Environnement : Cambodge et Japon en guerre contre les déchets plastiques marins

L’Ambassade du Japon au Cambodge et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) ont signé le 26 novembre 2020 un projet d’accord en présence du ministre cambodgien de l’Environnement S.E. Say Samal sur le « Projet de lutte contre les déchets plastiques marins au Cambodge ».

Cambodge et Japon en guerre contre les déchets plastiques marins
Déchets plastiques marins

Selon le ministère de l’Environnement, ce projet vise à prévenir et minimiser la pollution par les déchets plastiques sur terre et dans les océans par la promotion du concept 4R (Refuser, Réduire, Réutiliser et Recycler). « La pollution plastique marine est devenue l’une des plus grandes crises environnementales au monde. Lors du sommet du G20 à Osaka en 2019, le gouvernement du Japon a lancé une nouvelle initiative pour faire progresser des actions efficaces contre la pollution plastique marine », a noté S.E. Mikami Masahiro, Ambassadeur du Japon au Cambodge.

Défi

La flambée des déchets plastiques est devenue l’un des plus grands défis du monde d’aujourd’hui. Utilisé pour les sacs, les bouteilles et les contenants, le plastique est maintenant partout dans nos foyers, nos écoles et nos lieux de travail. Mais cette utilisation outrancière et incontrôlée a coûté très cher. Le volume total mondial de plastique a atteint 8,3 milliards de tonnes métriques. Chaque année, 13 millions de tonnes de plastique atteignent les océans, ce qui équivaut à un camion poubelle plein chaque minute. Environ 90 % des déchets plastiques qui se retrouvent dans les océans proviennent de seulement 10 grands fleuves, dont le Mékong.

Le plus gros problème réside dans le fait que le plastique ne se biodégrade pas facilement et reste en place pendant des centaines d’années. Dans les zones marines, plus d’un million de mammifères, de poissons et d’oiseaux souffrent d’ingestion de plastique. Plus de 90 espèces d’oiseaux et de poissons auraient régulièrement des particules de plastique dans leur estomac. Ainsi, et cela est dramatique, ces produits chimiques toxiques s’accumulent et passent à travers la chaîne alimentaire jusqu’aux humains.

Processus

En jetant une bouteille en plastique à la mer, que se passe-t-il ? Tout d’abord, les courants la dirigeront au large, puis elle commencera à se dégrader et le plastique se brisera. Toutes les fibres plastiques qui composent cette bouteille resteront à jamais dans la mer sous une forme ou une autre et décimeront les populations de la faune marine. Aussi, les dangers que représentent les déchets plastiques des océans augmentent, ils se retrouvent maintenant dans l’eau potable du monde entier. Les scientifiques ont analysé des échantillons d’eau du robinet d’une douzaine de pays et ont découvert que 83 % des échantillons étaient contaminés par des déchets plastiques océaniques.

L’Ambassade du Japon au Cambodge et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) ont signé le 26 novembre 2020 un projet d’accord
L’Ambassade du Japon, le Cambodge et le PNUD ont signé un projet d’accord

Aux États-Unis, le taux de contamination s'élève à 94 %. L’Europe présente le taux de contamination le plus bas, mais il est d’environ 72 %. Les scientifiques ne connaissent toujours pas les effets sur la santé des humains de la consommation d’eau contaminée, mais nous connaissons les dégâts sur la faune marine.

L’océan se transforme lentement en soupe de plastique, de plus gros morceaux de plastique étouffent et emmêlent la vie marine. Cependant, les vrais problèmes surviennent lorsque le plastique se dégrade en fibres. Les créatures confondent ces minuscules particules avec de la nourriture et les mangent, ce qui obstrue l’estomac. Cela peut également entraîner d’autres problèmes intestinaux, des défaillances d’organes et même empêcher certaines espèces de se reproduire. Les déchets plastiques des océans ont imprégné tous les niveaux de la chaîne alimentaire, ce qui signifie qu’ils affectent plus d’animaux que jamais.

Il est difficile de donner un chiffre exact sur la quantité de plastique actuellement dans l’océan, mais c’est absolument énorme. Une grande partie des déchets plastiques océaniques finit par créer le Great Pacific Garbage Patch, le fameux continent de plastique en plein coeur de l'océan. Certaines estimations affirment qu’il s’agit d’une zone océanique qui serait à peu près de la taille du Texas, mais les mesures varient, certaines suggérant que la zone pourrait être de deux fois la taille des États-Unis.

Initiatives

Plus de 100 pays et villes, dont le Cambodge, introduisent actuellement de nouvelles mesures pour lutter contre les déchets plastiques. Au Cambodge, depuis 2018, le gouvernement royal du Cambodge promeut l’initiative 4R pour apporter des solutions au problème du plastique dans le pays. Un sous-décret a été mis en force pour facturer les sacs en plastique dans les commerces. Pour lutter davantage contre la pollution plastique, ce nouveau projet développera des réglementations, sensibilisera et réduira les déchets plastiques dans les zones cibles. Il s’agira aussi de promouvoir le recyclage et les alternatives. Les provinces cibles sont : Siem Reap, Sihanoukville, Phnom Penh, Kep, Kampot et Koh Kong pour envisager une réduction efficace de la pollution plastique marine en mer mais aussi à la source.

« La réduction efficace des déchets plastiques requiert des efforts concertés de tous , a souligné S.E. Say Samal, ministre cambodgien de l’Environnement »

« La lutte contre la pollution plastique est une tâche ardue. Ce projet entraînera cependant des changements, qui démontrent la puissance d’un passage à une économie circulaire verte », a noté M. Nick Beresford, Représentant résident du PNUD au Cambodge. « Grâce à ce projet, nous pouvons présenter les meilleures pratiques en matière d’interventions plastiques, qui peuvent aider d’autres pays de l’ASEAN à suivre l’exemple du Cambodge dans la lutte contre la pollution plastique marine », a conclu S.E. Say Samal.

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