Cambodge & Culture : Le grand talent et les effets très spéciaux de l’artiste Yun Inzi

Elle peint admirablement la dépression sociale, crée des monstres de latex sanguinaires et repoussants, crée moulages et perruques pour l’horreur au cinéma ou à la télévision et...maquille les plus belles stars coréennes. Le public cambodgien a pu découvrir son talent insolite lors d’une exposition à la galerie Sra’art de Phnom Penh il y a quelques semaines. Yun Inzi est une grande artiste, mais humble, pétillante et désireuse de transmette sa passion au public cambodgien. Entretien :

L’artiste Yun Inzi

CM : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots

Je m’appelle Yun Inzi, originaire de Corée du Sud, je suis maquilleuse effets spéciaux, plus communément appelée « maquilleuse FX », et je suis arrivée récemment au Cambodge.

CM : Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

J’aime l’art, en particulier la peinture, depuis mon enfance, mais je n’ai suivi aucune école spécialisée. J’ai appris avec un professeur d’art en préparant mon portfolio alors que je postulais pour intégrer une université au Royaume-Uni. Son style d’art était tout à fait unique, je me souviens avoir appris tellement de choses à l’époque. J’ai donc poursuivi, après le lycée, des études supérieures à l’Université des Arts de Londres et obtenu une licence « Coiffure et maquillage pour le cinéma et la télévision ».

Maquillage spécial

CM : Comment êtes-vous devenue artiste ?

À l’époque, il n’y avait pas de formation en Corée proposant de préparer une licence en maquillage FX. J’ai donc décidé de partir pour l’Angleterre, un pays proposant plusieurs formations dans ce domaine très particulier. Les peintures que j’aimais quand j’étais enfant, le maquillage effets spéciaux que j’ai appris en Angleterre et ma carrière dans l’industrie cinématographique en Corée ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui.

L’artiste Yun Inzi au travail

CM : Pourquoi avez-vous voulu devenir, aussi, artiste peintre ?

J’ai beaucoup de messages dans la tête que je souhaite transmettre aux gens, mais je veux délivrer ces nombreux contenus de manière originale et forte.

CM : Quel a été votre premier emploi ?

Quand j’étais en Angleterre, j’ai travaillé pour des magazines de mode tout en apprenant le maquillage effets spéciaux. Alors que je travaillais comme maquilleuse indépendante dans la mode, je travaillais aussi sur le maquillage de scène. Lorsque je suis revenue en Corée, j’ai poursuivi mon travail de maquilleuse indépendante, mais je faisais toujours deux choses à la fois, maquillage et effets spéciaux, en essayant de suivre les tendances dans les deux domaines.

Travail de maquillage

J’ai donc travaillé comme maquilleuse indépendante dans divers secteurs tels que la publicité, le cinéma, le théâtre et le divertissement. J’ai également enseigné aux étudiants de l’académie QV qui souhaitaient se spécialiser dans les effets spéciaux et le maquillage de mode.

CM : Quand et où avez-vous exposé votre travail pour la première fois ?

La première exposition en tant qu’artiste a eu lieu à la galerie d’art contemporain Sra'Art située à Phnom Penh. Comme ma spécialité est le maquillage FX, mes amis se demandent toujours ce que je ferai pour Halloween. La première exposition a donc été ouverte le jour d’Halloween, car je me suis définie comme maquilleuse d’effets spéciaux à ce moment.

CM : Comment êtes-vous venue au Cambodge ?

Beaucoup de gens se demandent comment je suis venue au Cambodge, il s’agit en fait d’une histoire d’amour et non pour une raison professionnelle. J’ai suivi mon époux qui était muté dans le royaume. Bien sûr, quand j’ai choisi de le suivre au Cambodge, je craignais de ne pas réussir, mais j’ai relevé le défi avec mon mari bien-aimé.

CM : Est-ce que cela vous plaît ?

Cette période de ma vie est probablement l’une des plus belles et les plus heureuses. Alors que je préparais ma première exposition en tant qu’artiste peintre dans le royaume, mon désir intérieur d’art, que j’avais oublié au bénéfice de ma vie de femme au foyer, a littéralement « explosé ». Je me suis rendu compte à quel point j’aimais être créative et laisser libre cours à ma passion.

Peinture de l'artiste

CM : Donnez-nous plus de détails…

Le bonheur est pour moi étroitement connecté à la notion de défi. Je pense que le bonheur se profile au fur et à mesure que vous surmontez un challenge artistique et il devient réellement concret lorsque votre œuvre ou projet est enfin achevé. Le travail artistique présente pour moi un défi permanent et il m’a permis de m’améliorer en essayant de nouvelles techniques et en laissant vagabonder ma créativité. Le travail artistique me permet de libérer des endorphines, une substance agréable qui combat le stress et réduit la douleur tout en me procurant de la joie.

CM : Comment s’est passée votre première exposition à Phnom Penh ?

Tout d’abord, je voudrais remercier les gens de la galerie Sra'Art pour m’avoir aidée à réaliser ma première exposition qui a été bien accueillie. Bien que peu de gens aient pu la visiter en raison de la crise sanitaire, cela a été l’occasion d’apprendre comment fonctionne l’industrie de l’art en ligne.

Oeuvre de l'artiste

CM : Des projets pour l’avenir ?

Je suis toujours à la recherche de projets de pointe qui transcendent les frontières conventionnelles. Actuellement, je suis capable de proposer de l’art visuel et du maquillage FX. Mais, j’ai aussi des compétences en peinture, en moulage, en sculpture, en fabrication de moules, en prothèses, en perruques et en infographie 3D (Z Brush et 3 D Maxs).

Oeuvre de l'artiste

Le concept de ma première exposition à Phnom Penh était un peu effrayant et sombre, car il était basé sur la dépression sociale et le côté négatif des médias sociaux. La prochaine fois que j’exposerai, je veux me concentrer davantage sur la beauté intérieure plutôt que sur la peur intérieure. Et si j’en ai l’occasion, j’aimerais enseigner aux gens qui souhaitent apprendre l’art au Cambodge.

Oeuvre de l'artiste

CM : Pour conclure, quelle est votre conception profonde de l’art ?

Quand je regarde le monde, j’aime bien regarder le sens contenu dans l’harmonie avec la couleur plutôt que ce que je vois « en brut ». On peut dire que l’art est pour moi un moyen de communiquer avec le monde. J’espère que la passion, l’énergie et la créativité que je possède pourront être transmises à d’autres personnes également, afin de faire un bout de chemin ensemble.

Propos recueillis par Christophe Gargiulo

Page Facebook d’Yun Inzi : https://www.facebook.com/inzimuart

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