Siem Reap & Culture : La compagnie de danse NCA tente de poursuivre sa route malgré la pandémie

Depuis plus de 18 mois, deux jeunes danseuses de la compagnie de danse New Cambodian Artists (NCA) répètent chaque jour, dans l’attente d’un avenir désormais incertain en raison de la pandémie. Elles continuent à répéter même si aucune représentation n’est prévue.

Les quelques danseuses restantes ont participé à un festival international en ligne en 2021 mais s'inquiètent de l'avenir.
Les quelques danseuses restantes ont participé à un festival international en ligne en 2021 mais s'inquiètent de l'avenir. Photo Christophe Gargiulo

Depuis l’arrivée de la COVID-19 au Cambodge, la compagnie de danse New Cambodian Artists (NCA) n’a aucun revenu et se maintient grâce à ses quelques réserves, qui s’amenuisent, et à un soutien de la fondation allemande Heinrich Böll Stiftung.

La compagnie, basée dans la ville de Siem Reap, a été créée en 2012 par le metteur en scène de théâtre néerlandais Bob Ruijzendaal et un groupe de Cambodgiennes passionnées par le développement de la danse contemporaine dans le pays.

NCA a pour objectif d’autonomiser les femmes à travers la danse, en explorant la dynamique de la tradition et de la créativité dans le Cambodge d’aujourd’hui.

Au départ, le groupe était composé de quatre jeunes femmes formées à la danse traditionnelle khmère et d’une autre, qui faisait office de directrice de la compagnie. Une danseuse est depuis partie en raison de la pandémie.

NCA lors de la première semaine française
NCA lors de la première semaine française

Comme le précise Khun Sreyneang, responsable de la compagnie, le groupe n’a pas pu se produire depuis début 2020. En outre, elles ne peuvent pas voyager à l’intérieur ou à l’extérieur du pays, et les échanges ont toujours aidé les danseuses à trouver des idées pour de nouvelles œuvres, dit-elle.

« Lorsque la pandémie sera terminée, nous voulons revenir à la normale pour pouvoir voyager en Thaïlande et dans d’autres pays, où nous pourrons apprendre d’autres artistes, et nous pourrons nous rendre à Phnom Penh pour des représentations et rencontrer des artistes cambodgiens pour acquérir de nouvelles expériences — des aspects dont nous avons besoin en tant qu’artistes », ajoute Sreyneang.

Continuer à créer même s’il n’y a pas de représentations en direct

Pendant la pandémie, la NCA a tout de même produit deux œuvres : « Snow Whitening Revisited » et « Giant Satrey ». « Snow Whitening Revisited », qui parle du rôle des femmes dans la société cambodgienne et du sacrifice qu’elles font pour leur famille, a été présenté lors du M1 Singapore Fringe Festival et mis en ligne en janvier 2021.

Après cette danse, NCA a créé « Giant Satrey », ou femme géante, sur les femmes leaders dans la société qui servent de modèles, inspirant d’autres femmes à relever des défis. « Giant Satrey » n’a pas encore été présentée en raison de la pandémie.

Représentations ou pas, les danseuses continuent de travailler et développent actuellement une danse dont le nom est inspiré d’un conte. Comme son nom l’indique, « Cinderella/Not a Fairytale » racontera l’histoire d’un avenir idéal qui tourne au cauchemar lorsque des femmes cambodgiennes se retrouvent prises dans le trafic d’êtres humains ou le trafic sexuel en dehors du pays.

Lors d'un spectacle solidaire . Photo Rémi Abad
Lors d'un spectacle solidaire . Photo Rémi Abad

Avant la pandémie, la compagnie NCA donnait deux représentations par semaine, le public étant majoritairement composé d’étrangers plutôt que de Cambodgiens, explique Sreyneang. Avec la COVID-19 qui a stoppé le flux de visiteurs dans le pays, ce n’est plus le cas.

Selon Sreyneang, la NCA a mis en place des cours de danse pour les personnes vivant dans le pays. « Mais les gens ne venaient que quelques fois, puis s’arrêtaient », dit-elle. « Ils ne persévéraient pas ».

Malheureusement, selon Khun Sreynuch, qui a rejoint la NCA en 2012 après avoir obtenu un diplôme de danse classique khmère à l’école des beaux-arts de Siem Reap, les Cambodgiens en général s’intéressent peu à la danse. Ceux qu’elle a invités aux spectacles ne sont jamais venus, dit-elle.

Cela l’inquiète pour l’avenir de la danse dans le pays. Être un danseur demande de la passion et un travail acharné du corps et de l’esprit pour produire ces mouvements fluides, dit-elle. « La vie d’un artiste n’est glamour que sur scène », affirme-t-elle.

Mais ensuite, il y a la récompense de se produire devant un public, ajoute Mme Sreynuch.

Phoung Vantha avec l’aimable autorisation de Cambodianess

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