.

Et puis il y a l’amour. Son compagnon, le Cambodge. Les deux arrivent ensemble, comme une évidence. « Je suis littéralement tombée amoureuse du pays, d’abord en vacances et puis finalement venir vivre ici, c’était le rêve ultime. » Depuis bientôt trois ans, Phnom Penh est sa ville.

Phnom Penh, la surprise de la modernité

La capitale cambodgienne la déconcerte d’entrée de jeu — en bien. « Je ne m’attendais pas à autant de modernité et à la fois au côté culturel extrêmement bien conservé. » Ce mélange de tradition et d’élan contemporain, Laura en tombe immédiatement amoureuse.

Elle explore Phnom Penh, Siem Reap, les petits villages alentour, les îles — Koh Rong Saloeun, qu’elle fréquente régulièrement. « On a la chance d’être à côté, autant en profiter », sourit-elle, évoquant également ses escapades en Thaïlande, au Vietnam, à Bali.

« Je ne retournerai pas vivre en France. Que ce soit pour le Cambodge ou ailleurs, je voulais partir — c’est chose faite, et j’en suis très contente. »
Parmi les numéros proposés par Enigma. Photo fournie
Parmi les numéros proposés par Enigma. Photo fournie

Agence Enigma : faire monter les autres sur scène

Après deux années à tâtonner professionnellement, Laura ressent un manque familier : le strass, les lumières, la magie du spectacle vivant. Mais plutôt que de remonter elle-même sur scène, elle choisit un autre rôle — celui de celle qui crée les conditions du prodige pour les autres. Née en début d’année 2026, l’agence Enigma est son enfant.

« Je voulais faire monter les gens sur scène pour leur faire vivre ce que moi j’ai vécu », explique-t-elle.

Sa spécialité ici ? Les échasses plaquistes — à ne pas confondre avec les échasses tampons que l’on croise parfois dans les événements locaux. « Les miennes ont une semelle, elles suivent le mouvement de la jambe. C’est différent, plus stable, plus expressif. »

Elle forme ses artistes de A à Z — une nécessité dans un pays où ce type de performance est quasi inconnu. Un défi énorme, qu’elle assume avec enthousiasme : soirées caritatives, cérémonies privées, thème Pirates des Caraïbes, mariages… le carnet de commandes se remplit déjà.

Parmi les numéros proposés par Enigma. Photo fournie
Parmi les numéros proposés par Enigma. Photo fournie

Ce qui plaît, ce qui agace

Le Cambodge, Laura l’aime sans réserve ou presque. L’accueil chaleureux des Cambodgiens, la chaleur permanente qui lui évite les hivers qu’elle déteste, la richesse culturelle du pays… « J’aime vraiment tout au Cambodge. »

Ce qui l’agace davantage ? Non pas le chaos de la circulation — elle conduit très bien ici, précise-t-elle — mais l’imprudence inutile de certains scooteristes qui se mettent eux-mêmes en danger. Et le plastique omniprésent. Deux ombres sur un tableau qu’elle trouve, somme toute, magnifique.

Finir sa vie ici ? « Je ne suis pas contre »

Quand on lui demande si elle compte terminer ses jours au Cambodge, Laura répond : « Je ne suis pas contre, ni contre d’aller voir ailleurs non plus. Mais j’aurai toujours un énorme cœur pour le Cambodge, ça c’est une certitude. »

Ce qu’elle sait en revanche avec une absolue conviction : elle ne retournera pas vivre en France. « Je comptais partir de toute façon. C’est chose faite. »

Laura, l’énigme ? Peut-être. Mais une énigme qui sourit, qui danse, et qui fait scintiller Phnom Penh un peu plus fort.

Parmi les numéros proposés par Enigma. Photo fournie
Parmi les numéros proposés par Enigma. Photo fournie

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