Cambodge & Société : Mettre fin à la cyberviolence contre les journalistes cambodgiennes

Insultes, menaces et commentaires inappropriés sont des exemples du harcèlement en ligne dont sont victimes les femmes journalistes, déclare Kann Vicheika qui a vécu bon nombre de ces expériences désagréables.

Kann Vicheika est une correspondante indépendante de VOA. Photo fournie
Kann Vicheika est une correspondante indépendante de VOA. Photo fournie

Vicheika, correspondante indépendante de VOA, a fait de ses expériences lors d'un groupe de discussion sur le thème de l'information en tant que bien public, organisé à l'occasion de la 28e Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai dernier.

Sarcasmes, insultes et menaces

Kann Vicheika travaille comme journaliste depuis sept ans, elle se concentre sur les questions politiques, les droits de l'homme, l'environnement et les reportages en profondeur.

Selon elle, les auteurs du « cyber-harcèlement » sont des utilisateurs de médias sociaux motivés par des considérations politiques, ceux qui pensent que les articles de presse touchent à leurs intérêts et les individus qui aiment distiller des remarques sarcastiques.

Tout au long de sa carrière, la jeune femme de 29 ans a été confrontée à des sarcasmes, des insultes, des menaces et des attaques répétées, dont aucune n'était une critique constructive. Et cela a même, sans surprise, affecté son équilibre psychologique.

« Lorsque j'ai commencé à travailler en tant que journaliste il y a sept ans, j'ai affronté beaucoup de harcèlement et d'insultes sur internet », explique Vichieka. « Je voulais quitter la profession, je ne voulais plus être journaliste. Cela a vraiment affecté mes émotions. »

Se motiver malgré tout

Malgré les nombreuses difficultés, Vicheika poursuit son métier, en se motivant et en trouvant du réconfort auprès de ses collègues.

Selon elle, la solution à ces problèmes n'a pas encore été trouvée et elle cherche le soutien des femmes journalistes à travers les radios ou la presse écrite. Elle dit n'avoir jamais eu de réponse des ministères ou institutions concernés à qui elle a adressé ses doléances :

« Je constate qu'il n'y a pas beaucoup de personnes qui s'expriment sur cette question. D'un autre côté, ils perçoivent probablement cette question comme peu inquiétante »

Vichieka estime que les ministères compétents devraient prendre des mesures dès que possible et ne pas attendre que de nombreuses femmes journalistes soient confrontées au même problème, ce qui pourrait entraîner une baisse du nombre d’entre elles travaillant dans ce domaine.

Le porte-parole du ministère de l'Information, Meas Sophorn, affirme que le ministère avait toujours apporté son soutien et ses encouragements aux journalistes professionnels, en particulier aux femmes. Il précise qu'il a constaté comment les femmes journalistes étaient encouragées et se voyaient offrir de nombreuses opportunités.

Grave danger

En ce qui concerne le harcèlement des femmes journalistes, Meas Sophorn déclare que le ministère n'a jamais reçu de demandes d'aide ou de plaintes de femmes journalistes cherchant.

Selon les Nations unies au Cambodge, la cyberviolence est un grave danger sur le lieu de travail pour les femmes journalistes. Selon l'ONU, ce fléau se produit souvent lorsque les femmes journalistes exercent leur travail au sein duquel elles sont constamment harcelées, abusées et menacées.

L'ONU a appelé les entreprises de médias sociaux et le gouvernement à protéger les femmes journalistes de la cyberviolence, car ce problème touche tout le monde.

Vichieka, elle, exhorte les jeunes femmes journalistes à avoir le courage de poursuivre le travail qu'elles aiment, sans s'inquiéter des défis ou des dangers qu'elles peuvent rencontrer.

Pour elle, les femmes journalistes doivent s'exprimer lorsqu'il y a un problème. La cyberviolence existe dans presque tous les secteurs, c'est pourquoi ces femmes journalistes doivent proposer un travail de qualité qui puisse servir les intérêts de la société dans son ensemble.

Par Nhek Sreyleak et Teng Yalirozy. Avec l'aimable autorisation de Cambodianess

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