Initiative & Culture : Hun Sokheang, le Cambodgien qui transforme le maquillage en art visuel

Les gens se maquillent généralement pour des raisons d’esthétisme, mais Hun Sokheang franchit une nouvelle étape en montrant la beauté de la tradition et de la culture khmère.

L’artiste souhaite également promouvoir l’environnement par le biais de son art, une technique qui a attiré beaucoup d’attention.
L’artiste souhaite également promouvoir l’environnement par le biais de son art, une technique qui a attiré beaucoup d’attention.

Hun Sokheang a appris cette technique seul depuis l’âge de 14 ans, en commençant par le maquillage général. Il aime aussi peindre depuis l’âge de trois ans. Après avoir travaillé sur le maquillage général pendant deux ans, il combine aujourd’hui le maquillage et la peinture pour une approche artistique.

Ce jeune homme de 19 ans, originaire de Sangkat Teuk Laak 3 à Phnom Penh, n’a pas suivi d’école de maquillage ni regardé de tutoriels sur YouTube. Il avait ses propres idées créatives et s’est inspiré d’artistes étrangers.

« J’ai travaillé sur mes propres idées et j’ai beaucoup regardé les maquilleurs étrangers à la télévision. Après avoir maîtrisé les bases de cette technique, j’ai eu l’idée d’y ajouter de la peinture et le résultat apparaît finalement comme un maquillage à la peinture », explique Sokheang.

L’artiste a publié son travail sur Facebook et a reçu bon nombre d’encouragements.

« Jusqu’à présent, je réalisais des maquillages inspirés des fêtes traditionnelles khmères, comme le Nouvel An khmer et la Fête de l’eau, ainsi que des maquillages basés sur des contes khmers, comme Neang Kongrey, les personnages de Lakhon Khol et Sovann Macha », dit-il.

Sokheang réalise également des maquillages ayant pour thème la nature, la négligence vis-à-vis des déchets, les espèces en voie de disparition et le COVID-19. Tous ses maquillages ont une histoire à raconter.

L’artiste souhaite aussi pousser la prochaine génération khmère à prendre conscience de leur culture et à la protéger. Pour lui, l’art doit pouvoir inciter les gens à aimer la nature et à éviter de jeter des déchets sans réfléchir.

« Nous vivons sur la terre. Si la terre n’est plus aussi belle et accueillante, il nous sera difficile d’y vivre », déclare Sokheang.

Grâce à ces idées créatives, Sokheang gagne sa vie en maquillant des célébrités locales. Avant d’obtenir cette reconnaissance, Sokheang peinait à trouver des clients.

« C’était difficile au début parce que mes mains étaient raides et que le maquillage n’est pas comme le dessin sur une surface plane. Pour maquiller le visage, il faut utiliser des pinceaux, mais aussi d’autres outils », explique Hun Sokheang qui rêve d’étudier davantage le maquillage dans d’autres pays pour se perfectionner.

Hong Sreyna et Meng Seavmey avec l’aimable autorisation de Cambodianess

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