L’Ancienne Ambassade Américaine des Années 60 à Phnom Penh Démolie
- La Rédaction

- il y a 11 heures
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L’ancien bâtiment de l’ambassade des États-Unis à Phnom Penh, construit dans les années 1960, est en cours de démolition pour des raisons de sécurité structurelle. Ce symbole d’une ère diplomatique tumultueuse fait place à l’histoire moderne du Cambodge.

Contexte Historique du Bâtiment
Proposé en 1960 par l’architecte américain Eliot Noyes, ce projet d’ambassade visait à incarner le modernisme diplomatique américain au Cambodge, fraîchement indépendant. Les opérations initiales s’étaient tenues à l’Hôtel Le Royal avant le transfert vers ce nouveau site, élevé au rang d’ambassade en 1952. Des tensions anti-américaines culminèrent avec deux attaques en 1964 et 1965, entraînant des dégâts importants et la rupture des relations diplomatiques en 1965.
Le bâtiment servit jusqu’à la fermeture définitive en 1965, réouvert en 1969 face à l’avancée des forces communistes vietnamiennes. En 1975, lors de la chute de Phnom Penh aux Khmers rouges, le personnel fut évacué lors de l’opération Eagle Pull, prélude à l’évacuation de Saïgon. Transformé ensuite en école primaire révolutionnaire sous le régime khmer rouge, il survécut au génocide pour devenir un vestige délabré.
Raisons de la Démolition Actuelle
Ce bâtiment de cinq étages, situé dans le district de Daun Penh, est jugé trop détérioré et dangereux par le ministère cambodgien de la Gestion foncière. Annoncée fin janvier 2026, la démolition vise à prévenir les risques pour la population locale. L’édifice, inutilisé depuis des décennies, n’appartient plus aux États-Unis, dont l’ambassade actuelle est ailleurs en ville depuis 1994.
Héritage et Controverses
Ce symbole des relations sino-américaines sous la Guerre froide rappelle les soubresauts diplomatiques : fermeture prolongée de 1975 à 1991, puis réouverture avec un bureau de liaison. Bien que non lié aux récentes démolitions de bases navales financées par les États-Unis à Ream (2020), cet événement soulève des questions sur la préservation du patrimoine architectural khmer moderne. Des posts sur les réseaux sociaux alertent sur la perte d’un témoin de l’« New Khmer Architecture ».
Phnom Penh perd ainsi un chapitre de son passé, au profit d’un urbanisme sécurisé. Les relations États-Unis-Cambodge, célébrées en 2025 pour leurs 75 ans, se poursuivent dans un cadre renouvelé.







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