Cambodge & Solidarité : Vertiges de l'Amour, Une Folie Musicale Caritative à Phnom Penh
- Chroniqueur

- il y a 8 heures
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Les 6 et 7 février prochains, l’Institut Français du Cambodge accueillera la comédie musicale Vertiges de l’Amour, un spectacle amateur conçu par les Bobo-Stars, une bande de joyeuses et joyeux drilles. Entretien avec Philippe Javelle, le directeur musical et pianiste du spectacle.

Le bien connu Capitaine du Kanika, Jean-Pierre Fréneau, est l’initiateur du projet. Pour ce faire, il s’est entouré de ses compagnons de karaoké, non-dénués de talent : Anne-Sophie Douet, Charlotte Monjou, Francine Landais, Lisa Duong, Emmanuel Dollfus, et Rémi Fasol. Il a ensuite fait appel à Philippe Javelle pour mettre ses envies en musique.
« La troupe a décidé d’un commun accord de passer à la vitesse supérieure ! La séance hebdomadaire de karaoké hebdomadaire ? Trop facile ! Place à une vraie scène, dans la bonne humeur mais pas n’importe comment : un défi exigeant, mais leur envie de se lancer dans cette aventure a surpassé le trac. », raconte Phil.
Le scénario est une création totale. « L’écriture a été le tout premier challenge. Le métier d’auteur n’est pas à la portée de quiconque. Il faut du savoir-faire pour inventer une histoire sensée, un talent comique pour la rendre drôle, et beaucoup d’idées pour que le public ne s’ennuie pas une seconde. Il s’en sont très bien sortis, le livret est cohérent et percutant », souligne Phil.
Que dire de l’intrigue ? Deux amoureux vont se marier. Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes mais soudain, c’est le drame : Lui tombe par hasard sur une lettre mystérieuse écrite pour Elle par On-Ne-Sait-Qui. Et tout part en vrille pour ce couple et ses proches, à grands coups de rebondissements et de secrets dévoilés : des ingrédients certes classiques du vaudeville, mais bien rafraîchis par cette re-visite en chansons.
On est loin du karaoké amélioré des grands shows qui ont fait la gloire de la comédie musicale made in France dans les années 2000. Ici, pas de bande-son. Nos chanteuses et chanteurs en herbe ne peuvent compter que sur les compétences pianistiques de Philippe Javelle qui nous confie :
« j’ai été surpris de leur niveau, de leur aptitude à chanter avec un accompagnement très différent des versions originales des chansons. Pour des amateurs, ils se débrouillent vraiment bien et leur discipline de travail naturelle a facilité grandement la réalisation du spectacle. Cerise sur le gâteau, ce fut agrémenté de nombreux fou-rires ! »
La variété française est à l’honneur. L’idée première est que le public ait envie de chanter avec la troupe, de frapper dans ses mains et pourquoi pas de danser, même si le théâtre de l’Institut Français du Cambodge offre un espace un peu restreint pour cela : qu’importe le lieu pourvu qu’on ait l’ivresse ! Ces amoureux de la chanson ont une passion communicative et nul doute que les spectateurs apprécieront.

Comment ces artistes amateurs arrivent-ils à maîtriser l’interprétation et le stress des premiers pas sur une scène ?
« Chanter est déjà un talent particulier, mais jouer la comédie en public est une épreuve qui oblige à de la pratique constante. Mais ça ne fait pas peur à la troupe, ils relèvent le défi avec joie et motivation, leur plaisir l’emporte définitivement », se réjouit Phil.
Marie-Jeanne Maini, la Madame Théâtre inégalée à Phnom Penh, s’occupe de la mise en scène avec son brio habituel. Sans obliger les artistes à mémoriser des gestes et déplacements trop fastidieux, elle allie simplicité et efficacité. La troupe enchaîne les répétitions à un rythme soutenu. Treellion Park et Acacia International Pre-School ont aimablement mis des lieux à disposition et les artistes affichent désormais un jeu collectif solide.
Vertiges de l’amour n’est pas qu’une petite folie récréative, c’est un événement que la troupe a voulu caritatif et communautaire, dont les bénéfices seront reversés en totalité à l’association A.M.U.R. (Au Moins Un Repas), cette association loi 1901 déclarée d’intérêt public, fondée par deux français à l’intégrité et à l’empathie hors du commun, Éric Idier et Martial Léotard. Et devinez qui est la marraine de cette belle et humble organisation ? Julie Piétri. Décidément, on connaît la chanson !
Les Bobo-Stars eux-mêmes ont participé au budget de mise en place du spectacle afin que le projet aboutisse et que les bénéfices soient optimisés. La noble cause du spectacle a rapidement séduit des sponsors : les assurances AG Cambodia, les eaux de Kulen, Lyly Cream (oui, vous pourrez acheter des glaces à l’entr’acte) et Kanika Boat (Jean-Pierre Fréneau, non seulement organisateur, mais aussi mécène).
Pourquoi avoir choisi l’Institut Français du Cambodge ? Phil nous répond :
« Ce qui motivait la troupe était avant tout de monter sur une scène de type théâtre, permettant proximité et interaction avec le public. La salle de l’IFC m’est apparue appropriée. Fanny Pagès, la directrice, a bien aimé le projet et nous a mis cet espace à disposition avec des conditions préférentielles qui nous permettent de faire deux représentations. Les places sont limitées, j’ai bon espoir que nous jouions à guichet fermé et qui sait, peut-être ajouterons-nous des représentations supplémentaires ultérieurement. »
La troupe semble fin prête à offrir son lot de ritournelles, de rires et de surprises au public francophone de Phnom Penh, et pas seulement : c’est le spectacle idéal pour s’initier à la langue française ou parfaire ses connaissances. Les Bobo-Stars semblent bien parties pour une standing ovation, pardon … une ovation debout. Quand la passion pour le spectacle devient moteur de la solidarité, cela mérite déjà nos applaudissements.







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