Incursion Thaïlandaise en Terres Cambodgiennes : 14 Zones Occupées Illégalement
- La Rédaction

- il y a 3 jours
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Le ministère cambodgien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a publié vendredi une déclaration ferme dénonçant de nouvelles incursions militaires thaïlandaises sur le sol cambodgien.

Quatorze zones situées dans quatre provinces frontalières seraient désormais sous le contrôle effectif de l’armée thaïlandaise, au mépris des accords de cessez-le-feu en vigueur.
Selon le communiqué, les forces armées thaïlandaises auraient mené, du 7 au 27 décembre 2025, une série d’opérations coordonnées et de grande envergure le long de la frontière internationale, violant ouvertement la souveraineté et l’intégrité territoriale du Cambodge. Certaines zones, reconnues comme cambodgiennes au regard du droit international, ont été envahies et occupées par la force dans les provinces de Banteay Meanchey, Pursat, Preah Vihear et Oddâr Meanchey.
Parmi les zones citées figurent les villages de Prey Chan, Chouk Chey et Boeung Trakuon à Banteay Meanchey ; Phluk Domrei et le poste-frontière international de Thmâr Da à Pursat ; An Ses, Ta Thav et Phnom Troap à Preah Vihear ; ainsi que le secteur d’O’Smach et plusieurs temples historiques dans la province d’Oddâr Meanchey.
Un affront au droit international
Le gouvernement cambodgien a vigoureusement protesté contre ces “violations flagrantes”, pointant du doigt la présence illégale et la poursuite d’activités militaires dans le territoire national. Ces actes, remarque le ministère, défient le Communiqué conjoint du Comité général des frontières (GBC) du 27 décembre 2025, qui interdit toute provocation et l’usage de la force contre les civils ou les biens culturels.
Les autorités dénoncent en particulier la destruction d’habitations et de structures culturelles khmères dans les villages frontaliers et à proximité du poste de Thmâr Da. De nombreux habitants ont été contraints à l’exil, empêchés de regagner leurs foyers – une situation qualifiée par Phnom Penh de violation directe du droit international humanitaire et des droits de l’homme.
Le ministère cite à cet égard plusieurs dispositions juridiques fondamentales :
les articles 2(3) et 2(4) de la Charte des Nations Unies, interdisant le recours à la force contre l’intégrité territoriale d’un État ;
l’article 53 de la Quatrième Convention de Genève (1949), prohibant la destruction de biens civils en l’absence de nécessité militaire ;
et l’article 52 du Protocole additionnel I (1977), proscrivant les attaques contre des biens de nature civile.
Des frontières bien établies
Phnom Penh rappelle que la frontière terrestre entre les deux royaumes est clairement délimitée par les traités de 1904 et 1907. Les Commissions mixtes frontalières (JBC) des deux pays poursuivent depuis plusieurs années les travaux de démarcation selon ces accords historiques. La partie cambodgienne a d’ailleurs adressé une protestation officielle à son homologue thaïlandaise, dénonçant la violation du mandat de la JBC et les tentatives de créer un “fait accompli” sur le terrain.
Les autorités soulignent que toute occupation obtenue par la force est illégale, dépourvue de valeur juridique, et contraire au principe fondamental du droit international prohibant l’acquisition de territoire par la coercition. “Aucun acte administratif ou contrôle territorial exercé à la suite d’une telle occupation ne saurait produire d’effet légal”, insiste le communiqué.
Phnom Penh en appelle à la paix
Le Cambodge appelle la Thaïlande à cesser immédiatement ses activités militaires le long de la frontière commune, à retirer ses troupes et à respecter les mécanismes bilatéraux de délimitation. Le gouvernement cambodgien réaffirme sa volonté d’honorer l’esprit des accords de paix — notamment le cessez-le-feu du 28 juillet 2025, la Déclaration conjointe de Kuala Lumpur (26 octobre 2025), et le Communiqué conjoint du GBC (27 décembre 2025).
Fidèle à une diplomatie de paix et de coopération régionale, Phnom Penh réaffirme son engagement constant à résoudre tous les différends par des moyens pacifiques et dans le strict respect du droit international. Le royaume souhaite que la communauté internationale joue un rôle actif pour encourager la Thaïlande à se conformer à ses engagements et à éviter toute escalade dangereuse le long d’une frontière déjà sensible.







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