Koh Kong : Les chasseurs d’abeilles inquiets pour leur avenir

Avec la raréfaction des zones de nidification des abeilles, les chasseurs de miel cambodgiens éprouvent de grandes difficultés pour vivre de leur activité.

Un jeune Cambodgien observe un nid d’abeille géant

Départ à la chasse

Tous les jours à 5 h 30, Yang Phorn et quelques habitants d’un village de la province de Koh Kong, montent à moto pour aller chasser les abeilles dans une forêt éloignée. Avant de partir, le Cambodgien de 47 ans et ses amis préparent des sacs de riz et autres denrées et les attachent à leurs motos. Il s’agit de préparer suffisamment de provisions pour un long trajet qui sera suivi d’un trek dans la forêt où ils iront chasser les ruches remplies de miel jusqu’en fin d’après-midi. Alors qu’il ramasse des rayons de miel remplis de cire d’abeille dans ses paniers, Phorn raconte que de nombreuses familles d’Ampe Phnom, un village assez pauvre de la province de Kampong Speu, chassent les abeilles depuis plusieurs générations. Une activité abordable, car cela ne nécessite aucun investissement en capital.

Activité aléatoire et difficile

Mais la chasse aux abeilles reste aléatoire. Parfois, le groupe de chasseurs trouve cinq ou six énormes nids d’abeilles ; d’autres fois, ils rentrent au village les mains vides. Ceux qui ont la chance de trouver de grands nids d’abeilles contenant trois à quatre litres de miel peuvent s’attendre à vendre chaque litre pour environ 100 000 riels (20 $ US). Le prix de vente du miel n’est pas élevé en comparaison des efforts épuisants pour accéder aux nids d’abeilles — des randonnées de plusieurs kilomètres dans des forêts fortement boisées et des ascensions parfois périlleuses sur de grands arbres.

« C’est extrêmement difficile », déclare Yang Phorn

Dans le passé, le miel sauvage du Cambodge était considéré comme le meilleur d’Asie du Sud-Est, grâce à son climat tropical, sa gamme de nectars floraux et les rayons productifs et énormes de l’abeille asiatique géante (Apis Dorsata). Le miel et la cire d’abeille restent des ingrédients précieux dans divers médicaments et condiments.

Carte indiquant Chbar Mon ( Kampong Speu) et la province voisine de Koh Kong

Moyens de subsistance menacés

Mais ces derniers temps, les moyens de subsistance de Phorn et de ses camarades villageois sont en péril, car la coupe des forêts pour l’agriculture et l’exploitation forestière illégale détruisent l’habitat des abeilles. Le taux de déforestation au Cambodge demeure parmi les plus rapides au monde. Cela signifie que les chasseurs d’abeilles doivent voyager plus loin de leurs maisons et s’enfoncer plus profondément dans les bois pour trouver des ruches. « Il est si difficile de trouver des abeilles à présent parce qu’il y a moins de forêts, nous devons chasser profondément dans la jungle. », déclare Phorn.

« Dans le passé, lorsque les forêts voisines étaient plus denses la chasse aux abeilles était facile, car les insectes construisaient leurs ruches près des sentiers pédestres », ajoute-t-il.

L’ami de Phorn, Khin Vannak, qui chasse les abeilles depuis son enfance, explique que l’abattage des arbres signifie que les abeilles sont aujourd’hui constamment en mouvement pour trouver de nouveaux endroits afin de construire des nids. Dans les années 1990, lorsque la forêt cambodgienne n’était pas affectée par l’exploitation forestière, Vannak n’avait pas besoin de s’éloigner de chez lui pour ramasser des nids d’abeilles. Mais aujourd’hui, il doit parcourir 80 à 100 kilomètres pour trouver de nouvelles ruches.

Bun Sophat, 52 ans, qui chasse les abeilles depuis 1982, confie qu’il se rendait presque partout au Cambodge pour capturer les insectes et leurs nids d’abeilles pour les vendre au marché. Lui aussi craint que la disparition rapide des forêts n’entraîne une perte de moyens de subsistance et qu’il ne puisse plus subvenir aux besoins de sa famille :

« Les ruches s’épuisent. Que pouvons-nous faire si le pays se développe à cette vitesse ? »
Un nid d’abeille et une ruche sont exposés sur un siège de moto dans la province de Koh Kong

Craintes

Maintenant que certaines zones forestières locales ont reculé jusqu’aux montagnes et aux vallées, Phorn craint de perdre son entreprise et sa source de revenus dans un proche avenir. Pour lui, la pénurie d’arbres peut priver les ruraux des revenus, de la nourriture et des matériaux nécessaires pour se loger et se nourrir. Phorn dénonce la déforestation par les bûcherons illégaux, ainsi que par les entreprises étrangères qui obtiennent des concessions foncières économiques pour créer des plantations de caoutchouc. La production de produits de base et l’abattage illégal de bois continuent d’affecter les forêts du Cambodge, qui a perdu environ 24 % de sa couverture forestière depuis 2001 (Source : Global Forest).

Bien que Phorn et ses amis chasseurs de la commune de Sopor Tep s’inquiètent de voir éventuellement leurs moyens de subsistance disparaître, les responsables gouvernementaux affirment que les gardes forestiers ont fait de grands progrès dans la protection des forêts du royaume.

Protection des forêts

Le porte-parole du ministère de l’Environnement, Neth Pheaktra, a déclaré que les fonctionnaires du ministère, les autorités environnementales locales et les 1200 gardes stationnés dans les 69 zones naturelles protégées du pays totalisant 7,3 millions d’hectares ont intensifié leurs efforts pour protéger les ressources naturelles du Cambodge et préserver la biodiversité restante.

« Le ministère a mis en place une politique destinée à améliorer les moyens de subsistance des habitants des communautés rurales en tentant de remplacer les activités traditionnelles d’exploitation forestière et de chasse par le développement de l’écotourisme », affirme Neth Pheaktra.

Les responsables de l’environnement au niveau local ont également renforcé la sécurité et dispensé une formation aux personnes vivant dans les zones rurales et forestières et aussi aux chasseurs d’abeilles.

Mais Heng Sros, un activiste forestier de la province de Stung Treng met en doute l’efficacité de cette politique. Plusieurs villageois dans plusieurs provinces auraient déclaré que l’exploitation forestière illégale prospérait parfois sous la protection des autorités locales et de puissants intérêts commerciaux.

Par Sovannarith Keo & Roseanne Gerin — RFA Khmer

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